Actualités

Quelles réponses de la ministre de l’Outre-mer aux préoccupations des Réunionnais ?

Alliance des Réunionnais contre la pauvreté

Témoignages.re / 19 mai 2011

La venue de Marie-Luce Penchard à La Réunion, dans un contexte de crise grave, « est ressentie plutôt comme une campagne de communication, un voyage d’agrément », affirme l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté. Comme à l’accoutumée, la ministre ne vient pas pour répondre aux attentes de la population réunionnaise, notamment ceux qui rencontrent des difficultés considérables, a expliqué l’ARCP hier lors d’une rencontre avec la presse.

« Les problématiques sont connues », rappelle l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté. Mais force est de constater que ces dossiers ne sont pas à l’ordre du jour du programme de la ministre. Ce sont la pénurie de logements, le chômage de masse, le manque de pouvoir d’achat lié à la cherté de la vie et aux bas revenus, mais c’est aussi toute cette frange de la population qui vit des minima sociaux.
Concernant le pouvoir d’achat, l’INSEE, dans son dernier rapport, avait annoncé que les prix avaient encore augmenté de 0,7%, le mois dernier. « Nous constatons que globalement, l’inflation est de 3% sur les douze derniers mois écoulés. L’INSEE parle de record d’inflation depuis 2008 », constate l’ARCP. C’est presque un point de plus que dans l’Héxagone.
Un Conseil interministériel sur l’Outre-mer avait prévu des mesures pour atténuer la vie chère.
Alors « que compte faire Mme Penchard pour le respect des accords pour lesquels la CIOM et le président de la République avaient fait allusion ? »
Pourquoi les prix continuent-ils à augmenter ? C’est, pour l’ARCP, « le résultat d’un manque de volonté du gouvernement à prendre des mesures efficaces pour régler les problèmes du pouvoir d’achat aussi bien à La Réunion, qu’ailleurs, sur le territoire de la République ».
L’ARCP rappelle aussi que « l’accord COSPAR signé en Préfecture qui devait faire l’objet de contrôle et de concertation dans les changements de tarifs n’a pas été respecté ».

Où sont les emplois ?

L’ARCP souhaite interpeller Mme Penchard sur les promesses faites par le président de la République, en février 2011, de faire recevoir par le Pôle emploi tous les chômeurs de longue durée et les jeunes pour leur proposer soit un emploi, soit une formation qualifiante.
Les mesures promises devraient trouver leur application, dès le 15 mars 2011 pour finir à la mi-juin ; mais trois mois après la promesse, nous doutons des mesures. Sinon, comment comprendre que le chômage continue à augmenter à La Réunion ?
L’ARCP souhaite de la part de Mme Penchard des explications concrètes, nous souhaitons un bilan des promesses du président.
« En bref », conclut l’ARCP, « que vient faire Mme Penchard ? Tromper encore une fois la population réunionnaise ? Quelles solutions propose-t-elle ? »


Halte à la discrimination sur les revenus

À La Réunion, la société est coupée en deux. La moitié des habitants vit en dessous du seuil de pauvreté national et, parmi elle, une majorité de jeunes et de personnes âgées. C’est sûrement le résultat de notre insularité, mais cette situation exceptionnelle trouve un certain nombre de réponses, par des mesures exceptionnelles.
Pour le revenu des entreprises, il est décidé l’exonération de charges sociales et patronales, de fiscalité et autres dispositifs qui n’existent pas en France. Pour les particuliers, c’est aussi la défiscalisation pour des dépenses spécifiques, les prêts à taux zéro… etc.
Une autre catégorie de la population bénéficie aussi de mesures exceptionnelles, notamment les salariés du public. L’État, reconnaissant que la vie est chère, accorde une prime de vie chère pour ses salariés, la fameuse sur-rémunération. Cette prime existe aussi dans secteur de la banque et d’autres secteurs du service public.
Cependant, l’ARCP constate que toute une frange de la population ne bénéficie pas de mesures exceptionnelles :
« les allocataires des minima sociaux, les bénéficiaires du RSA, des petites retraites, les Smicards, et la grande majorité des travailleurs du privé, eux, subissent une discrimination sur le territoire d’un même département », affirme l’ARCP.
L’ARCP « considère ce traitement comme inégalitaire, discriminatoire et honteux. C’est du racisme social alors même que les victimes de cette injustice sont celles qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ».
« Quelle réponse Marie-Luce Penchard souhaite-t-elle nous apporter, car le gouvernement est le seul responsable de cette situation ? », demande l’ARCP


Carburants : au moins 5 centimes de baisse

« Nous demandons à Mme Penchard d’intervenir auprès de la Préfecture pour une baisse d’au moins 5 centimes, au premier juin prochain. Cette baisse tiendra compte d’un remboursement des 2 centimes, surfacturés aux consommateurs automobilistes et de la répercussion du prix du baril de pétrole qui a perdu plus de 10 dollars, depuis le 1er mai », affirme l’ARCP.
Lors de la dernière fixation des prix, le litre de pétrole brut était à 48 centimes et son évolution est à la baisse depuis, pour s’afficher ce jour à 43 centimes. Soit un écart de 5 centimes.
Donc, une baisse minimum de 5 centimes au premier juin est réalisable autant sur le sans-plomb que sur le gasoil. Appliquer cette baisse serait un signe de respect pour les automobilistes et par la même occasion, une bouffée d’oxygène pour le pouvoir d’achat des Réunionnaises et des Réunionnais.


Des emplois durables pour les allocataires du RSA

Autre sujet sur lequel l’ARCP souhaite interpeller la représentante du gouvernement : c’est la proposition du ministre UMP M. Wauquiez, à propos du RSA. Quelles mesures concrètes et justes en faveur de cette catégorie de la population ? Comment sortir les bénéficiaires du RSA du piège de l’inactivité et du sous-revenu ? L’ARCP propose la création d’emploi qualifiant et pérenne dans les secteurs de la protection, de la valorisation de notre environnement ainsi que l’emploi de proximité, de service à la personne.
Des dizaines de milliers d’emplois peuvent être créés dans ces domaines répondant à des besoins existants et non satisfaits. De vrais emplois et non du bénévolat dégradant, proposé par le gouvernement et le ministre Wauquiez.


Logement : pourquoi ce manque de volonté politique du gouvernement ?

L’ARCP s’offusque de l’annonce répétée des chiffres en besoin de logement à La Réunion. L’actualité démontre chaque jour que ce problème doit être résolu, dans l’urgence. Les freins sont connus et non insurmontables. La construction de logements est directement liée à l’augmentation de l’offre d’emploi et à l’amélioration de l’insertion scolaire de nos marmailles. Pourquoi ce manque de volonté politique et d’insensibilité des décideurs du gouvernement face à un tel désastre social ?
L’ARCP demande à l’État de définir les vraies priorités pour La Réunion et de faire de la lutte contre le mal-logement, un grand chantier réunionnais. L’habitation, l’emploi, l’éducation se porteront mieux.


Kanalreunion.com