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Qui en veut à Air Austral ?

Alors que le progrès de cette compagnie est une exception dans un secteur en crise

Geoffroy Géraud-Legros / 6 avril 2010

Malgré un contexte défavorable, la compagnie réunionnaise a continué de progresser, et pose les fondements d’un service aérien enfin accessible à un grand nombre de Réunionnais. De quoi inquiéter les monopoles et tous ceux qui s’opposent au décollage de La Réunion.

Air Austral a aujourd’hui un rayonnement inégalé dans l’histoire de l’aviation civile réunionnaise. En 1998, elle était cantonnée à la desserte régionale en correspondance avec Air France. Depuis 2002, elle assure des trajets quotidiens entre l’Hexagone et La Réunion, la compagnie régionale a récemment ouvert des lignes vers l’Australie et la Nouvelle-Calédonie. Air Austral a de surcroît assuré la desserte ponctuelle de la Chine, et vise aujourd’hui à établir des relations régulières avec l’Asie et entre les Comores et la France. La dynamique s’est accélérée avec l’acquisition par la compagnie de deux Airbus A-380. Un élan qui contraste avec le bilan des grandes compagnies qui occupent le ciel réunionnais : Air France et son partenaires Air Mauritius, ainsi que Corsair (voir encadré).

Démarche d’intérêt général

A l’inverse des usages de plus en plus répandus qui réservent un espace grandissant à la clientèle de luxe, Air Austral a annoncé son intention de supprimer les premières classes, afin d’employer au mieux la capacité des appareils. But de l’opération : assurer le déplacement du plus grand nombre à des prix accessibles. La compagnie a ainsi en vue de garantir des vols de 840 personnes à tarif unique, entraînant une baisse de 30% des prix des billets. Le choix des A-380, plus gros porteurs et proportionnellement moins dépensiers en carburant, rencontre également la nécessité de construire un développement durable dans notre aire, et de participer à l’effort planétaire dans ce domaine. Cette stratégie de développement à dimension environnementale et sociale était soutenue par la Région Réunion, profondément engagée au côté de la compagnie réunionnaise. Un partenariat qui a porté ses fruits : il y a deux mois, Air Austral passait pour la première fois devant Air France en termes de parts de marché sur la liaison La Réunion-Paris.

Offensives contre la compagnie réunionnaise

Mais dans l’Outre-mer, les monopoles n’aiment pas être bousculés… et leurs intérêts rencontrent ceux qui, par idéologie, par ressentiment ou par intérêt, s’appliquent à enrayer le décollage du pays. Face à la montée d’Air Austral, on a vu apparaître une série d’individus qui, derrière des prétentions "citoyennes", ont en réalité cherché à semer le discrédit sur la compagnie réunionnaise.
Le plus visible d’entre eux est bien entendu le déplorable Antoine Franco, fondateur du collectif "Coll’Air", ennemi acharné de tout ce qui ressemble de près ou de loin à une initiative réunionnaise. Malgré une condamnation pour diffamation envers Air Austral, cet individu n’a eu de cesse d’attaquer systématiquement la compagnie, s’en prenant au passage sur le mode ordurier au Président de la Région Réunion.
Aucune des initiatives prises par Antoine Franco n’a connu le moindre succès : appel à des charters, tentative démesurée d’installer “sa” ligne… toutes ces tentatives mégalomanes et mal ficelées ont piteusement échoué. Non, d’ailleurs, sans soulever l’indignation et les critiques des membres de ces collectifs, qui n’ont pas manqué d’en dénoncer — au mieux — la gestion erratique.

Un avenir assombri par l’élection de Didier Robert

Force est pourtant de constater que ces détracteurs ne valent guère mieux qu’Antoine Franco. Ainsi, Fabienne Couapel-Sauret, elle aussi engagée « contre » tous les projets — tram-train, MCUR —, ne ménageait pas ses critiques envers le "président" de Air Austral, à une époque où en plus de son activité auprès d’Antoine Franco, elle secondait Jean-Paul Virapoullé et se présentait comme « avocate » aux yeux de la société réunionnaise.
Passée opportunément à Didier Robert peu avant le scrutin, l’ancienne conseillère municipale UMP de Béziers est aujourd’hui l’avant-dernière vice-présidente de Région. Selon des sources proches de la nouvelle majorité régionale, Fabienne Couapel-Sauret lorgnerait à son tour vers la compagnie qu’elle tentait pourtant hier encore de faire échouer par collectifs interposés. Voilà qui augure mal de l’avenir pour ce fleuron du développement de La Réunion… d’autant que personne ne nourrit d’illusion quant à la compétence de Mme Couapel-Sauret en la matière.
Cette série d’attaques contre la compagnie n’est qu’un aspect du problème fondamental qui se pose à la société réunionnaise : les Réunionnais pourront-ils prendre en main la responsabilité de la construction de leur pays, ou la vieille structure coloniale va-t-elle peser indéfiniment sur les efforts de développement ?

Geoffroy Géraud-Legros 


Air France et Corsair : des difficultés

Les deux principaux concurrents d’Air Austral ne sont pas sur la dynamique de progression de la compagnie réunionnaise

• Air France : 245 millions d’euros de pertes

Voici l’état décrit par Air France lors de son communiqué relatif à son dernier exercice fiscal :
« Au total, le groupe Air France-KLM a généré une perte d’exploitation comparable à celle de l’année précédente (-245 millions d’euros) malgré une baisse de 16% du chiffre d’affaires à 5,2 milliards d’euros.
Contrairement aux trimestres précédents, l’impact négatif des couvertures pétrole antérieures à 2009 a été très limité(34 millions d’euros). Le résultat net, bien que négatif de 295 millions d’euros, est en nette amélioration par rapport au 3ème trimestre 2008-09 en perte de 508 millions d’euros. »

• Corsair : réduction des capacités

Selon une information non démentie du "Figaro" du 24 mars dernier, Corsairfly travaille à un plan de réduction des coûts. La filiale du groupe allemand TUI envisage de remplacer ses Boeing 747 par des Airbus A330 plus petits. Ce changement de matériel s’accompagne d’un changement structurel dans la nature de la compagnie.
Corsairfly veut recentrer son activité sur les Antilles et La Réunion, ce qui pose la question de la poursuite de ses autres dessertes dans le monde. Ce changement structurel s’accompagnera d’une réduction d’effectif dont les modalités ne sont pas définies.


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