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Que Victorin Lurel écrive directement à la Fédération socialiste pour demander des explications

Un ministre socialiste reproche à un président de Région UMP de se conduire comme un opposant

Manuel Marchal / 24 novembre 2012

Victorin Lurel s’est manifestement trompé d’adresse quand il écrit à Didier Robert pour lui reprocher d’être un opposant au gouvernement. S’il est président de Région, Didier Robert le doit au PS qui avait choisi la tête de liste UMP face à l’Alliance de Paul Vergès, majorité sortante. Tout ce qui en découle est la conséquence de cette décision.

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Le 14 mars 2010, lors du premier tour des Régionales, les électeurs ont décidé de placer en tête l’Alliance avec plus de 30% des suffrages. En seconde position, la liste conduite par l’UMP Didier Robert obtient 26%. Malgré tout le soutien du gouvernement UMP et la manipulation de l’opinion, dans une île frappée massivement par le chômage, Didier Robert se situe à 10.000 voix derrière.

Il est clair que c’est entre ces deux listes que se jouera la victoire le 21 mars.

Loin derrière, la coalition PS-MRC-PSR… plafonne à 13% ; c’est un score qui place le PS à 41.000 voix de moins que la liste conduite par Paul Vergès. Cette liste est dirigée par la Fédération du PS. Son fond de commerce électoral, c’est l’opposition au gouvernement UMP. Si elle veut rester fidèle au message délivré aux électeurs, la liste conduite par le PS doit donc tout faire pour empêcher l’UMP de gagner. Et, sauvegarder une Région déjà acquise à la gauche.

Les électeurs trompés

Contre cette logique, les dirigeants de la Fédération PS décident que l’UMP Didier Robert sera le prochain président de Région. En effet, avec leurs 13%, Michel Vergoz et les siens décident de se maintenir au second tour. Ils savent qu’ils ne gagneront pas, mais leur objectif est d’affaiblir l’Alliance en favorisant l’UMP.

Le 21 mars, la liste des forces de progrès la mieux placée au premier tour avec plus de 30% des suffrages est battue. L’UMP n’obtient pas la majorité absolue. Mais grâce au maintien de la liste conduite par le PS, elle peut passer devant l’Alliance.

Cinq jours plus tard a lieu l’élection du président de Région. C’est un jour grotesque. Nous invitons Victorin Lurel de visionner la séance pour se rendre compte de la forfaiture.

L’usage veut qu’après l’élection, le discours du nouveau président vienne en écho à celui du sortant, puis la séance se conclut.

Mais après le discours de Didier Robert, c’est la tête de liste PS, Michel Vergoz, qui demande avec insistance à intervenir. Le vrai vainqueur ne peut pas se taire. Le représentant du PS félicite Didier Robert pour sa victoire et lui donne l’assurance que son groupe est prêt à travailler avec l’UMP «  sur les dossiers que nous jugerons nécessaire pour le mieux vivre et l’avenir de nos compatriotes ».

Cette intervention était très révélatrice de la collusion entre Didier Robert et ceux qui l’ont fait élire président. En effet, Michel Vergoz était conseiller régional en 1998 et en 2004, lors des élections de Paul Vergès. Alors que c’était un communiste qui était élu, il n’avait jamais pris la parole pour le féliciter.

À quand les explications ?

C’était bien la confirmation qu’entre Paul Vergès et Didier Robert, les socialistes de La Réunion avaient choisi le candidat UMP.

Depuis lors, Didier Robert a mené une politique en phase avec l’ancien gouvernement, n’hésitant pas à aller au-delà des compétences de la Région pour soulager les finances du pouvoir central. L’exemple de la continuité territoriale, compétence à 100% de l’État, mais financée par la Région, est symbolique.

Depuis mai dernier, le gouvernement a changé de couleur politique. Le parti de Didier Robert est devenu un parti d’opposition. Aujourd’hui, le président de Région joue son rôle de représentant de l’UMP. Pourquoi donc un ministre socialiste se sent-il obligé de prendre la plume pour reprocher à Didier Robert d’être dans ce rôle ?

Est-ce à dire que la Fédération socialiste ne l’a pas informé qu’il fallait ménager Didier Robert car sinon Paul Vergès aurait été encore à la tête de la Région ? Si l’information n’est pas passée, cela signifie que le PS a failli à sa mission et a laissé leur ministre se ridiculiser devant une opinion réunionnaise, très au faite de la situation. Dès lors, ne devrait-il pas adresser cette lettre à la Fédération socialiste, afin de recueillir la réaction des intéressés. Va-t-il demander des explications à ceux qui ont créé cette situation ?

D’ailleurs, il appartenait aux dirigeants du PS local de dénoncer le sectarisme de Didier Robert. Ils sont restés silencieux, laissant le ministre se prendre les pieds dans le tapis.

M.M.



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  • j’aimerais contacter rapidement le ministre d’outre mer qui est actuellemnet en nouvelle calédonie, car se jour je viens de me voire refuser une mutation sur nouméa, je suis gestionnaire dans un établissement public d’enseignement depuis presque 20 ans mère de 7 enfants je souhaite me déplacer sur la grande terre pour continuer à exercer ma fonction et surtout suivre les études supérieurs de mes enfants. Tous les postes de gestionnaire dans les établissements publics sont actuellement pourvu par des gens qui viennent de la métropole parce qu’ils ont la qualification et surtout la catégorie, que devenons nous agents locaux contre cette introduction massive sur le territoire de la nouvelle calédonie kanaky ? que dois je répondre mes enfants pour leurs avenir ? ou est l’emploi local ? aider moi s’il vous plait ! pour l’avenir de mes enfants et celui de mon pays.

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