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Qui a utilisé la visite de Marie-Luce Penchard à La Réunion pour plomber le projet du président de la République pour l’Outre-mer ?

Deux semaines après le Conseil interministériel sur l’Outre-mer

Manuel Marchal / 26 novembre 2009

Après François Fillon, c’est au tour de Marie-Luce Penchard de voir sa visite à La Réunion plombée par les manœuvres des partisans de la ligne la plus sectaire. Mais un repère temporel permet de démontrer que ceux qui ont lancé l’offensive sur le tram-train veulent d’abord discréditer le projet du président de la République car ils sont incapables de l’assumer. En effet, Marie-Luce Penchard devait donner l’écho le plus large aux propositions présentées par Nicolas Sarkozy. Mais depuis lundi, ce n’est pas de cela qu’il est question dans les médias. Détourner l’opinion de ces informations, et créer de toutes pièces un climat d’affrontement par tous les moyens, c’est le but recherché par les derniers représentants d’une époque révolue, prêts à tout pour sauver leurs ultimes privilèges.

Deux semaines après le Conseil interministériel sur l’Outre-mer et le discours du président de la République, Marie-Luce Penchard était en visite dans notre île pour présenter la déclinaison locale de la nouvelle relation entre Paris et l’Outre-mer. Force est de constater une considérable différence de préoccupation entre le projet du président de la République et celui d’acteurs locaux qui sont pourtant dans le même parti que Nicolas Sarkozy.
Mais pour ces personnages, le projet présidentiel est dangereux car il remet en cause leurs intérêts privés. Ils ont donc instrumentalisé la visite de la ministre de l’Outre-mer pour détourner ce séjour de son véritable objectif, à savoir la mise en lumière de ces intérêts privés qui bloquent le développement de La Réunion.
C’est pour cette raison qu’au lendemain du rassemblement du PCR, les deux autres quotidiens ont décidé de publier une interview dans laquelle la ministre prend position sur le tram-train. L’objectif de ceux qui ont inspiré la manœuvre est évidente. Il s’agit de concentrer toute l’attention sur le débat autour du tram-train. Or, jusqu’à présent, le tram-train est un exemple de partenariat entre l’État et une collectivité, à un point tel que le gouvernement a pris l’initiative de choisir ce projet pour représenter la République dans la Rencontre internationale des partenariats publics-privés.

Un objectif : discréditer le projet présidentiel

De par l’importance stratégique du tram-train pour la crédibilité du projet du président de la République pour l’Outre-mer, une telle attaque ne peut signifier qu’une chose : l’objectif est de plomber la démarche entreprise par Nicolas Sarkozy depuis le mois de février à travers les États généraux. Il s’agit pour les inspirateurs de cette manœuvre d’empêcher la paix sociale et de faire croire que les rapports ne peuvent se placer que sous le signe de l’affrontement.
La manœuvre tentée lundi en utilisant la ministre de l’Outre-mer a de nombreux points communs avec celle qui avait eu lieu lors de la visite de François Fillon en juillet dernier à La Réunion.
Les inspirateurs de cette stratégie n’ont pas pu faire dire au Premier ministre ce qu’ils voulaient dans la presse du 9 juillet 2009 ? Qu’à cela ne tienne, ils ont ajouté dans le discours d’inauguration de la route des Tamarins une violente charge contre les collectivités ! Et dans le contexte de l’inauguration, c’était la Région qui était visée, alors qu’avec 70% de son budget consacré à l’investissement, elle est championne de la République dans ce domaine. François Fillon n’est pas tombé dans ce piège grossier, il a sauté le passage en question dont voici la teneur :
« Mais dans cet effort collectif, l’État ne saurait être le seul à s’engager.
Je souhaite m’adresser aux collectivités territoriales pour leur demander d’apporter leur contribution en relançant les projets qui ont été différés.
Je veux leur dire : repousser tous les projets ne résoudra pas la crise, mais l’accentuera ! Car c’est autant d’activités en moins pour les entreprises et les salariés. Pour faire face au ralentissement économique, l’État a, quant à lui, fait un choix clair : accélérer les investissements »
.

La manipulation utilisant François Fillon

À cela, il a fallu ajouter le blocus de la Région exécuté par Joël Mongin et quelques camionneurs dans l’impunité la plus totale ; la banderole insultant tous les élus réunionnais ; et l’opération escargot des mêmes camionneurs, escortés par les gendarmes jusqu’au champ de vision des caméras qui filmaient le Premier ministre pendant son discours. Tout cela avait un objectif : faire croire qu’il existait à La Réunion un sentiment de révolte contre les élus.
Les manœuvres durant la visite de François Fillon ont démontré qu’il existe à La Réunion des personnes se sentant intouchables à un point tel qu’elles pensent qu’elles peuvent se permettre de manipuler un Premier ministre pour défendre leurs intérêts.
À partir de là, il n’est guère étonnant que pour plomber la visite de Madame Penchard et le projet présidentiel de Nicolas Sarkozy, ces mêmes personnes n’ont pas hésité une seconde à utiliser la ministre pour servir leurs intérêts personnels. Le résultat, ce sont les deux interviews publiées le jour de l’arrivée de Marie-Luce Penchard. À partir de là, plus personne ne parle de l’affectation en plus grand nombre des Réunionnais à des postes d’enseignants ou dans la haute administration de l’État à La Réunion. Il n’est plus question également de débattre sur les conditions du développement endogène, ou sur la nécessité d’ouvrir un nouveau cycle historique. La raison en est bien simple : ceux qui ont instrumentalisé François Fillon puis Marie-Luce Penchard sont contre le projet de Nicolas Sakozy, car ils veulent maintenir à tout prix La Réunion dans le statu-quo du sous-développement. Ils sont contre tout changement, même quand il est inspiré par une idéologie qu’ils sont censés servir.
C’est de la misère qu’ils pensent tirer leur petit pouvoir et leurs privilèges. En 1946, il existait à La Réunion des personnes qui étaient pour le maintien de la colonie car elles ne voulaient pas l’école pour tous, le droit du travail, la sécurité sociale et l’impôt sur le revenu. Qui se souvient d’elles aujourd’hui, mises à part les poubelles de l’Histoire ?

Manuel Marchal


Des phrases que certains veulent à tout prix faire oublier

« Nos Outre-mers nous rappellent combien la France a une identité plurielle. L’universalisme de notre Pays n’est rien d’autre que le fruit de ce constant métissage ».

« La nécessité d’ouvrir ce qu’on pourrait appeler un nouveau cycle historique marqué par une relation rénovée avec la métropole est indispensable. Il y a une aspiration puissante à un mieux-être que traduit aujourd’hui la revendication d’un modèle économique endogène susceptible de favoriser la création de richesses et d’emplois locaux ».

« Plus d’égalité des chances, c’est un Etat local qui ressemble davantage à la diversité du territoire dont il a la charge. Ne nous voilons pas la face : la situation ne s’est pas améliorée, elle s’est dégradée, et quiconque a déjà assisté à une réunion en Préfecture Outre-mer ne peut qu’être frappé par la réalité qui s’offre à son regard. Pour tout dire, on n’est pas très loin de la caricature ».

Ces trois paragraphes sont trois extraits du discours prononcé par le président de la République à l’Élysée le 6 novembre, à la sortie du Conseil interministériel.
Pour certaines personnes issues pourtant du même camp que Nicolas Sarkozy, ces phrases sont insupportables à entendre. Cela explique pourquoi deux semaines après ce discours, une formidable manipulation a instrumentalisé la ministre de l’Outre-mer. L’objectif est de discréditer le projet présidentiel, afin de maintenir à tout prix le statu-quo.


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