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Réglementation et patrimoine doivent être respectés aux Orangers

La NRL revient au centre du débat

Témoignages.re / 17 juillet 2015

Voici des extraits du dossier transmis hier aux médias par le collectif Chipek.

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Plan du projet de carrière et de la zone qui a fait l’objet d’une prospection par le collectif Chipek.

« Le collectif Chipek est une association de naturalistes réunionnais dont l’action bénévole et indépendante est mobilisée pour s’assurer de la bonne la prise en compte des enjeux écologiques dans les projets de développement de La Réunion. Son objectif principal est la préservation du patrimoine naturel et de la biodiversité de l’île pour les générations actuelles et futures de réunionnais.

La lecture du dossier de demande d’autorisation pour l’exploitation, par l’entreprise Lafarge, d’une carrière de matériaux alluvionnaires aux Orangers et plus précisément du volet naturel de l’étude d’impact (pages 343-444) soulève un certain nombre d’interrogations et un grand étonnement de la part de notre collectif d’experts.
De prime abord, les enjeux flore semblent clairement sous-estimés pour ce type de milieu (à dires d’expert) et certains enjeux faune (notamment ceux liés à la présence avérée du Gecko Vert de Bourbon (Phelsuma borbonica) semblent avoir été « oubliés ».

De ce constat, une visite du site d’étude a été réalisée début juillet 2015 afin de confronter les doutes du collectif sur la représentativité du volet de l’étude d’impact du projet avec les enjeux et sensibilités réelles observables sur site.

Quatre membres du collectif ont été mobilisés sur le terrain pendant une demi-journée.
La visite a été réalisée début juillet, période de l’année qui n’est pas la plus favorable, sur ce type de milieu, pour l’observation de la faune et de la flore.

La prospection a été réalisée de manière opportuniste, l’objectif étant de parcourir un maximum de surfaces et de détecter d’éventuelles espèces floristiques patrimoniales. Les zones cultivées ont été évitées volontairement du fait de leur plus faible potentialité. La carte placée en annexe situe la zone couverte par notre prospection et nos observations.

La zone prospectée n’est donc pas exhaustive. Elle demeure relativement peu étendue par rapport à la zone d’étude globale. Seule une partie des zones boisées susceptibles de présenter un enjeu a été visitée.

Notre brève prospection du site a néanmoins été suffisante pour remettre en cause la pertinence et la représentativité des résultats de l’étude fournie par la société Lafarge. La visite de notre collectif aura en effet permis, malgré un échantillonnage limité, de constater la présence, parfois localement abondante, de stations d’espèces protégées et en voie de protection, non mentionnées par le document d’incidence de la société Lafarge.

Le constat réalisé suite à nos prospections non exhaustives sur le site est donc très alarmant. Sur les 53 espèces indigènes (relevées en quelques heures, cf. annexe 2), 36 ne sont pas mentionnées dans l’étude d’impact (près de 70 % des espèces relevées I). En outre, l’ensemble des taxons vulnérables, protégées ou en voie de protection n’a pas été mentionné…

Conclusion

L’étude d’impact du projet de carrière des Orangers porté par la société Lafarge, et plus particulièrement le volet « Milieu Naturel », souffre de nombreux impairs et manques.

li apparaît très clairement que le document ne peut être convenablement pris en référence pour la définition des enjeux environnementaux présents sur le site.
Que ce soit sur la partie flore ou la partie faune, les enjeux du site ont été très manifestement sous-évalués et ne permettent donc pas d’apprécier les impacts réels du projet. Une visite rapide du site montre que la majorité des espèces indigènes végétales, et notamment l’ensemble des espèces protégées ou en voie de le devenir, n’a pas été mentionnée (soit 36 des 53 espèces relevées).

L’incidence, sur la biodiversité, du projet d’exploitation d’une carrière de matériaux alluvionnaires aux Orangers (Commune de Saint-Benoit), par l’entreprise Lafarge, est clairement bien plus importante que celle présentée par l’étude d’impact du projet.
Le respect de la réglementation nationale, du patrimoine naturel de l’ile de La Réunion et de ses habitants requièrent l’annulation immédiate de la procédure de demande d’exploitation engagée par la société Lafarge sur le site des Orangers dans l’attente d’une véritable évaluation et prise en compte des enjeux environnementaux et éventuellement d’une redéfinition du périmètre opérationnel de ce projet majeur d’extraction de matériaux. »


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