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Qui refusera aux Comores l’organisation des prochains Jeux des îles ?

À la veille de la cérémonie de clôture, la décision doit être prise alors que les Comores et Madagascar se sont retirés de l’édition en cours

Manuel Marchal / 8 août 2015

Le drapeau des Jeux des îles de l’océan Indien sera-t-il remis demain au gouvernement des Comores ? La tradition veut en effet que le pays hôte transmette le flambeau au prochain organisateur. Mais la politisation des Jeux des îles voulue par le gouvernement français a amené le départ de la délégation des Comores et l’émergence d’une candidature alternative pour les Jeux de 2019. Le gouvernement français a gâché les Jeux organisés à La Réunion en les instrumentalisant à des fins politiques. Cet état d’esprit va-t-il réussir à vaincre la solidarité entre les peuples de notre région ?

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Les jeunes Comoriens se font une joie d’accueillir leurs amis des îles de l’océan Indien.

C’est aujourd’hui, veille de la cérémonie de clôture, que doit être désignée la prochaine île qui accueillera les Jeux des îles de l’océan Indien de 2019. La décision devait être prise jeudi, elle a été reportée. Entre temps, la présidence de la République de Madagascar a annoncé le retrait de la Grande île des 9e Jeux des îles. Ce choix s’est fait « au vu des événements et traitements subis par la délégation malgache », indique les services de la présidence.

Après les Comores qui ont quitté les Jeux lundi, et Madagascar qui a choisi de faire de même hier, la réunion d’aujourd’hui se passera donc dans un contexte très particulier.
Avant ces Jeux, les Comores avaient fait part de leur intention d’organiser les prochains Jeux des îles. Les chances de voir accepter cette candidature sont d’autant plus grandes que les Comores sont, avec les Maldives, le seul pays qui n’a jamais organisé les Jeux des îles. La Réunion les a déjà accueillis trois fois, Maurice, Madagascar et les Seychelles deux fois.

Si tel était le choix du Comité international des Jeux, alors le drapeau des Jeux serait remis par La Réunion aux Comores lors de la cérémonie de clôture demain. En conférence de presse mardi, le Comité olympique des Comores a dit que le pays est toujours intéressé, et que s’il était choisi les prochains Jeux se déroulerait avec l’application conforme de la Charte décidée par le mouvement sportif.

Paris a choisi de politiser les Jeux

Mais depuis le mois de juin, la France a montré sa volonté de politiser les Jeux des îles. De passage à Mayotte, Manuel Valls, Premier ministre, avait dit qu’il trouvait normal que les Mahorais défilent derrière le drapeau français. Le pouvoir politique français a donc publiquement remis en cause la Charte des Jeux des îles, le texte sur lequel tous les sportifs s’étaient mis d’accord, et qui constitue la base du fonctionnement du plus grand rendez-vous sportif de notre région.

Alors que les Jeux n’avaient pas encore débuté, plusieurs délégations ont fait part de leurs difficultés à obtenir un visa pour tous les athlètes invités. Les autorités françaises imposent en effet à tous nos voisins, à l’exception de Maurice, l’obligation d’avoir au préalable un visa délivré par la France pour entrer à La Réunion. Le 28 juillet, le PCR a affiché sa solidarité avec les victimes des tracasseries administratives et a appelé à la raison. Mais à la veille de la cérémonie d’ouverture, des joueurs des équipes des Comores et de Madagascar n’étaient pas tous en possession du document. Les deux équipes ont donc choisi de ne pas participer aux matchs. Le lendemain, la France s’est engagée à régler dans la journée ce problème. Cela a permis de pouvoir organiser la cérémonie d’ouverture le samedi 1er août. C’est là qu’est survenu l’événement décisif.

Les Comores contraintes de se retirer

À la surprise générale, Mayotte ne défile pas derrière le drapeau des Jeux comme le prévoit la Charte, mais derrière celui de la France. Les sportifs comoriens décident de quitter immédiatement le stade. La fête était gâchée. Quelques instants plus tard, Patrick Kanner, ministre des Sports, répète ce qu’avait dit deux moins plus tôt le Premier ministre : les Mahorais ont droit au drapeau et à l’hymne français. Quant à la Charte, elle doit « évoluer » pour prendre en compte un nouveau statut de Mayotte qui n’est pourtant pas reconnu dans le droit international, et par les autres États participants.

Le 6 juin, un communiqué de Club Réunion, la délégation de La Réunion aux Jeux des îles, avance une responsabilité : « la préfecture de La Réunion a donné l’ordre de faire défiler, Mayotte, avec le drapeau français lors de la cérémonie d’ouverture ». C’est donc la France en tant que pouvoir politique qui est accusée d’être intervenue pour pousser les organisateurs à ne pas respecter la Charte des Jeux.

La démarche des sportifs comoriens a amené le samedi 1er aout la tenue d’un Conseil des ministres extraordinaire aux Comores qui a décidé ceci : retrait des 9e Jeux des îles, rappel de l’ambassadeur des Comores en France, convocation de l’ambassadeur de France aux Comores.

Pour tenter de sauver cette édition, les voisins de La Réunion font mardi une proposition : ne plus lever de drapeaux et jouer d’hymne nationaux lors des remises de médailles. Seuls le drapeau et l’hymne des Jeux seront utilisés.

Madagascar quitte les Jeux

C’est peu après qu’intervient un nouvel incident. Le drapeau malgache est pris à une athlète qui montait sur le podium puis froissé. Les images provoquent un scandale à Madagascar qui demande des excuses officielles. L’affaire remonte jusqu’au gouvernement, et le ministre des Affaires étrangères publie un communiqué à ce sujet.
L’émoi est d’autant plus grand que les athlètes mahorais et réunionnais montrant le drapeau français sur les podiums ne sont pas traités de manière aussi ferme, c’est le moins que l’on puisse dire. Finalement, les excuses du CIJ sont acceptées.

Mais jeudi, deux faits très grave ciblant la délégation malgache se sont déroulés. Des jeunes femmes de l’équipe de judo sont agressées près du village des Jeux. Le ministre malgache des Sports et le Consul de Madagascar à La Réunion se voit interdire l’accès à une tribune où ils souhaitaient rencontrer les athlètes. Cette accumulation a amené hier soir le président de la République à retirer Madagascar de ces Jeux des îles.

Non aux JFOI ! Oui aux Jeux des îles de l’océan Indien

Deux délégations sur sept se sont retirées. Deux autres avaient failli partir au lendemain de la cérémonie d’ouverture. Voilà le résultat de la politisation des Jeux des îles voulue par le gouvernement français. C’est dans ces conditions qu’une réunion est prévue aujourd’hui pour décider de l’attribution des prochains Jeux des îles. À l’annonce du retrait des Comores pour cette édition, une candidature alternative aux Îles de la Lune pour les Jeux 2019 est arrivée. Elle ferait sans doute bien les affaires de la France, car il est certain qu’aux Comores, la Charte sera appliquée et donc les Mahorais ne défileront pas derrière le drapeau de la France.

Dans son éditorial d’hier, Témoignages avait dit qu’il ne fallait pas que les Jeux des îles (JIOI) se transforment en Jeux de la France de l’océan Indien (JFOI), soit des Jeux où la France, pays situé à 10.000 kilomètres, fixe les règles. Ce point de vue est partagé, notamment par la presse mauricienne, qui dit que ce n’est pas à un ministre français de décider de l’avenir des Jeux.

Aux réserves avancées par ceux qui disent que les Comores n’ont pas les moyens d’organiser les Jeux, Témoignages a répondu que la solidarité permettra de régler toutes ces questions. Il ne fait guère de doute que le peuple comorien sera à l’heure du plus grand rassemblement de la jeunesse de l’océan Indien. Comme toujours, c’est le rassemblement des bonnes volontés qui peut faire avancer ensemble les pays de notre région. Le gouvernement français a gâché les Jeux organisés à La Réunion en les instrumentalisant à des fins politiques. Cet état d’esprit va-t-il réussir à vaincre la solidarité entre les peuples de notre région ?



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  • La République islamique des Comores ne devrait pas recevoir le droit d’organiser les prochains jeux des îles de l’océan Indien tant qu’elle s’opposera au défilé des mahorais sous le drapeau français . Ce qui s’est produit au cours de ces 9eme JIOI devrait servir de leçon aux responsables de cette rencontre sportive internationale .
    Tout le monde sait que l’histoire a tendance à se répéter et souvent dans des situations et avec des conséquences encore plus dramatiques que pour les séquences précédentes .
    Autoriser dès maintenant la République des Comores à organiser les prochains JIOI sans avoir la garantie qu’elle traitera les mahorais comme des français , c’est envoyer les sportifs mahorais et peut être certains réunionnais à" l’abattoir" . Car on sait bien où peuvent conduire la volonté de revanche et de vengeance lorsqu elle anime des personnes qui ne veulent pas respecter les droits fondamentaux applicables à tous les humains où qu’ils soient .

    Les Comoriens ont beaucoup de mal à accepter la sécession politique de l’île de Mayotte avec l’archipel des Comores . Cela fait déjà plus de 35 ans qu’ils réclament le retour de Mayotte au sein de la République des Comores , et ils continueront de le réclamer encore longtemps tant qu’ils ne seront pas convaincus qu’ils ne peuvent pas s’opposer à la volonté du peuple mahorais exprimée librement de préférer son rattachement à la France.

    C’est vrai qu’ils s’appuient sur les décisions de certaines organisations internationales , qui font de l’archipel des Comores composé par les quatre îles : Moeli , Grande Comore ,Anjouan et Mayotte une unité térritoriale sur laquelle les autorités Comoriennes ont un droit de souveraineté reconnu par le droit international. Mais Comme je l’ai déjà signalé dans une autre intervention , le principe du respect de l’intégrité territoriale ne peut primer sur le droit fondamental d’un peuple de décider de son propre destin. C’est souvent en application de ce principe que les frontières ont été modifié pour donner naissance à de nouveaux pays. Ce principe de l’intégrité territoriale développé et appliqué essentiellement pendant la période de décolonisation avait essentiellement pour but d’empêcher le dépeçage de certaines nations au profit d’autres nations contre la volonté des populations concernées et non pas de les maintenir malgré elles dans une entité politique à laquelle elles ne voulaient plus appartenir .

    L’organisation des nations unies réunit actuellement dans son sein près de 250 Etats dont les frontières n’ont pas toujours été déterminées après une consultation populaire , mais c’est malgré tout, pour la plupart des pays membres, sur la base du consentement des populations concernées que s’est dessinée la carte du monde actuelle .

    La volonté des mahorais a été exprimée clairement en 1976 à une majorité de plus de 63% des suffrages exprimés lorsqu’ils ont décidé de refuser leur rattachement à la république de Comores , et cette volonté a été renouvelée presque à l’unanimité en 2009 lorsqu’ils ont accepté la départementalisation qui leur était proposée par la France . Si on pouvait mettre en doute leur choix de devenir français pendant quelques temps , ce temps de probation est maintenant terminé . Et aujourd’hui ,non seulement les Comoriens , mais aussi les organisations nationales qui les soutiennent doivent comprendre que la volonté du peuple mahorais est devenue indéfectible et qu’il faut bien maintenant accepter ce qu’elle a décidé . Ceci d’autant plus qu’un retour de ces derniers dans la République des Comores pourrait être considéré comme une descente aux enfers, s’ils arrêtaient de bénéficier du soutien et de la solidarité que la France accorde à tous ceux qui appartiennent à la nation française dans le monde.

    Si la République des Comores veut organiser les prochains JIOI , il me parait primordial qu’elle montre qu’elle accepte maintenant l’appartenance de Mayotte à la France . Faute de quoi les mahorais seraient en droit de ne pas participer à ces prochains jeux . Ce ne serait "qu’un prêté rendu " , mais cela me parait indispensable si on veut assurer la protection des français réunionnais ou mahorais qui voudraient participer aux prochains jeux .

    La meilleure solution, à mon avis , serait que tant que la République des Comores n’aura pas reconnu officiellement les Mahorais comme français elle ne devrait pas avoir la responsabilité d’organiser des JIOI sur son territoire.

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  • L’Union des Comores va organiser les prochains Jeux des îles, c’est ce que le Comité des Jeux a décidé. M. Ben Ali a dit que lors des prochains Jeux aux Comores, la charte des jeux sera respectée. Peut être aura-t-elle changé, peut-être sera-t-elle la même, mais aux Comores, la règle sera respectée. Alors de grâce M. Maillot, cesser d’insulter le peuple comorien. Il saura accueillir tout le monde, y compris la délégation de Mayotte. Et je peux parier avec vous que personne n’aura de problème de visa.
    Enfin, cessez aussi de mêler sport et politique car si on suit votre raisonnement, on peut se demander pourquoi la Réunion a accueilli 3 fois les jeux des îles depuis 1979, car depuis 1976, la France occupe illégalement l’île de Mayotte, c’est ce que dit l’ONU, l’Union africaine, les pays voisins et j’en passe. Oui, trois fois, donc à trois reprises, les pays des jeux des îles, y compris les Comores, ont accepté que les jeux se tiennent à la Réunion, dont le lien avec la France est bien connu. S’ils avaient mélangé sport et politique, auraient-ils accepté cela ?
    Fort heureusement, ils nous ont montré que le sport est capable d’aller au-dessus de tout cela, dommage que Messieurs Valls et Kanner aient oublié cela, ils sont les responsables des incidents. Comme vous le dites si bien, "que cela serve de leçon"

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  • Monsieur Michel Robert, Ce forum est modéré et ne publie pas des insultes . j’attire seulement l’attention des responsables des JIOI sur les risques qu’ils prennent en permettant à la République islamique des Comores d’organiser les prochains sans avoir la garantie , qu’il n’y aura pas de scandale à propos de la participation des Français mahorais ou réunionnais par ce que elles ne digère toujours pas que l’ile de Mayotte ait décidé de restée attachée à la France.
    Je n’insulte personne , mais peut être que votre perception du bien et du mal est erronée . Cela arrive souvent quand ceux qui sont en charge de l’éducation et de l’instruction des enfant n’arrivent pas à leur apprendre à distinguer ce qui est bien du mal . Quand cela arrive à des enfants on peut toujours essayer de limiter la casse et de redresser le cap . Mais hélas quand l’arbre a poussé , il est trop tard . A ce moment là on est obligé de faire avec . Dans chaque forêt il y a des arbres tordus . ils ne peuvent pas être utilisés pour faire de beaux meubles ou de belles maison mais ce n’est pas pour cela qu’ils sont jetés . On ne sait jamais il y a des artistes qui peuvent faire des merveilles avec du bois tordu et quand il fait froid le feu fait de la chaleur aussi bien avec du bois tordu qu’avec des planches . L’essentiel est que le bois tordu ne ne pourrisse pas quand même .

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  • C’est dommage que le comité d’organisation des jeux ait décidé si rapidement d’autorisé la république islamiques des Comores d’organiser les prochains JIOI. Il aurait prendre un peu de recul par rapport aux évènements qui se sont produits au cours de ces 9eme Jeux avant de prendre sa décision . En tout cas il aurait pu attendre que l’on ait trouvé une solution au problème du drapeau qui a été à l’origine des incidents qui ont eu lieu au cours de ces derniers jeux .
    Mais ce qui est décidé est décidé et il ne faut pas revenir sur la décision prise . Cependant cela ne devrait pas empêcher les responsables de tirer les leçons de tout ce qui vient de se passer et de veiller à ce que les causes des incidents de ces derniers jeux soient supprimées . C’est ce que l’on fait dans les entreprise lorsqu’il y a un accident . On établit l’arbre des causes, et on modifie les processus et les procédures de manière que les mêmes choses ne produisent pas les mêmes effets.
    Je leur souhaite bon courage car la tâche sera ardue , et bonne chance car même les meilleures volontés du monde peuvent échouer là où le Diable s’en mêle . Les mahorais sont sur le chemin du paradis, un paradis auquel aspirent des millions de personnes qui vivent dans la misère et qui risquent leur vie pour y arriver , peuvent ils vraiment choisir redescendre en enfer ? J’en doute, mais si le diable s’en mêle cela se pourrait bien si on ne fait rien pour lui barrer la route .

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