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PS et Progrès n’ont pu surfer qu’un week-end sur la vague Hollande

Un simple remaniement brise la dynamique d’un début de campagne

Correspondant Témoignages / 27 août 2014

Au moment où François Hollande faisait une tournée dans notre île avec les parlementaires des deux PS implantés à La Réunion dans son sillage, Manuel Valls convoquait l’ensemble des ministres et des secrétaires d’Etat à Matignon pour ce qui allait être la dernière réunion du gouvernement Valls1. Le samedi la Fédération du Parti socialiste, et le dimanche les socialistes du Progrès rivalisaient d’enthousiasme pour saluer une visite qualifiée de très positive. Moins de 24 heures après la conférence de presse de ces derniers, le gouvernement n’existait plus, et la dynamique était cassée…

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François Hollande à l’usine de Bois-Rouge avec 4 députés PS autour de lui.

Samedi 23 août, les responsables de la fédération départementale du PS ont donné leur point de vue sur la visite de François Hollande. Sans surprise, ils estiment que ce séjour s’est très bien passé. Morceaux choisis extraits du "Journal de l’île" du lendemain :

Monique Orphé : « On a eu un président très à l’écoute. On n’a pas entendu dire que les Réunionnais sont des assistés ».
Philippe Leconstant : « Le président a été à la mesure des attentes des Réunionnais dans les principaux domaines que son l’emploi et l’agriculture. (…) Il nous appartient d’être à la hauteur de l’effort que l’Etat a consenti pour notre territoire »

Dimanche 24 août, les parlementaires d’un autre PS, appelé le Progrès ont tenté d’aller encore plus loin dans le service après-vente de la visite du président de la République. Extraits du "JIR" :

Patrick Lebreton : « Cette visite n’a ressemblé à aucune autre, Nicolas Sarkozy, lui, était venu lancer sa campagne (…) Nous voulons que ce qui a été annoncé devienne réalité et le plus vite possible. La concrétisation, c’est maintenant ! »
Jean-Jacques Vlody : « Si après cette visite, il y a encore des critiques, alors on pourra les taxer de mauvaises foi »
Jean-Claude Fruteau :« Il y avait tant d’attente et il y a eu tant de résultats »
Michel Vergoz atterré « par le harcèlement autour de la politique gouvernementale »

Coup de tonnerre du 25 août

Lundi 25 août, coup de tonnerre, Manuel Valls présente la démission du gouvernement. François Hollande le reconduit dans ses fonctions avec comme mission de conduire une nouvelle équipe. Voici les commentaires des mêmes personnes dans le même journal :

Philippe Leconstant : « Au sein du parti socialiste, le débat est ouvert depuis longtemps entre les partisans de la ligne présidentielle, celle de la politique de l’offre, et ceux qui optent pour la demande (…) C’est un débat légitime qui est tranché au niveau du parti à la majorité. En revanche, ça pose problème lorsque ce débat survient au sein du gouvernement ».
Monique Orphé : « Demander un changement de cap après avoir voté la confiance il y a cinq mois, c’est incompréhensible. (…) S’il y avait une solution facile, nous l’aurions appliquée »

Patrick Lebreton : « Dans un contexte de crise, une équipe gouvernementale se doit d’être soudée et cohérente. Faire le choix de la cohésion, c’est peut-être faire le choix politique le plus courageux (…) Les parlementaires du Progrès demandent donc au Premier ministre d’affirmer et de poursuivre l’action sociale de soutien à l’emploi et à l’économie que le président de la République a illustrée lors de sa visite réunionnaise ».
Michel Vergoz : « M. Montebourg a largement dépassé la solidarité minimale lorsqu’on est membre d’un gouvernement (…) la question est de savoir si nous sommes dans l’affirmation et la rénovation d’un PS en PSD. Personnellement, je suis un social-démocrate, je suis pour l’économie de marché. Je n’ai jamais compris qu’on montre du doigt l’entreprenariat ».

Manifestement, l’enthousiasme est bien retombé…


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