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Priorité au développement d’Air Austral

Désenclavement

Manuel Marchal / 17 septembre 2010

Lors d’une conférence de presse hier, Paul Vergès a constaté qu’au cours des six derniers mois, la nouvelle Direction de la Région a fait une série de déclarations et de démarches qui ne vont pas dans le sens d’un partenariat institutionnel. Est-ce cette gouvernance que Didier Robert veut mettre en œuvre à la tête d’Air Austral ? Paul Vergès demande donc des garanties publiques au nouveau président de la Région si ce dernier persiste dans sa volonté de réclamer la présidence du Conseil de surveillance. Le président du Conseil de surveillance d’Air Austral doit en effet être capable de maintenir la stratégie de développement de la compagnie tout en tenant tête à Air France.

Le premier fait révélateur de cette gouvernance signalé hier par Paul Vergès est la conséquence de la découverte par Jean-François Sita, vice-président de la Région délégué à la Culture, d’une collection de meubles acquise par la commune de Saint-Louis. Jean-François Sita a donc annoncé qu’il va faire construire un grand musée à Saint-Pierre pour accueillir la collection acquise par la Mairie de Saint-Louis. Or, cette déclaration a été faite sans que la commune propriétaire de cette collection ait été consultée par la Région. Le second fait implique l’avant-dernière vice-présidente de la Région déléguée aux 2.000 bus du Trans éco express. Pour faire passer ce projet, Fabienne Couapel est entrée en discussion avec des intercommunalités ayant la compétence d’autorité organisatrice de transport.
Ainsi, les discussions ont été entamées avec Saint-Denis et Sainte-Marie, mais pas avec Sainte-Suzanne, qui est la commune sans laquelle la CINOR n’existerait pas. Or, c’est la CINOR qui est l’autorité organisatrice de transport sur le territoire sur lequel la Région voudrait agir. De plus, le Conseil général, responsable des liaisons interurbaines par bus, a été totalement écarté des discussions. Or, l’autre dossier qui tient à cœur à la nouvelle experte ès transport à la Région est celui d’Air Austral. Avec Antoine Franco et d’autres, elle a animé une campagne permanente de dénigrement d’Air Austral, et aujourd’hui elle fait partie d’un groupe qui veut prendre le contrôle du Conseil de surveillance de la compagnie. Car Didier Robert réclame la présidence de cette instance comme si c’était un dû. C’est une erreur historique lourde de conséquences.
Paul Vergès rappelle que le lendemain du deuxième tour des élections régionales, le premier coup de téléphone destiné à la Région était un appel d’Airbus qui demandait à Paul Vergès si Air Austral allait maintenir son engagement de se développer grâce à l’acquisition des Airbus A380. Des centaines de millions d’euros sont en jeu, et surtout le désenclavement de La Réunion. De plus, la revendication de Didier Robert repose sur une déformation de la réalité (voir encadré), car le président du Conseil de surveillance n’a jamais été automatiquement le président de la Région.

Un dynamisme à préserver

Depuis sa création, Air Austral a réussi à développer de nouvelles liaisons pour désenclaver le pays. Cette croissance a connu une accélération depuis 2002 avec l’ouverture sur Paris, puis sur plusieurs autres villes de France. Air Austral a également ouvert une ligne vers la Thaïlande, une autre vers l’Australie et la Nouvelle-Calédonie et est en discussion pour desservir la Chine, et l’Inde.
Dans le même temps, la compagnie a fait l’acquisition des deux premiers Airbus A380 capables de transporter plus de 800 passagers pour proposer un billet d’avion 30% moins cher pour tout le monde toute l’année. Air Austral employait 250 personnes en 1998, 850 aujourd’hui et plus de 1.000 lors de la mise en service des A380. Ce dynamisme réunionnais se situe à contre-courant de la crise vécue par les compagnies aériennes. Le président du Conseil de surveillance d’Air Austral demande donc à Didier Robert de s’engager publiquement à maintenir le dynamisme du développement de la compagnie si jamais l’ancien maire du Tampon souhaite succéder à Paul Vergès. Car le président du Conseil de surveillance de la compagnie rappelle que la priorité est de préserver ce trésor réunionnais que constitue Air Austral.

Manuel Marchal 


Un président pour tenir tête à Air France

L’effacement des archives web de la Région ne doit pas faire oublier au premier adjoint au maire du Tampon qu’il est faux de dire que le président d’Air Austral doit être en même temps celui de la Région. Depuis sa fondation jusqu’en 1998, le Conseil de surveillance de la compagnie a été dirigé par Pierre Lagourgue, alors même que ce dernier n’était pas conseiller régional. C’est ensuite Gérard Éthève qui a proposé à Paul Vergès de succéder au fondateur de la compagnie à la présidence du Conseil de surveillance. Il faut en effet une personne qui soit capable d’impulser une stratégie de développement. En 1998, Paul Vergès s’est donné un délai de réflexion à cette proposition, puis l’a acceptée en quittant alors la présidence de la SEMATRA, actionnaire principal d’Air Austral. Depuis, c’est la présidence du Conseil général qui assure la direction de la SEMATRA.
Le développement d’Air Austral a provoqué une intense offensive d’Air France alliée à Air Mauritius. Au lieu de rechercher un partenariat avec Air Austral comme elle l’a pourtant fait avec les Mauriciens, Air France veut prendre le contrôle d’Air Austral pour assurer son hégémonie dans l’océan Indien. Le président d’Air Austral doit donc être capable de tenir tête à Air France. Pour sa part, Didier Robert a décidé de faire entrer Air Mauritius, l’allié d’Air France, comme représentant des compagnies aériennes dans le comité qui dirige la politique touristique de la Région. L’allié d’Air France mais pas Air Austral.


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