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« Ras le cul de ton cumul » !

Le ministre de l’Intérieur démissionne volontairement de son siège de maire

Céline Tabou / 6 juin 2012

Le mot d’ordre de l’Alliance des Jeunes pour la Formation et l’Emploi à La Réunion aura été entendu jusqu’à l’Elysée. Manuel Valls, actuel ministre de l’Intérieur, a décidé de ne pas cumuler les mandats. Il a démissionné de son siège de maire de la ville d’Evry et sera remplacé par son premier adjoint socialiste Francis Chouat, élu dimanche 3 juin.

Devenu une règle à Gauche, le non-cumul des mandats est un principe appliqué par de nombreux dirigeants politiques. Le ministre de la Ville, François Lamy, a quitté son poste de maire lors d’un conseil municipal extraordinaire de Palaiseau dans l’Essonne. A La Réunion, Maurice Gironcel et Jean-Yves Langenier ont annoncé leurs intentions.
Le non-cumul de mandat est une règle imposée dans la charte déontologique signée par les 34 membres du gouvernement lors du premier Conseil des ministres, le 16 mai 2012. Celle-ci indique que « les membres du gouvernement consacrent tout leur temps à l’exercice de leurs fonctions ministérielles. Ils doivent, de ce fait, renoncer aux mandats exécutifs locaux qu’ils peuvent détenir ».

Une mesure bien accueillie

Selon une enquête IFOP pour "Acteurs publics", le non-cumul des mandats imposé aux ministres par François Hollande est apprécié des Français, de toutes catégories et toutes tendances politiques confondues. 92% approuvent l’engagement pris par le chef de l’État d’interdire à un député ou à un sénateur de cumuler ses fonctions avec un mandat exécutif local (maire, président de Conseil régional, de Conseil général, de communauté de communes, de communauté urbaine, etc.), a expliqué le site "Acteurs publics".
Le non-cumul de mandat met en avant une nouvelle gouvernance, voulue par une large majeure partie de la population. En effet, la multiplicité des mandats empêche l’élu d’être présent pour ses administrés, entrainant une lourdeur administrative, une méconnaissance des problèmes et du territoire de l’élu, mais aussi une nuisance pour la démocratie. En effet, face au chômage croissant des jeunes et des femmes, « une personne, un mandat, une indemnité » offrirait la possibilité aux jeunes et aux femmes d’être représenté dans les instances de décisions et de répondre aux demandes d’emploi de ces derniers.
En novembre 2011, l’Alliance des Jeunes pour la Formation et l’Emploi à La Réunion pointait du doigt le cumul de mandat des élus réunionnais. D’après l’étude, au Parti Socialiste, 92% des postes sont occupés par des élus cumulards, à la Droite sociale, 80% sont en situation de cumul, 75%, l’UMP et 67% le PCR. Aujourd’hui, la possibilité d’une application du non-cumul de mandat devrait redonner sens à la démocratie, d’autant plus que selon Laurent Bach, cité par le sociologue Eric Kesslassy, sur le site "Arik.com", « 83% des députés français possèdent un mandat local contre seulement 35% en Suède, 24% en Allemagne, 20% en Allemagne, 7% en Italie, ou encore 3% au Royaume-Uni… »

Céline Tabou


Kanalreunion.com