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Qui a peur de Claude Hoarau ?

Scandaleuse manipulation au moment où Didier Robert annonce sa démission de l’Assemblée nationale

Geoffroy Géraud-Legros . Manuel Marchal / 31 mars 2010

Après de multiples réunions, aprés une série de coups de téléphone et de directives de Paris, Didier Robert a dû renoncer à la tentation de déposer un recours contre sa propre élection, dans le but de jouer de la procédure pour garder la mainmise sur tous ses mandats. Privé de ce stratagème, le président de la Région veut plus que jamais garder la main sur son ancienne circonscription. Dans ce contexte, la garde à vue de Claude Hoarau est une heureuse coïncidence…

Avec une mauvaise volonté visible, Didier Robert a fini par annoncer qu’il abandonnait son poste de député. En conséquence, de nouvelles élections seront organisées dans la 3e circonscription. Coïncidence ? Dès le lendemain de cette annonce, Claude Hoarau, candidat potentiel le plus sérieux face à l’UMP, était convoqué à Malartic, où il subit 30 heures de garde à vue. Quelques jours auparavant, les mêmes locaux avaient connu la visite de Cyrille Hamilcaro… sans doute pour faire bonne mesure.

Balance déréglée

Mais justement, la mesure n’y est pas : entendu dans le cadre de faits d’une certaine gravité –une affaire de location de terrain par la Mairie- Cyrille Hamilcaro est ressorti vite, libre et content du commissariat.
Il semble que les autorités compétentes aient estimé que le protocole électoral établi entre Krishna Badamia et Claude Hoarau devait peser plus lourd dans la balance qu’une affaire qui met en cause l’utilisation de l’argent public. Claude Hoarau ne pouvant être suspecté de corruption, il fallait bien trouver quelque chose. Tout se passe donc comme s’il existait une volonté de stigmatiser l’homme par un recours totalement disproportionné à la garde à vue.
La couverture médiatique de "l’événement" donne elle aussi matière à réflexion : présumé innocent, convoqué pour un document signé il y a deux ans avant une élection qui a depuis été annulée, vainqueur du scrutin suivant, le Maire de Saint-Louis a pourtant eu hier l’honneur de la "une" du "Quotidien".

Une campagne peut en cacher une autre

Un intérêt qui contraste avec la discrétion des médias lors de la condamnation de Cyrille Hamilcaro pour diffamation, il y a dix jours. Il est vrai que la campagne des régionales atteignait alors son point culminant : les journaux étaient alors plus passionnés par les sondages et les retournements de veste que pour la vérité rétablie envers un homme qu’on avait sans vergogne accusé de racisme.
Aujourd’hui, le nouveau dérèglement de la balance en défaveur de Claude Hoarau signifie-t-il qu’une nouvelle campagne, celle des législatives partielles, est d’ores et déjà lancée ? Se pourrait-il qu’elle se double d’une campagne contre Claude Hoarau, afin de garantir un siège à l’Assemblée que son détenteur a eu toutes les peines du monde à abandonner ?

Geoffroy Géraud-Legros



A propos du protocole…

Reproduit par la presse, le protocole a pu être consulté par des milliers de Réunionnais. Que vise la justice ? L’alinéa selon lequel Krishna Badamia pourrait « proposer » l’embauche de certains de ses camarades, ainsi que celui qui envisage la réintégration de Yannick Payet-Fontaine, membre du personnel communal soumis à un harcèlement sans relâche après la victoire de Cyrille Hamilcaro et contraint de ce fait à demander sa mise en disponibilité.
Des textes qui semblent avoir stimulé l’ingéniosité du parquet : celui-ci parvient à trouver dans tout cela rien moins qu’une "discrimination à l’embauche"… une inspiration qui manquait lors de la courte visite de Cyrille Hamilcaro, pour une "simple" affaire de location de terrain, où l’argent de la commune est en jeu.

G.G-L



30 heures de garde-à-vue pour des faits qui n’ont pas eu lieu

Pourquoi cet acharnement contre Claude Hoarau ?

À la sortie de 30 heures de garde-à-vue, le maire de Saint-Louis constate le vide du dossier. L’accusation de discrimination à l’embauche ne tient pas car le protocole cité n’a donné lieu à aucune embauche par la suite. Mais cette absence d’éléments n’a pas empêché le prolongement de la garde-à-vue.

C’est hier vers 18 heures que Claude Hoarau, maire de Saint-Louis, Yannick Payet-Fontaine et Krishna Badamia sont ressortis libres de l’hôtel de police de la rue Malartic à Saint-Denis. Cela faisait une trentaine d’heures que ces trois personnes étaient privées de liberté et interrogés par les policiers.
Trois jours après l’annonce de la démission de Didier Robert de son mandat de député de la 3ème circonscription, c’est un ancien député, et maire de la seconde commune en termes de population de la circonscription qui a été placé en garde-à-vue.
À sa sortie du commissariat, Claude Hoarau rappelle tout d’abord que l’article L106 du Code électoral n’a pas pu être actionné du fait de la prescription. La volonté de mettre en cause le maire de Saint-Louis est apparue clairement quand les enquêteurs ont fini par trouver un article L225 relatif à la discrimination à l’embauche.
Claude Hoarau note que le protocole sur lequel s’appuyaient les policiers prévoyait une embauche de 10 personnes sur proposition de Krishna Badamia. Le maire de Saint-Louis constate que cela n’a pas dépassé le stade de l’intention. Krishna Badamia n’a pas proposé de liste et les embauches n’ont pas eu lieu. « Le protocole n’a pas été exécuté et la discrimination n’a pas eu lieu », précise Claude Hoarau.
Concernant l’embauche de Yannick Payet-Fontaine, Claude Hoarau rappelle que cette personne est un fonctionnaire territorial en disponibilité depuis 2004. Si au bout de 4 ans de mise en disponibilité, la réintégration ne se faisait plus de droit, elle était néanmoins possible puisque Yannick Payet-Fontaine était toujours fonctionnaire territorial au moment de l’embauche. Claude Hoarau précise que son affectation sur un poste de direction correspond au profil de Yannick Payet-Fontaine, qui a suivi des formations avancées et a obtenu des diplômes correspondants aux compétences nécessaires pour l’exercice d’un poste de direction.
Donc cette embauche est entièrement légale.
Le dossier apparaît donc bien vide. Malgré cela, Claude Hoarau a été privé de liberté pendant une trentaine d’heures. D’où vient ce qui ressemble fort à un acharnement ?

M.M.



Discrimination à l’embauche… sur le territoire du Tampon ?

Cyrille Hamilcaro, ex-maire de Saint-Louis, membre d’Objectif Réunion au Conseil général ; Olivier Rivière, maire de Saint-Philippe et co-listier de Didier Robert ; Nathalie Latchimy, ex-salariée du Crédit Agricole et ancienne adjointe de Cyrille Hamilcaro ; Surgine Fontaine, ex-secrétaire à la CIVIS. Toutes ces personnes ont un point commun, elles travaillent sur le territoire du Tampon. Quant à leurs opinions politiques… il est clair que leurs CV démontrent qu’elles penchent du côté de l’UMP. Mais alors, n’y a-t-il pas eu discrimination à l’embauche ?



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Messages






  • cyrille hamilcaro n’a jamais accepté sa défaite à st louis ! quel respect du suffrage universel ! il a sa chemise plus salle que n’importe qui à st louis et il ose toujours pavoiser à rfo avec complésence de celle-ci ! quand il s’agit d’un élu de gauche la presse bien pensente de la réunion s’empresse "d’informer les lecteurs" mais lorsqu’il s’agit d’un élu de droite trempé dans des malversations , motus et bouche cousue" cela s’appelle du journalisme objetif !de toutes façons les médias de métropole ou d’outre-mer sont au service de sarkozy et de la droite depuis bien logtempt !

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  • les gars sont gros doigts même. le jour ou ROBERT dit qu’il quitte sa circonscription, la loi i vient pou CLAUDE. Et encore, pour une affaire d’il y a deux ans, qui a été effacée par la confiance du Peuple Saint-Louisien. Oté quand ça zot sa va compren nou lé plus dans la colonie ?

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