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Que les Réunionnais s’expriment

Réforme territoriale, octroi de mer, fin du quota sucrier

Manuel Marchal / 25 juin 2014

C’est dans les semaines qui viennent que va se décider l’avenir de La Réunion. Paul Vergès appelle les Réunionnais à dire ce qu’ils veulent. Dans moins d’un mois, le président de la République sera dans notre île, quelle sera sa position sur ces questions ?

Pour Paul Vergès, une ère commencée en 1946 est en train de se terminer. Le gouvernement a en effet présenté en Conseil des ministres un projet de loi qui lance la réforme administrative de la République. Le mois prochain, ce sera le vote de la loi changeant la carte des régions suivi au mois de septembre du débat parlementaire sur la nouvelle répartition des compétences entre les Régions, les intercommunalités et les conseils généraux en voie de disparition.

Ces lois veulent faire des régions des collectivités aptes à tenir tête à des structures comme les Länder en Allemagne ou les Provinces espagnoles. Mais ces mesures ne peuvent pas concerner La Réunion. Elles sont la conséquence d’une évolution qui n’est pas celle de notre île. Pour l’Alliance, le moment est venu de faire le bilan de l’intégration depuis 1946, date du vote de la loi qui a abolit le statut colonial.

Loi du 19 mars vidée de sa substance

Paul Vergès rappelle que la cohésion sociale a été malmenée dès le départ, par l’extension dès 1947 du supplément colonial à tous les fonctionnaires et par le refus d’appliquer pour les travailleurs du privé la loi du 19 mars, c’est à dire le droit au bénéfice de la même législation sociale qu’en France en termes de salaire, de protection sociale ou de retraite.

Cette inégalité a vidé la loi du 19 mars de sa substance, estime Paul Vergès. Elle a touché d’autres secteurs qui ont imité la fonction publique d’Etat. Le supplément colonial, devenu prime de vie chère, s’est appliqué dans les banques, la Sécurité sociale, l’audiovisuel ou l’IEDOM.

L’afflux d’argent public a permis à des monopoles de se constituer, la production réunionnaise a été mise à mal et aujourd’hui La Réunion est une société de service. C’est la conséquence de la décision d’un gouvernement qui a fait une erreur, souligne le sénateur, celle d’instituer l’apartheid social entre les Réunionnais.

La crise

Durant cette période, La Réunion a vu sa population multipliée, passant de 250.000 à 850.000 aujourd’hui avec la perspective du million d’habitants. Cette croissance démographique n’a pas été prise en compte par les gouvernements ce qui donne le résultat actuel : plus de 150.000 Réunionnais à la recherche du travail, 110.000 illettrés, la moitié de la population sous le seuil de pauvreté. Les 4.000 emplois d’avenir et le CICE à 9% apparaissent bien relatifs face à cette vague de précarité.
La réforme de l’octroi de mer, la suppression des quotas sucriers sont des rendez-vous qui se profilent. Devant ces changements, il est important que les Réunionnais annoncent ce qu’ils veulent, et que le gouvernement accepte ses responsabilités. Sur ces questions, quelle sera la position du président de la République ?

M.M.


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