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Qui veut casser la ligne défendue par Nicolas Sarkozy pour l’Outre-mer ?

Nouvelles manœuvres des partisans de la logique de l’affrontement

Manuel Marchal / 9 octobre 2009

Trois jours après la défaite politique de la lignée de l’affrontement institutionnel, des policiers exercent une sévère répression à Saint-Louis. Qui donc a intérêt à casser la ligne prônée par Nicolas Sarkozy ?

L’amplification brutale de la crise dans l’Outre-mer a amené le président de la République a intervenir directement dans ce dossier. Il lance les États-généraux de l’Outre-mer et met tout le monde au pied du mur : Paris attend des propositions.
On a vu qu’à La Réunion, le Premier ministre est venu au Tampon participer à une rencontre avec les présidents des ateliers. Le lieu de cette rencontre apparaissait contraire à toute logique, sauf à celle du sectarisme partisan qui a inspiré les responsables du programme du Premier ministre. En effet, Didier Robert n’a rien proposé lors des États-généraux. Il a d’ailleurs clairement affiché son opposition à cette concertation quelques semaines plus tard quand les élus de la Région et du Département se sont réunis pour discuter au lendemain de la présentation de la synthèse des ateliers locaux.
Le 29 juillet, Didier Robert a interdit aux conseillers généraux du groupe UMP de participer à une réunion conjointe du Conseil général et de la Région portant justement sur la concertation lancée par le président de la République. Ce diktat imposé par Didier Robert ne manque pas de susciter l’étonnement des élus UMP du Conseil régional. Dans un courrier adressé au député-maire du Tampon et membre du Conseil national de l’UMP, ils déclarent ceci : « il nous semblait plus productif que nos groupes fortement représentés puissent défendre ses valeurs sur un dossier voulu par le président de la République et pour lequel le Premier ministre a encore récemment marqué son intérêt, en venant personnellement à La Réunion assister à un point d’étape ».
Deux mois plus tard, les quatre candidats soutenus par Didier Robert sont sévèrement battus. Ils étaient pourtant soutenus par deux missionnaires de l’UMP et un du Nouveau centre. Et les propos d’Éric Raoult sur Saint-Paul situaient clairement leur soutien à la ligne de l’affrontement imposée par Didier Robert. Tout le monde a pu constater l’échec cuisant de cette stratégie dimanche dernier. Force est de constater que certains refusent de voir la réalité et persistent dans cette voie de l’affrontement. La conséquence, ce sont les violences policières de Saint-Louis. Ceux qui ont inspiré de tels actes sont en totale contradiction avec la ligne défendue par le président de la République. Est-ce une volonté délibérée de casser la stratégie mise en œuvre par le président de la République dans l’Outre-mer ?

M.M.


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