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Quelle crédibilité pour 24 parlementaires ?

Les gérants de station service obtiennent satisfaction

Témoignages.re / 7 février 2014

Après La Réunion dimanche, les gérants des stations service des Antilles et de la Guyane ont cessé la grève. Ils estiment avoir été entendus. Le gouvernement a donc donné raison aux grévistes. Cela amène à s’interroger sur la crédibilité des 24 parlementaires qui appelaient « le Gouvernement à ne pas céder au nouveau chantage de la filière carburant en outre-mer »… c’était le 29 janvier juste avant que le Premier ministre prenne les choses en main et ouvre la concertation.

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La politique menée par l’Etat et la Région fait augmenter le nombre d’automobiles. Cela rend notre île toujours plus vulnérable aux conséquences d’un conflit impliquant les gérants de station service.

A trois mois des élections municipales, le ministre des Outre-mer a tenté de faire un coup en se fixant comme objectif la baisse des prix des carburants. Le décret changeant le calcul des prix ne remet pas en cause la structure de la filière. Il s’agit donc d’opérer des changements à la marge, en réduisant les marges des compagnies pétrolières.
Pour les gérants, les conséquences sont claires. Ils pensent que les pétroliers trouveront un moyen de reprendre sur la marge des distributeurs ce que l’Etat leur retirera. Autrement dit, moins d’emplois dans les stations car si les charges des gérants augmentent, ils baisseront les sommes consacrées à payer les salaires. C’est donc la crainte pour l’avenir des 1.500 pompistes à La Réunion.

La concertation imposée

Des délégations de gérants se rendent à Paris pour tenter de discuter, mais le ministre des Outre-mer ne veut pas céder. Les positions se durcissent et le mardi 28 janvier, les gérants annoncent une grève illimitée à compter du 30 janvier. Aussitôt, des embouteillages se forment à l’entrée des stations. Et la journée de mercredi voit des quartiers entiers bloqués parce qu’il s’y trouve une station service.
Le mercredi soir, quelques heures avant le baisser de rideau, 24 parlementaires affirment leur soutien total au ministre des Outre-mer et appellent le gouvernement à ne pas céder au chantage.
Jeudi, les stations sont en grève. Rapidement c’est la paralysie qui guette, montrant l’extrême vulnérabilité de toute l’économie de l’île (voir encadré).
Au troisième jour de grève, le Premier ministre prend les choses en main. Il demande aux préfets de lancer la concertation avec les gérants de station service.
Dimanche à La Réunion, et quelques jours plus tard aux Antilles et en Guyane, les gérants ont obtenu satisfaction. Les pétroliers sont aussi satisfaits.

Les gérants satisfaits

Avec la structure actuelle, le nouveau décret n’empêchera pas les prix d’augmenter dans les années à venir. Concrètement, les automobilistes n’ont d’ailleurs pas vu de baisse des prix contrairement à l’objectif officiellement recherché.
Le fait nouveau dans ce conflit, ce sont les 24 parlementaires de l’Outre-mer qui ont cru bon de s’engager aux côtés de Victorin Lurel pour lui dire de ne pas céder.
Au bout du compte, le gouvernement a donné raison aux stations et aux pétroliers. La marge de gros et celle de distribution ne baisseront pas, c’est d’ailleurs ce que confirme un nouveau communiqué de parlementaires de l’Outre-mer. Cela amène donc à s’interroger sur la crédibilité des députés et sénateurs qui ont soutenu le ministre des Outre-mer pour qu’il ne cède rien.

L’île vulnérable


Ce problème est lié à la décision d’arrêter le chantier du tram-train électrique. Le parc automobile continue de s’accroître, et la consommation de carburant également. Car aucune alternative crédible au tram-train n’est encore sortie des cartons. Résultat : le tout-automobile règne en maître dans les transports à La Réunion.

Ces voitures fonctionnent avec une énergie tirée du pétrole. Or, le volume de pétrole produit dans le monde est amené à diminuer car c’est une énergie fossile. Parallèlement, la demande augmente. Baisse des volumes et hausse de la demande entrainent une augmentation des prix.

Tant que persistera ce modèle, notre économie restera vulnérable, et les frais de transports seront toujours de plus en plus coûteux à cause de facteurs sur lesquels La Réunion n’a aucune prise.


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