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Rejet de l’amendement pour le Congrès : la responsabilité des élus socialistes

Le gouvernement s’oppose à l’adoption de l’amendement de Paul Vergès sur l’instauration du Congrès

S.J. / 16 janvier 2015

Décidément, La Réunion est à contre courant de l’Histoire. Alors que tout bouge et que le gouvernement engage pour toute la France une vaste réforme des collectivités territoriales (fusions de régions, nouvelles compétences, suppression des Départements non ruraux en 2020 etc), certains acteurs politiques s’accrochent désespérément à un statu quo dont la mort est programmé.

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La moitié des Réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté : le système est bloqué. Des élus socialistes veulent-ils maintenir le peuple dans cette situation désastreuse en bloquant tout changement ? (photo Toniox)

L’amendement de Paul Vergès de doter La Réunion d’un Congrès, instance réunissant les élus du conseil régional et du conseil général afin de débattre de la meilleure gouvernance pour La Réunion et de partager une vision du développement de notre île, a en effet été rejeté mardi soir par le Sénat, suite à l’avis défavorable émis par le gouvernement. Or, c’est ce même gouvernement qui avait expliqué à l’occasion d’un premier examen de cette proposition dans un précédant projet de loi que « l’amendement du Sénateur Vergès devait trouver naturellement toute sa place dans le projet de loi portant nouvelle organisation territoriale de la République ».

D’où vient ce revirement ?

Comment expliquer ce revirement du gouvernement ?
Ce dernier a expliqué sa position défavorable par l’absence d’unanimité des élus à La Réunion.
Il est bien évident que le gouvernement a tenu compte en premier lieu de l’avis des représentants du Parti Socialiste à La Réunion, notamment des parlementaires socialistes réunionnais. Sur ce plan, notre confrère du journal de l’île relate l’opposition très nette du député socialiste Jean Claude Fruteau, hostile à toute réforme et à la proposition de Paul Vergès. Refuser aux élus de La Réunion la possibilité de débattre de l’efficacité de son organisation institutionnelle actuelle, refuser aux élus réunionnais le droit de faire valoir des propositions spécifiques, priver les élus réunionnais d’un cadre permettant l’élaboration d’un plan de développement adapté au territoire, comme l’a souhaité le président de la République, avoir peur de toute évolution alors même que toute la carte des régions en France va être bouleversée, c’est une position typiquement conservatrice.
Comment peut-on à ce point sacraliser le statu quo et se figer dans l’immobilisme alors que la situation économique et sociale actuelle est catastrophique et qu’elle dicte des changements sur tous les plans ?

À l’encontre de la vision du chef de l’Etat

Du fait de sa situation spécifique de région-monodépartementale, de Région ultrapériphérique de l’Europe, située dans l’océan indien dans un environnement géoéconomique en pleine évolution, il s’avère plus que jamais nécessaire de débattre des la stratégie et des moyens de notre développement.
Lors de son débat avec le CREFOM, le Président de la République François Hollande, s’était exprimé, pour les outremer, en faveur de plans de développement, territoire par territoire. À l’évidence, l’immobilisme du gouvernement à l’écoute des parlementaires socialistes réunionnais traduit un manque d’audace qui va à l’encontre de la vision exprimée par le Chef de l’Etat.
Pendant ce temps, La Réunion prend encore du retard…


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