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Que chacun mette ses propositions sur la table

On devient tous communistes… mais certains ne le restent pas —2—

Manuel Marchal / 25 septembre 2012

Plus de 155.000 Réunionnais inscrits à Pôle emploi, plus de 110.000 personnes touchées par l’illettrisme, plus de 60% des jeunes au chômage, plus de 20.000 familles en attente d’un logement social… pour faire face à cette situation, le PCR propose un projet de rupture. D’autres forces politiques ont partagé cette analyse et ont commencé à l’appliquer au sein de l’Alliance à la Région Réunion. Alors que le président de la République partage notre analyse, certaines personnes abandonnent le combat. Ils n’ont que des reproches à faire vis-à-vis de ceux qui restent. A aucun moment, ils n’ont fait la moindre autocritique. Que proposent ceux qui partent ? Quel est leur projet alternatif au modèle qui s’effondre ?

Les indicateurs de la crise à La Réunion font apparaître son caractère structurel. Dans notre île, le nombre de chômeurs n’est pas le fait d’une crise passagère. Déjà dans les années 70, le taux de chômage était d’environ 25%. En 1982, le chômage touche 50.000 personnes. Cela signifie que malgré tous les dispositifs mis en œuvre au travers du traitement social du chômage, de la défiscalisation et des exemptions de cotisations sociales et fiscales, l’économie n’a jamais été capable de créer suffisamment d’emplois pour faire reculer le chômage. Tout juste a-t-elle pu maintenir un fragile statu-quo qui est en train d’éclater avec les conséquences de la crise internationale sur l’Europe et en particulier la France.

La crise permanente

La persistance du chômage de masse a entrainé la moitié de la population dans la grande pauvreté. Les conquêtes de l’égalité ont permis de garantir un minimum, mais il n’est pas suffisant pour vivre dignement dans une société où les prix sont nettement plus chers qu’en France, un des pays les plus riches du monde. Plus le temps passe, et plus sont nombreux les Réunionnais qui ont de très grandes difficultés à se nourrir à partir du 15 du mois.
Le système en cours continue à produire des injustices. Alors que quasiment tous les Réunionnais sont allés pendant au moins 10 ans à l’école, plus de 110.000 sont aujourd’hui illettrés. Plus de 20.000 familles sont toujours privées de logements sociaux parce qu’une des plus grandes puissances mondiales est incapable de régler ce problème depuis 50 ans.
À cela s’ajoutent les inégalités scandaleuses qui font que pendant que la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, une autre partie a des revenus lui permettant de consommer comme si elle était en France, malgré les prix prohibitifs pratiqués pour avoir les mêmes services que dans ce pays.

La crise est permanente, et à chaque fois que des jeunes décident de renvoyer sa violence à ce système, ils sont la cible d’une sévère répression et totalement abandonnés. Tout cela ne peut plus durer, et cela fait bien longtemps que le PCR a proposé des solutions pour une alternative à ce système.
D’autres forces politiques à La Réunion sont arrivées à une analyse convergente, et elles partagent l’idée de changer le système : elles ont formé l’Alliance.
Ce programme alternatif, il était en application quand l’Alliance dirigeait la Région. En faisant perdre aux progressistes la direction de la Région Réunion, la coalition des conservateurs n’a pas fait disparaître la société réunionnaise : la crise est toujours là, et elle s’aggrave.

Quelles solutions

Depuis deux ans, le Parti communiste réunionnais a continué à mobiliser sur ses propositions connues de l’opinion. Elles forment un programme adopté le 12 février à la Conférence extraordinaire de Sainte-Suzanne, et transmis aux candidats à la présidentielle. François Hollande a exprimé son partage de l’analyse du PCR. Il a ensuite été élu président de la République.
Voilà donc un atout pour que s’applique ce programme de rupture avec un modèle en train de s’écrouler. C’est précisément à partir du moment où a commencé à se dessiner la victoire de François Hollande que des élus ont décidé de quitter le PCR, tout en gardant leur mandat.
Les prétextes invoqués sont légers au regard de leur grave décision : quitter un parti et garder le mandat que ce parti leur a permis d’obtenir.
Aujourd’hui, la crise a atteint un point de gravité si extrême que plus personne ne peut se cacher.
Que ceux qui ont décidé de quitter le mouvement progressiste disent leurs propositions. Sont-ils véritablement convaincus de la nécessité d’une rupture avec ce système injuste ? Ou alors cherchent-ils à persuader l’opinion qu’il est encore possible de s’accommoder d’un taux de chômage de 30% et de chercher à éviter l’explosion sociale à coups de subventions et d’emplois aidés ?

M.M.

Cumul des mandats : pour ou contre ?

Sur le cumul des mandats, le Parti communiste réunionnais a affirmé lors de son dernier congrès sa volonté d’aller vers la fin de cette pratique qui pose problème pour la représentativité dans la démocratie.

La fin du cumul des mandats favorisera le partage du pouvoir avec les femmes et les jeunes.

Quelle est donc la position des élus qui ont quitté le mouvement progressiste tout en gardant leur mandat ? Sont-ils pour ou contre le cumul des mandats ?


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