Actualités

Présidentielle et législatives : les jeunes et les pauvres ont boudé les urnes

Participation des Réunionnais aux élections les plus médiatisées : l’illustration de l’impasse

Témoignages.re / 2 mai 2013

L’année dernière, l’élection présidentielle et les législatives ont donné lieu à quatre scrutins au total. L’INSEE s’est penché sur la participation des citoyens réunionnais à ces votes. Force est de constater que malgré tout le battage médiatique organisé autour du renouvellement du sommet de l’État, la participation n’était pas au rendez-vous. Les pauvres et les jeunes ont boudé les urnes, c’est une nouvelle illustration de l’impasse.

PNG - 26.5 ko
Ce graphique montre les taux de participation selon la catégorie socioprofessionnelle.

Les actifs sont plus impliqués dans les élections, et ce, quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle du dernier emploi : les cadres, les employés et les agriculteurs ont un comportement plutôt similaire avec moins de 15% d’abstention systématique (voir graphique). La catégorie socioprofessionnelle du dernier emploi influe donc peu sur l’abstention systématique. En revanche, les inactifs et les chômeurs n’ayant jamais travaillé s’abstiennent plus souvent systématiquement (26%). Ils sont nombreux (28% des électeurs) en raison des difficultés rencontrées sur le marché du travail à La Réunion, marqué par un faible taux d’activité conjugué à un chômage persistant.

La situation familiale influe également sur l’abstention. Les personnes vivant seules sont celles qui s’abstiennent le plus souvent à toutes les élections (30%). L’abstention systématique est plus faible pour les personnes en couple ou celles avec des enfants : seulement 15% des Réunionnais en couple ne se sont jamais déplacés.

Si l’électorat avait la même structure professionnelle ou familiale qu’en France métropolitaine, l’abstention systématique resterait significativement plus élevée dans l’île.

L’abstention systématique est également forte chez les plus jeunes : 29% des électeurs de moins de 30 ans ne se sont jamais déplacés. Ils représentent pourtant un électeur sur cinq à La Réunion. Ils sont souvent hébergés par leurs parents et sont aussi relativement peu nombreux à exercer une profession. Mais à situations professionnelle et familiale égales, ils restent encore plus abstentionnistes que leurs aînés.

Les hommes et les femmes ont un comportement proche vis-à-vis de l’abstention. À La Réunion comme aux Antilles, les hommes s’abstiennent un peu plus systématiquement que les femmes (21% contre 19%). C’est cependant l’inverse en France métropolitaine où 11% des hommes s’abstiennent contre 12% des femmes.

De nombreux jeunes ne s’inscrivent pas


L’âge, le diplôme et la catégorie socioprofessionnelle sont les caractéristiques qui influencent le plus l’inscription. Comme ailleurs sur le territoire français, l’inscription augmente avec l’âge, passant de 79% chez les moins de 20 ans à 95% chez les 65 ans ou plus. Ainsi, 21% des moins de 20 ans manquent à l’appel à La Réunion. Et ce, malgré la mise en place de l’inscription d’office sur les listes électorales en 1997. Entre 20 et 24 ans, le taux d’inscription est bien plus faible à La Réunion que dans l’Hexagone ; il le reste pour quasiment tous les âges, les taux d’inscription ne se rejoignant que chez les seniors de 65 ans ou plus (95%).

Les diplômés de l’enseignement supérieur sont massivement inscrits (93%), tandis que seulement 85% des non diplômés figurent sur les listes électorales. Le diplôme et la catégorie professionnelle sont fortement liés. Toutefois, à âge et diplôme équivalents, les cadres sont plus largement inscrits que les personnes sans activité professionnelle, les actifs que les inactifs.

À La Réunion, hommes et femmes ont des taux d’inscription très proches, mais les hommes sont plus souvent inscrits (88% contre 86% pour les femmes). C’est le contraire aux Antilles (85% contre 90%) ou en France métropolitaine (92% contre 93%).


Kanalreunion.com