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Propositions du PCR pour une meilleure gouvernance

2012 : le changement. Quel changement ? Pour qui ? Par qui ?

Témoignages.re / 21 février 2012

Dimanche dernier à la conférence extraordinaire du PCR organisée à Sainte-Suzanne, le Parti a présenté les propositions de son projet. Emilie Assati a présenté les propositions relatives à la gouvernance. La modernisation de l’organisation des pouvoirs publics à La Réunion est une des conditions du développement de La Réunion.

« La camarade Patricia Coutandy a exposé des projets concrets de développement pour La Réunion. Ce sont des projets qui s’appuient sur nos atouts, de nos spécificités.
Mais pour pouvoir mettre en place ces projets, il va falloir prévoir les aménagements nécessaires. Ces aménagements sont de plusieurs ordres : d’ordre institutionnel, d’ordre juridique et bien sûr d’ordre financier. Nous devons pouvoir piloter et orienter notre développement !
Avant toute chose, il est important d’exiger le respect par l’Etat, de la loi. Tout transfert de compétences doit être accompagné de moyens, ce n’est pas nous qui le disons, c’est la loi. Cela est valable pour toutes les collectivités : communes, Région, mais encore plus le Département, qui concentre les compétences sociales et qui au jour d’aujourd’hui attend toujours que l’Etat lui rembourse plus de 350 millions d’euros de non compensation de transfert de compétences. Nous demandons à l’Etat que ces moyens, qui sont censés accompagner les transferts de compétences soient non seulement effectifs, mais aussi indexés à hauteur de la progression démographique de l’île, car notre population augmente. Si nous ne trouvons pas les solutions pour financer le RSA, l’APA, et tout ce qui va avec, nos collectivités vont droit vers l’asphyxie financière –et ce n’est pas le gel actuel des dotations aux collectivités qui va améliorer les choses.

Le pouvoir d’agir

Nous devons ensuite exiger qu’on nous donne les moyens de notre développement, en nous donnant le pouvoir d’agir sur les secteurs clefs de notre développement. Aujourd’hui, trop de compétences restent confisquées entre les mains de l’Europe et l’Etat et bloquent nos marges de manœuvre.
Prenons l’exemple de la filière pêche à La Réunion, qui est un secteur à fort potentiel chez nous. Pour développer cette filière, nous avons besoin de mieux maîtriser nos espaces maritimes. La Zone Economique Exclusive des îles de l’océan Indien est d’une superficie supérieure à celle de la Baltique et de la Méditerranée réunies. Au moment où l’Europe connaît les conséquences de la surpêche, vous imaginez bien, les richesses halieutiques de l’OI attirent les regards. A nous de défendre nos intérêts et la richesse de nos fonds marins, qui, en plus de la faune, peuvent devenir d’importants réservoirs énergétiques !
Autre exemple : en matière de coopération, il est important que nous puissions nouer des partenariats avec les pays voisins. Plus de 60% de nos importations proviennent de la France et de l’Europe ! Il est juste impensable de continuer sur la même lignée. Nous devons sortir des échanges verticaux, couteux à la fois pour le porte-monnaie et pour l’environnement, pour aller vers des échanges horizontaux. Le monde change, les pays qui nous entourent ont un fort potentiel, et nous pouvons imaginer des échanges réciproques qui peuvent aboutir à ce qu’on appelle le co-développement : c’est se développer la main dans main.

Un projet responsable

Autre point important : les dispositifs particuliers de soutien à notre économie : ils doivent être conservés ! Les soutiens aux secteurs clefs de notre développement, comme le photovoltaïque, doivent être maintenus ! Il faut mettre en place des dispositifs concrets pour compenser les handicaps structurels de notre économie : l’étroitesse du marché, la compétitivité de notre environnement régional surtout avec les Accords de Partenariat Economique qui menacent directement nos productions locales… Nous devons lutter contre les monopoles en exigeant la transparence sur les prix, exiger des prix réduits sur les produits de première nécessité, protéger nos productions locales.
Le projet de développement du PCR est un projet responsable. Notre parti refuse l’idée même d’une Réunion sous perfusion. Le projet du PCR est le projet d’une Réunion debout, d’une Réunion qui est actrice de son développement. C’est pourquoi, nous proposons la mise en place de nouvelles ressources financières. Les Réunionnais misent chaque année aux jeux PLUSIEURS centaines de millions d’euros (Française des jeux, PMU). Cet argent repart directement en France. Eh bien, nous proposons un prélèvement sur les recettes de la Française des jeux et du PMU, pour que tout cet argent ne sorte pas du circuit de notre économie locale.
Nous proposons également la régionalisation de la fiscalité d’une part des bénéfices réalisés à La Réunion par des groupes nationaux dont le siège n’est pas dans l’île.
Avec ces nouvelles recettes, nous proposons de créer un Fonds Réunionnais de Développement ouvert à l’épargne volontaire de tout contribuable sous forme de placements défiscalisés ou rémunérés.

La question institutionnelle

Il y a en ce moment débat sur l’Assemblée unique. Telle que le prévoit la loi actuellement, cette Assemblée à La Réunion prévoit les mêmes élus, mais qui siègeront dans deux collectivités distinctes. Est-ce que c’est vraiment le changement que l’on souhaite voir ? Est-ce que cette organisation va pallier au problème du chevauchement des compétences entre nos deux collectivités Région et Département ? Est-ce que cela va réellement permettre à nos collectivités d’assainir leurs finances pour mieux répondre aux besoins des Réunionnais ? A La Réunion, où contrairement aux régions françaises, qui comptent plusieurs Départements, nous ne sommes qu’un Département, il est important de donner la parole au PEUPLE Réunionnais pour savoir quelle organisation mettre en place pour une meilleure efficacité de l’action publique. Ce n’est pas la loi qui fait le politique, c’est le politique, et plus précisément le parlementaire, qui fait la loi.
Mais pour tout cela, il faut une génération de femmes et d’hommes qui ont envie de prendre des responsabilités pour leur pays. Et pour permettre ce renouvellement de la classe politique, nous devons faire évoluer le système électoral actuel, qui favorise le cumul de mandats. Nous devons aller encore plus loin dans la parité, parce que nou fanm, nou lé kapab aussi. Exploitons nos atouts, arèt gaspi nout talents, nout richesse, nout jeuness. Elus, partis politiques, acteurs du développement, citoyens, identifions les problèmes et leur solution ensemble, voilà les conditions de notre développement ».


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