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Que cache le retour de l’incinérateur ?

Qui veut remettre en cause le suffrage universel ?

Geoffroy Géraud-Legros / 31 octobre 2009

Depuis que les médias ont fait état des 5 scénarios présentés au Conseil général pour le traitement des déchets, l’incinération fait l’unanimité contre elle. Pourtant, à la veille de la prise de décision par le Conseil général, le porte-parole d’Objectif Réunion Stéphane Fouassin continue de proposer la construction d’un incinérateur polluant et meurtrier.

Les manœuvres de l’opposition « dure » parviendront-elles à imposer ce traitement des déchets désastreux aux Réunionnais, qui l’ont pourtant déjà clairement refusé par le passé ?
Après la rencontre avec les EPCI, le Conseil général devra se prononcer la semaine prochaine sur les scénarios élaborés par un bureau d’études pour la gestion des déchets. Le document d’origine envisageait cinq options, dont la création d’un centre de valorisation énergétique… c’est-à-dire d’un incinérateur de déchets. Si le document qui sera présenté ramène à trois le nombre des propositions, on y retrouve pourtant… l’incinération.
Dans le contexte actuel, cette proposition apparaît stupéfiante. En effet, l’écrasante majorité des scientifiques a souligné les effets désastreux de la combustion des déchets sur la santé et sur l’environnement, établissant par exemple le lien entre cancer et incinération. L’incidence de l’incinération sur le réchauffement climatique est de surcroît plus que démontrée.
Des décisions politiques ont pris acte au plus haut niveau de cette expertise : ainsi, le Grenelle de l’environnement s’est clairement prononcé contre le développement de ce type d’infrastructure. Le Président de la République a lui-même condamné sans ambiguïté le recours à l’incinération, hormis dans le cas où celle-ci représente « l’ultime recours »… ce qui n’est certainement pas le cas dans notre pays.

Derrière le mépris des Réunionnais, quels intérêts ?

Porte-parole d’Objectif Réunion, Stéphane Fouassin est aussi le porte-parole de l’incinérateur. Le maire et conseiller général de Salazie reprend donc à son compte un projet qui a déjà été invalidé par la population réunionnaise il y a trois ans, et qu’avaient même délaissé ses promoteurs d’alors, devenus depuis ses partenaires au sein d’ « Objectif Réunion ».
On se souvient des débats et des réactions déclenchées entre 2003 et 2006 par les projets successifs d’installer un incinérateur sur les communes de Saint-Louis (Plaine du Gol) puis de Saint-Pierre (Pierrefonds). Conférences, prises de parole populaires, mobilisations des élus et de la société civile : l’incinérateur avait alors suscité un vaste courant d’opposition. Contraignant les responsables de la CIVIS, à l’origine du projet, à se déclarer contre l’incinérateur.
Aujourd’hui, ce mode de traitement des déchets est de nouveau présenté comme une solution possible devant nos institutions par une opposition qui se définit elle-même comme « dure ». Comment expliquer cet acharnement ? Et que penser d’un « bureau d’études » qui réintègre l’incinérateur au nombre des scénarios adaptables à la situation réunionnaise, alors que l’expertise a démontré la nocivité de ce type d’installation ? Doit-on croire que bureau d’études et partisans de l’incinérateur ont, avec les entreprises susceptibles de construire l’incinérateur, des convergences qui vont au-delà de l’intérêt général ? Le « bureau d’étude » et Stéphane Fouassin espèrent-ils tirer de cette installation des avantages supérieurs à la santé publique, et à la sauvegarde de l’environnement des Réunionnais ?

Geoffroy Géraud


Remise en cause d’une vaste consultation ?

En 2006, la fronde contre l’incinération avait contraint le Préfet à organiser de vastes consultations par le biais d’une instance locale de concertation. Un débat populaire d’importance avait alors eu lieu. Un refus sans ambiguïté de l’incinérateur en avait émergé. Va-t-on aujourd’hui remettre en cause les résultat de cette consultation ?


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