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Remplacer le précaire par le durable avec deux grands services

Baisse de 75 % des contrats-aidés à La Réunion

Manuel Marchal / 3 août 2017

La décision du gouvernement de baisser de 75 % le nombre de contrats-aidés rappelle l’urgence de mettre en œuvre des propositions pour pérenniser l’emploi des travailleurs pour qui ces contrats sont la seule issue au chômage.

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La dernière session du Service public pour l’emploi régional s’est tenue le 23 février dernier. Elle a permis de détailler l’implication de l’État dans la lutte contre le chômage. À la date du 31 décembre 2016, « 44.000 mesures d’insertion et d’accompagnement (emploi d’avenir, CUI/CAE, CUI/CIE, CIVIS, Garantie Jeunes, plan d’urgence en faveur de l’emploi) ont été mobilisée. Pour toute l’année 2016, l’État a dépensé 286 millions d’euros « au titre de politique de l’emploi à La Réunion ». À cela s’ajoute 129 millions d’euros d’aide aux entreprises sous forme de CICE (crédit d’impôt). Ce dernier dispositif n’est pas conditionné à une contrepartie en termes de créations d’emploi.

Et de rappeler que « le maintien des taux de prise en charge financière par l’État des contrats CAE-CUI (taux compris entre 60 et 94 %) et des emplois d’avenir (taux dérogatoire pour La Réunion) du secteur non-marchand a permis de remplir les objectifs de réalisation des contrats aidés en 2016 ».

Dans le secteur marchand, les emplois aidés sont financés à hauteur de 25 à 45 % du SMIC brut horaire. « Cette aide passe à 45 % pour les CUI-Starter qui s’adressent aux jeunes de moins de 30 ans, sous condition d’éligibilité ».

Au 31 décembre dernier, 24.338 personnes étaient donc en cours de contrat aidés.

La cible : les travailleurs précaires

Ces chiffres donnent une idée des conséquences induites par la diminution de 75 % des contrats aidés. Cette décision est prise au moment où le gouvernement veut encore aller plus loin dans la diminution des subventions aux collectivités. Il prévoit une baisse de 13 milliards d’euros de la Dotation globale de fonctionnement. Comme son nom l’indique, la DGF sert au fonctionnement, c’est-à-dire au paiement des salaires des agents qui travaillent dans les collectivités. Or, les travailleurs en contrats aidés sont bien souvent embauchés par des collectivités. La baisse de l’enveloppe consacrée par l’État à cette mesure de solidarité, ajoutée à celle de la DGF va donc automatiquement amener à des suppressions de postes. Les victimes de cette décision seront les travailleurs les plus précaires.

Moins d’argent pour l’emploi que pour le CICE ?

Il est encore trop tôt pour connaître précisément les répercussions financières de la suppression de ces emplois. Ceci diminuera incontestablement les dépenses de l’État pour la lutte contre le chômage à La Réunion. Vont-elles se trouver au même niveau que la somme consacrée au CICE ? Une telle éventualité serait un symbole. Car le CICE est une mesure pour soulager la trésorerie des entreprises. Cette aide de l’État n’est pas conditionnée à la création d’emplois. C’est une différence fondamentale avec l’aide versée par l’État aux collectivités via les contrats aidés. Car si une collectivité n’embauche pas, elle n’a pas cette subvention.

Pour deux grands services

L’attaque portée par le gouvernement contre les plus pauvres replace sous les feux de l’actualité une des propositions du PCR : pérenniser les contrat-aidés grâce à la création de deux grands services d’intérêt public dans l’environnement et l’aide à la personne. Ce projet vise en effet à répondre à des besoins permanents, auxquels pourront répondre les travailleurs qui enchaînent actuellement les périodes de chômage et de contrat-aidés.

L’aide de l’État versée au titre des contrat-aidés servirait alors à amorcer le démarrage de ces services qui pourraient ensuite fonctionner grâce aux recettes qu’ils seraient capables de générer.

Une telle proposition a le mérite de mettre des travailleurs à l’abri des conséquences d’une politique d’austérité menée pour répondre à des préoccupations bien différentes des Réunionnais pour qui la priorité est l’emploi.

M.M.



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  • C’ est effectivement juste de rappeler les propositions du PCR s’ agRéunissant de la création de ces deux grands services concernant l’ environnement , dont la préservation a plus que grand besoin à La Réunion, quand on voit ce que l’ on est en train de faire de ce pays, et l’ aide à la personne. M’ étant exprimé sur cette question à la tribune du 9e Congrès du PCR et me sentant particulièrement concerné, je voudrais seulement souligner la nécessité à la fois sociale et éthique de la prise en compte des besoins en matière d’ aide à la personne : il suffit de considérer la situation de l’ aide sociale à l’ enfance, des femmes victimes de violences,d’ entendre ce qui se dit dans les groupes de parole des aidants familiaux de personnes âgées dépendantes et de personnes handicapées pour se convaincre de l’ absolue nécessité de prendre ces problèmes à bras le corps et non pas dans une minable perspective électoraliste. Les besoins et les souffrances sont considérables ; il faut y répondre mais pas n’ importe comment : les métiers de l’ aide à la personne ne doivent pas être considérés comme des emplois de raccroc, de personnes sans formation. Ce sont au contraire, des emplois exigeants, nobles, accessibles à toutes les personnes qui ont des qualités humaines de coeur et le souci de bien faire , que l’ on retrouve aujourd’ hui chez nombre d’ étudiants de l’ IRTS et dont on devrait vouloir se donner les moyens d’ élargir le recrutement et de renforcer la formation. Je crois , pour en cotoyer plusieurs, que les jeunes Réunionnaises et Réunionnais sont prêts pour ce défi.

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