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Quels engagements… aujourd’hui ?

Témoignages.re / 22 février 2012

On ne peut plus changer le monde, dit-on, mais on ne peut pas non plus y renoncer. Quand l’urgence se fait sentir, on retrouve ainsi, ceux qui prennent parti pour des causes justes et ceux qui battent en retraite.

Autant on peut rester insensible à l’insignifiant, autant nécessité oblige à se prononcer, à prendre position et à agir. Sinon, s’abstenir et rester indifférent, c’est paraître égoïste et insouciant. On peut comprendre et excuser l’attitude de certaines personnes qui ne réagissent pas comme on peut espérer, à cause de leurs conditions d’existence qui les anesthésient, au point qu’ils deviennent aphones et invisibles. Cependant, on ne peut passer son temps à vivre dans la trouille et à accepter l’intolérable. Les soumissions dans ces cas doivent être refusées et rejetées avec énergie. Et personne ne peut empêcher, celui qui veut s’affranchir d’une domination de clamer sa révolte. Plutôt, face aux injustices sociales, manifester son désaccord devient un moyen de pression pour faire avancer l’humanité. Ainsi, former à la citoyenneté, éclairer les opprimés, alphabétiser, aider les personnes en détresse peuvent être des formes puissantes et significatives d’engagements, aux côtés de ceux ou celles qui sont placés dans la précarité ,affaiblis ou bâillonnés.
Les maux innommables de la société, dont nul n’est désormais épargné, qui engendrent drames et pauvreté extrême, appellent une mobilisation de tout un chacun des citoyens. Parfois, on peut être sensible à une cause plus à qu’une autre, mais on ne peut non plus rester dans son cocon et ne pas vouloir voir la détresse autour de nous. Penser que cela n’arrive qu’aux autres, c’est ne pas s’apercevoir que la roue tourne.
Le souhait du peuple est de voir les forces se regrouper à travers des engagements citoyens, pour faire sauter les verrous de tout ce qui est rivé pour empêcher l’être de vivre. Tout, dit-on, à cause d’un monde injuste et égoïste, qui veut tout pour lui et prêt à écraser l’humain. Les ententes des grands groupes, que ce soit dans la métallurgie, dans la finance, dans la canne, dans le commerce ou le transport, le bâtiment ou autres, doivent être dénoncées et combattues. Plus rien ne marche, plus rien ne va, tout stagne, seuls les appels au secours se font entendre. Il ne reste que le réveil du citoyen. Et, contre toute injustice criarde, il faut réagir pour réinventer avec des esprits neufs, de nouvelles règles pour améliorer les conditions de vie, en allant à contre-courant du dogme de la pensée unique, qui fait croire qu’il n’existe qu’une voie pour le développement humain.

Vivre, c’est essayer de mutualiser les idées afin de les mettre en pratique

En l’absence de consciences fortes, qui fédèrent les révoltés et les intègrent dans une même dynamique de progrès, les opprimés verront leurs conditions se dégrader. Nous déplorons, l’absence de vie associative digne de porter les revendications de ceux qui n’en ont plus et n’en peuvent plus, car ils sont démunis et sont à bout du supportable. Les associations ne savent plus faire des propositions. Ce qui manque à leurs dirigeants, ce n’est pas la révolte mais la culture. Dans les milieux associatifs, hormis quelques audacieux, personne ne va au-delà de ce qu’il sait pour mieux savoir. On milite sans connaître les vrais motifs de l’engagement. L’élan qui y a conduit s’effrite par manque de conviction. Si aujourd’hui, le patron est le seul à faire entendre sa voix dans l’unité de production, c’est parce qu’il manque un syndicalisme de qualité. Les mouvements syndicaux sont aujourd’hui désertés, ils ne sont plus écoutés et plus personne ne veut y adhérer. Les syndicats ou leurs dirigeants n’inspirent plus confiance aux adhérents, ils semblent être muselés et ligotés. Ils semblent, aux yeux des travailleurs, ne représenter que leurs propres intérêts en se détournant de ce qu’est leur mission première.

Même si, on ne peut négliger les obstacles auxquels ils peuvent être confrontés et, s’y heurtent le plus souvent, nombre de syndicats, ne disposant pas de potentiel bénévole suffisant, s’inféodent aux partis du gouvernement, pour bénéficier, faute de cotisations suffisantes, de subventions des pouvoirs publics pour espérer avoir une longue espérance de vie. Ils sont donc récupérables et susceptibles d’être instrumentalisés. On attend plus aujourd’hui, des associations, des ONG, qu’elles soient plus militantes et porteuses des aspirations du peuple, et différentes des syndicats qui n’arrivent plus à s’émanciper de la tutelle des pouvoirs.

Le climat social morose et nauséabond conduit chaque citoyen à prendre conscience de l’état de détresse dans lequel nous plongeons, à participer à l’œuvre de reconstruction pour un lendemain meilleur et pour un changement radical des modes de vie pour une société plus juste, où il fera bon vivre pour tous.

Bienvenu H. DIOGO 


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