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Régionales : François Hollande réduit les marges de manœuvre

Les collectivités invitées à réduire les dépenses de personnel

Manuel Marchal / 20 octobre 2015

Invité hier dans la matinale de RTL, François Hollande a confirmé que les collectivités devront réduire leurs dépenses. Il leur propose de baisser leurs charges de fonctionnement afin de préserver l’investissement. À La Réunion, cet appel peut-il être entendu par les candidats aux régionales ?

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Hier, le président de la République a lancé la Conférence sociale annuelle. Ce grand rendez-vous est marqué par l’absence de la CGT, qui montre ainsi clairement son désaccord avec la politique du gouvernement. Avant cet événement, le chef de l’État était invité à s’exprimer sur les ondes de RTL. Dans son interview, il a accordé un chapitre à la situation financière des collectivités. Ces dernières doivent faire face à un plan pluriannuel de baisse des subventions de l’État, alors que les services rendus par les collectivités ne suivent pas la même tendance.

Cela a entraîné un mouvement de protestation des maires, et des motions adressées par les Départements au gouvernement. Plusieurs d’entre eux ne pourront plus payer le RSA à la fin de l’année.

Sur RTL hier, François Hollande a répondu aux inquiétudes en utilisant ces mots : « Je demande aux maires, qui sont des êtres responsables, des citoyens qui ont le sens de l’intérêt général (…) d’assurer qu’on puisse faire des économies sans remettre en cause l’investissement ». Et de préciser que « quand l’État fait des économies, il ne fait pas des économies sur l’investissement, il fait des économies sur le fonctionnement ».
« L’État ne peut pas être seul », a-t-il ajouté. « Les collectivités locales doivent faire des efforts ».

Nouvel argument pour le péage de la NRL

À moins de deux mois des élections régionales, François Hollande annonce ce qui attend les prochains dirigeants des Régions. Ces derniers ne devront pas compter sur un soutien supplémentaire de l’État. Les conséquences sont de deux ordres.
Tout d’abord, c’est la quasi-certitude qu’il ne faudra pas compter sur l’État pour mettre la main à la poche en cas de dépassement du coût initial de la route en mer, dite nouvelle route du littoral. Autrement dit, la Région Réunion devra se débrouiller. Le projet de péage dans les cartons de la mairie de Saint-Denis dirigée par Gilbert Annette tombe donc à pic. Ce système oblige les Réunionnais à payer sans autre alternative pour entrer à Saint-Denis. Depuis que ce projet a été rendu public, jamais Huguette Bello ne s’est démarquée de Gilbert Annette en prenant position contre le lancement d’une étude par la mairie de Saint-Denis. Elle est donc pour le péage. Si jamais le projet de Didier Robert était poursuivi, alors les Réunionnais savent ce qui les attend.

Ensuite, c’est la crise financière des collectivités réunionnaises. Le président de la République demande de trancher dans les dépenses de fonctionnement plutôt que dans les investissements. À La Réunion, seulement 20 % des agents des communes sont titulaires. La proposition de François Hollande signifie que les 80 % qui rêvent de la titularisation n’ont pas d’illusion à se faire. Car si les communes sont invitées à réduire leurs dépenses de personnel, ce n’est pas pour faire payer des embauches avec 53 % de prime de vie chère par une hausse des impôts car l’État ne sera plus là comme avant.

Faire plus avec moins

En intervenant sur le sujet des collectivités territoriales à moins de deux mois des élections, il a prévenu les candidats que les marges de manœuvres se réduisent. Les Régions devront donc faire autant sinon plus, du fait de nouveaux transferts, avec moins.

L’heure des vaches grasses qui ont inspiré des décisions telles que le projet de la NRL est bien révolu. La politique d’austérité s’appliquera donc aussi dans les Régions, c’est bien ce qu’a fait comprendre le chef de l’État lors de son intervention à la radio.


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