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PS-Réunion : la division à petit prix

Élections régionales

Geoffroy Géraud-Legros / 23 mars 2010

Six places sur 47 : c’est pour ce prix dérisoire que Michel Vergoz et ses amis(es) ont livré la Région Réunion à l’UMP, à contre-courant du vent de résistance qui a soufflé ce dimanche sur l’ensemble de la République. Aucune surprise, néanmoins, dans ce résultat : depuis la création de l’institution régionale, les socialistes de La Réunion sont abonnés à une faible représentation. De plus, celle-ci est allée en décroissant au fil du temps. Ce scrutin voit le score du PS atteindre un niveau plus bas encore qu’en 2004…

2004 : Victoire des forces de progrès… malgré Michel Vergoz

En 1998, PS et PCR composaient une majorité à la Région. En 2004, Michel Vergoz prit la décision de rompre l’unité de la majorité sortante, et de mener seul sa liste aux élections. Le risque était de taille : à l’issue des Municipales de 2001, 19 communes étaient détenues par l’UMP. Après le second tour de l’élection présidentielle de 2002, l’UMP dominait le champ politique, tant au niveau national qu’à La Réunion. Disposant de tous les pouvoirs, la Droite s’était engagée une série de « réformes » contre les droits sociaux des travailleurs. Dans toute la France et dans l’Outre-mer, de grands mouvements sociaux se déployaient ; les Réunionnais se mobilisèrent en masse contre la casse des retraites organisée par le Gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Le scrutin régional se déroulait donc dans un contexte social tendu ; la Région était alors la dernière protection de la population contre l’offensive du gouvernement. Malgré cela, Michel Vergoz prit la responsabilité d’une rupture : après son refus de faire l’union, les forces de progrès partaient divisées au combat. Bilan : le PS n’envoyait que 7 conseillers à la Région, et l’Alliance parvenait à l’emporter sans les socialistes.

Le PS à la Région, pourquoi faire ?

Force est de constater que le bilan de cette présence socialiste à la Région est quasiment inexistant. Dans la droite ligne d’un Michel Vergoz qui s’opposait à la construction de la route des Tamarins, allant jusqu’à y dresser des barrages, les représentants du PS n’ont en règle générale apporté aucun soutien à la politique de grands travaux, pourtant seule créatrice d’emplois.
Sur le plan social, la conjoncture est donc plus tendue encore qu’en 2004. Aujourd’hui, le nombre de chômeurs explose, plus particulièrement dans le secteur du BTP, où 10.000 emplois ont été supprimés en une année.
Or, la Droite représentée par Didier Robert, membre du bureau politique de l’UMP, n’est pas avancée masquée : sans la moindre équivoque, ses représentants ont annoncé leur volonté de démanteler le projet du tram-train, annulant 4.000 emplois. Sur le plan culturel, la liste conduite par Didier Robert était tout aussi claire dans sa volonté de restaurer la culture coloniale et d’abattre la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise (MCUR). De plus, il était évident que Paris « mettait le paquet » dans l’élection : Nicolas Sarkozy était venu en personne investir Didier Robert ; Paris avait dépêché de manière permanente deux émissaires dans notre île. Pourtant, après avoir feint une ou deux ouvertures, les dirigeants socialistes réunionnais n’ont eu aucun scrupule : par leur refus de l’union, ils ont fait le choix de démolir le programme de développement mis en place par la majorité sortante en près de dix ans de travail.
Tout laisse croire que Didier Robert sera fidèle à sa parole en matière de destruction, comme il l’a été dans le passé envers la Rocade du Tampon : le tram-train sera arrêté, et La Réunion perdra selon toute vraisemblance 1 milliard et demi d’euros d’investissements. Plusieurs milliers de travailleurs seront privés d’emploi, et les entrepreneurs qui ont contracté des emprunts pour se doter des équipements nécessaires aux chantiers n’auront d’autre choix que celui de déposer le bilan.
La MCUR ne verra pas le jour ; les collections, archives, documents qui ont été collectés seront sans doute dispersés ; les enregistrements et témoignages recueillis par les collecteurs de mémoire disparaîtront… Tout cela parce que pour les dirigeants socialistes de La Réunion, la perte des investissements, le gâchis de la culture, le gaspillage de la mémoire valent bien 6 places dans l’hémicycle.

Geoffroy Géraud-Legros



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  • vergoz est un traitre ! il a permis l’élection du représentant de l’ump qui est pourtant minoritaire à la réunion,mais son électorat ne mérite pas mieux ! il a préféré voter pour le ps au 2iéme tour en sachant pertinament qu’il favorisait l’ump ! alors que ce reporter sur la liste de l’alliance était le meilleur choix ! maintenant les réunionnais ne vont pas tardé à s’apercevoir de la casse de didier robert mais il sera trop tard pour raler !

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