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Proposition commune pour une stratégie de développement

Deux jours après la décision historique de la Région et du Département

Manuel Marchal / 28 août 2009

Pendant la campagne présidentielle et dès son élection, le président de la République avait annoncé qu’il comptait faire de l’Outre-mer sa priorité. Deux ans plus tard, les hésitations ont succédé aux tergiversations, et la crise s’est amplifiée à un point tel que des États généraux ont été lancés. Face à l’aggravation de la situation, les deux assemblées se sont entendues sur un projet commun. Dans quelle mesure l’État va-t-il accompagner cette démarche ?

Durant sa campagne électorale, et peu après son élection, Nicolas Sarkozy a affirmé que l’Outre-mer était une priorité de son projet présidentiel. Dans une lettre de mission adressée à Michèle Alliot-Marie et Christian Estrosi, le chef de l’État fixait comme objectif le développement endogène. Cette orientation devait se traduire dans la loi avec une réforme de la défiscalisation, et la création de zones franches globales d’activités censées favoriser la croissance de secteurs clés, spécifiques à chaque DOM. Ce texte devait être voté rapidement, afin qu’il puisse s’appliquer au 1er janvier 2008.
Mais ce qui devait donner un nouveau dynamisme à l’économie de l’Outre-mer allait susciter les inquiétudes les plus grandes. Dans le secteur du bâtiment par exemple, le système mis en place par la LOPOM avait permis en 2007 la construction de plus de 10.000 logements. L’annonce de la réorientation de la défiscalisation vers le logement social allait casser cet élan, sans d’un autre côté débloquer la situation de crise que connaît la production de logements sociaux depuis trop d’années.
Avant même que la LODEOM soit débattue au Parlement, le projet de collectif budgétaire pour 2009 a provoqué une manifestation de 300 chefs d’entreprises devant la Préfecture. En cause : la modification du régime de défiscalisation dans les investissements productifs.
Deux ans de tergiversations ont contribué à la crise, avant même que l’impact de la crise mondiale ne commence à toucher La Réunion. Et c’est une revendication portant sur les prix des carburants qui allait être à l’origine d’un grand mouvement social qui allait concerner tous les DOM. La LODEOM est alors votée en urgence, et commence alors une consultation visant à recueillir des propositions en vue de réformes structurelles car, manifestement, le modèle mis en place depuis plus de 60 ans atteint ses limites et ne permet pas de résoudre des problèmes tels que la pénurie d’emploi ou la vie chère.
Mais le vote de la LODEOM et le lancement des États généraux n’empêchent pas de nombreuses entreprises de fermer.
C’est alors que face à cette situation, les deux collectivités donnent une autre dimension aux États généraux. Ensemble, elles se réunissent le 30 juillet et commencent à travailler à un projet commun. Ce dernier est officiellement présenté lors de deux séances plénières simultanées au Conseil général et au Conseil régional. C’est une initiative sans précédent, mais elle est à la mesure de la situation et des enjeux qui attendent notre île. Cette contribution, ainsi que celles issues des réflexions à l’intérieur de plusieurs groupes politiques, ainsi que les retranscriptions des débats seront adressées au gouvernement, dans la perspective du Comité interministériel qui aura la responsabilité de décider des suites à donner aux propositions.
Deux jours après cette décision historique des deux assemblées, la secrétaire d’État à l’Outre-mer est en visite dans notre île. Quelle sera la position de l’État vis-à-vis de cette initiative des collectivités réunionnaises ? Choisira-t-il d’accompagner le projet défini par la Région et le Département ?

M.M.


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