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Quand les propriétaires-citoyens de Plateau Caillou se mobilisent légitimement, la SEDRE recule

SEDRE

Témoignages.re / 21 septembre 2013

Le pot de terre contre le pot de fer. Telle est l’expression couramment utilisée pour qualifier le genre de combat que mènent les habitants d’un lotissement de Plateau Caillou contre la SEDRE. Sauf que par deux fois, les petits citoyens ont réussi à faire reculer l’ogre dirigé par Huguette Bello. Pour combien de temps ?

Monsieur Jean-Pierre Paris est propriétaire de la maison qu’il habite, au lotissement à Plateau Caillou. Sa parcelle, comme celle plusieurs autres, jouxte une bande d’espaces verts qui fait tampon entre le lotissement et la quatre-voies de Plateau Caillou (la pente de 11% qui contourne l’agglomération), et éloigne les constructions à 12 mètres minimum de la voirie. Il s’agit d’un lotissement privé dont les règles d’urbanisme sont strictes ; elles ont été fixées dans le Plan d’Aménagement de Zone, et acceptées par tous les acteurs lors de la constitution de la ZAC (zone d’aménagement concertée) de Plateau Caillou.

Cette ZAC est gérée par la SEDRE.

Quelle ne fut pas la surprise de Monsieur Paris et de ses voisins de voir un jour arriver des bulldozers « travailler » le terrain de cet espace vert. Renseignement pris, il s’agit d’une intervention de la SEDRE qui envisage de « viabiliser l’espace vert afin de commercialiser quelques parcelles supplémentaires ».

Si on peut comprendre qu’une entreprise privée cherche à gagner de l’argent en vendant tout ce qui lui passe sous la main, on ne comprend pas cette opération qui ne respecte ni les engagements passés, ni les citoyens d’aujourd’hui. Cette opération menée par la SEDRE pose plusieurs questions :

• N’y a-t-il pas là un mépris de l’écologie et du cadre de vie, au profit d’une opération purement commerciale ?

Si les aménageurs de la ZAC ont prévu une zone tampon entre la voirie (très exploitée) et les premières parcelles du lotissement, pourquoi revenir dessus aujourd’hui ? Qu’est-ce qui a changé qui puisse autoriser à penser qu’il est devenu acceptable de vivre à côté d’une voie où circule autant de véhicules chaque jour ?

Tout aménagement réclame de conserver une part d’espace vert afin de ne pas se retrouver dans un cadre de vie tout bétonné. Qui a déposé le plus simple permis de construire sait à quel point cette exigence s’impose à tout promoteur. La SEDRE ferait-elle exception à Saint-Paul ?

• N’y a-t-il pas là un mépris inadmissible envers des citoyens ?

Depuis que Monsieur Paris et ses voisins se sont acquittés des droits envers la collectivité pour vivre en bordure de ce lotissement, ils respectent leurs engagements. La collectivité saint-pauloise ne devrait-elle pas faire de même et refuser à la SEDRE de « caler quelques parcelles à vendre sur tous les petits bouts de terres viabilisables », au risque d’ailleurs des accidents routiers ?

Pourquoi ne pas avoir ouvert la concertation avec les habitants du lotissement ? Pour quoi agir par surprise ? Ce lotissement est géré par une association des propriétaires et par un conseil syndical. Il aurait été aisé de convoquer ce peu de monde et de discuter des projets de la SEDRE. Dans l’esprit d’une ZAC, zone d’aménagement concertée.

Mais la concertation semble bien absente du vocabulaire et de l’esprit des autorités.

La mobilisation des citoyens paie toujours face au mépris

Devant tant de mépris, les propriétaires du lotissement ne se sont pas laissés faire. Ils ont dénoncé ces travaux et ont fait reculer la SEDRE, par deux fois. Par deux fois, la SEDRE a commencé puis a interrompu les travaux. Les mauvaises langues diront que c’était à chaque fois à la veille d’élections. Mais si la SEDRE envisageait, sûr de son bon droit, une opération de viabilisation, ce n’est pas l’agitation de petits propriétaires qui l’arrêterait. Non, la SEDRE a reculé, face à la mobilisation légitime de citoyens Saint-Paulois. Des propriétaires doublement méprisés par la SEDRE : sur le fond, par le non-respect des engagements que la collectivité a pris lors de la ZAC, et sur la forme, par le refus d’information et de communication de la SEDRE.
La SEDRE a-t-elle tant besoin d’argent ?

Reste alors une question : pourquoi refuser d’informer les citoyens-propriétaires, et pourquoi tant de précipitation pour tenter de commercialiser quelques parcelles en bordure de route à 200 ou 300 euros le m2 ? La SEDRE a-t-elle tant besoin d’argent frais que ça ?

La réponse à cette question peut se trouver dans le cadeau financier que Madame la Députée-Maire de Saint-Paul, Huguette Bello, a fait à la Madame la Présidente de la SEDRE, Huguette Bello : 1,9 million d’euros d’avance de trésorerie au taux mirifique de 1% l’an, que Huguette Bello a délibéré et voté lors du conseil municipal du 30 mai 2013.

Depuis cette date, les travaux de plateau caillou sont arrêtés.


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