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Quel investisseur peut soutenir l’arrivée d’un gaspilleur d’argent public à la direction de son investissement ?

Air Austral, la différence entre clientélisme et développement —5—

Manuel Marchal / 4 janvier 2012

Maintenir les Réunionnais dans la dépendance et l’assistanat, c’est la politique de Didier Robert menée à grand coup de gaspillages d’argent public. Sa gestion de la continuité territoriale correspond tout à fait à cette définition : subventionner les compagnies aériennes en distribuant des bons de réduction, même à ceux qui n’en ont pas besoin. C’est la grande gabegie. Air Austral et ses actionnaires ont investi pour que la baisse des prix des billets d’avion soit possible sans subvention. Le 13 janvier, qui soutiendra celui qui joue en permanence contre les intérêts réunionnais ?

Dans deux ans, Air Austral est en passe d’apporter une réponse décisive au désenclavement de La Réunion. Avec Airbus, elle a travaillé à l’aménagement de l’A380 pour qu’il puisse accueillir plus de 800 passagers. Cela permettra de faire baisser les prix de 30% et de démocratiser l’accès à l’avion sans que la puissance publique ne soit obligée de verser des subventions. C’est une manière pour les Réunionnais de rompre avec la période post-coloniale : une société réunionnaise apporte une solution à un problème mondial et les Réunionnais sont les premiers à en bénéficier.
Mais lorsque des journaux affirment que Didier Robert lorgne sur la tête d’Air Austral, il y a lieu d’être inquiet. Il défend un projet opposé à toute baisse des prix sans subvention, car cela lui enlève un moyen de pression sur la population pour tenter de se maintenir au pouvoir. Il a tout intérêt à ce que le prix du billet reste cher, voici pourquoi.

Quelle continuité territoriale ?

Dans les débuts de la desserte aérienne de La Réunion, une seule compagnie avait le monopole vers la France. C’était Air France. Elle en profitait pour pratiquer des tarifs très élevés.
Il a fallu que la concurrence s’installe pour que les prix commencent à baisser. Malgré tout, ils restent hors de portée des revenus de la majorité de la population.
Pour compenser cette situation, l’État a imaginé une aide au voyage. Une taxe payée par tous les passagers dans les Outre-mer finance une dotation. Cette dernière est répartie entre les territoires selon des critères de distance et de population. Dans chaque territoire, l’État a demandé à une collectivité de gérer l’enveloppe. Cette dernière propose des critères qui sont ensuite validés par la Commission européenne.
Sous la mandature de Paul Vergès, le critère de l’aide était clairement social. Seules les personnes aux revenus trop faibles pouvaient en bénéficier. Les plus pauvres pouvaient obtenir jusqu’à 500 euros.

Priorité au clientélisme

Depuis l’arrivée de l’UMP à la Région, les critères ont changé. Désormais, des familles qui ont plus de 100.000 euros de revenus annuels peuvent bénéficier de l’aide. Le montant de l’aide est plus faible, ce qui explique que pour les plus pauvres, il soit plus difficile de voyager.
Le billet reste cher, et tant qu’il y a une subvention, quel est l’intérêt pour une société qui vend des voyages de baisser les prix ?
En achetant des placards publicitaires, la Région Réunion montre qu’elle veut insister sur cette politique. Sa priorité, c’est donc le clientélisme, et il n’y a aucune volonté de régler le problème des prix.
C’est une ligne véritablement l’opposé de la stratégie suivie depuis 25 ans par Air Austral. Et c’est Didier Robert, responsable de cette ligne, qui veut prendre la direction d’Air Austral. Quel est donc l’investisseur qui serait prêt à confier son investissement à une personne qui n’a aucun intérêt à le voir prospérer ?

Manuel Marchal


Kanalreunion.com