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Rendez l’argent aux Réunionnais !

L’État a les moyens de financer 3 milliards d’euros des deux grands chantiers

Manuel Marchal / 10 août 2010

Plus de 135.000 demandeurs d’emploi, 15.000 licenciements annoncés par la CGTR, plus de 5.000 postes de travail supprimés l’an dernier : La Réunion est confrontée à une catastrophe sociale très grave. Pourtant, des Réunionnais avaient créé les conditions pour éviter cette situation. L’ancienne direction de la Région avait réussi à obtenir du gouvernement un engagement à réaliser deux grands chantiers : le tram-train et la nouvelle route du littoral. Aussitôt arrivé à la présidence de la Région, Didier Robert a décidé de tout démolir. Mais l’argent est toujours là, car mise à part La Réunion, l’État financera tous les grands chantiers prévus. Il faut tout de suite rendre aux Réunionnais les trois milliards d’euros du Protocole de Matignon.

Deux chantiers d’un montant estimé à 3 milliards d’euros aujourd’hui, c’est ce que prévoit le Protocole de Matignon signé le 19 janvier 2007 par le président de la Région et le Premier ministre. Au terme de longues négociations menées par l’équipe dirigée par Paul Vergès, La Réunion réussit à obtenir de l’État un engagement sans précédent. Cinquante ans après que Paris ait décidé de supprimer le chemin de fer à La Réunion, le gouvernement décidait d’engager suffisamment d’argent pour rendre possible la réparation de cette erreur dramatique pour notre pays.
Le Protocole de Matignon prévoit le financement de deux équipements indispensables au développement de La Réunion du million d’habitants : le tram-train et la nouvelle route du littoral. Ce Protocole s’inscrit dans le temps, et prévoit une évolution de la participation de chacun des partenaires en fonction de l’inflation et de l’évolution du coût des travaux.
Au moment où la crise financière amplifiée par la faillite de Lehman Brothers devient une crise économique mondiale, chacun sait que notre île a la possibilité de disposer d’un atout considérable : c’est l’engagement de la République à construire ces deux équipements, et donc de financer la création de milliers d’emplois dans le BTP. Au moment de la signature, ces deux grands travaux permettaient de garantir 80% de l’activité économique du pays, grâce à la commande publique.

La démolition organisée

Trois mois plus tard, ce Protocole de Matignon était intégré dans le Socle du développement de la Plate-forme de l’Alliance adressée à tous les candidats à la présidentielle. Comme l’indiquent les écrits reproduits en encadré, tous les candidats ont validé le projet réunionnais.
Mais dès l’élection présidentielle passée, c’est le début de la catastrophe. Didier Robert donne le signal de la démolition en ordonnant l’arrêt du chantier de la rocade du Tampon. Au gouvernement, Christian Estrosi en charge de l’Outre-mer était d’abord préoccupé par les élections municipales à Nice. Au lieu de faire activer les choses, rien n’avançait. Il en résultat un retard important pour le début du chantier de la route du littoral, alors sous la responsabilité de l’État, comparativement à la progression des études préalables à la réalisation du tram-train, chantier de la compétence de la Région. Cela contribua aussi à faire planer l’incertitude sur l’avenir des subventions versées par l’État aux constructeurs de logements et aux investisseurs. Ces atermoiements provoquèrent la crise de confiance qui a précipité le BTP dans la crise.

Partout sauf à La Réunion

Moins de trois ans après la suppression de la rocade du Tampon, Christian Estrosi est de retour pour donner un coup de main à Didier Robert. À huit jours du premier tour des régionales, il utilise sa position de membre du gouvernement pour diffuser une fausse nouvelle : selon lui, le tram-train n’est pas financé, il ne se fera pas.
Or, "Le Monde" du 3 août dernier rappelle l’ampleur de cette manipulation visant à fausser la sincérité du scrutin : « en France, les grands projets, notamment les grandes lignes de TGV, sont épargnés. Seul le tram-train et la Maison des civilisations, sur l’Ile de la Réunion, sont abandonnés, pour cause, de changement politique à la tête de la région ».
Cela signifie que dans toutes les autres régions, l’État sera fidèle à sa signature et financera les projets. Ce sont pourtant des Régions qui ne sont pas contrôlées par l’UMP. C’est donc dans une Région dirigée par l’UMP Didier Robert que le gouvernement est encouragé à faire des économies. Si l’argent est disponible pour les autres Régions, il est donc toujours là pour les projets prévus pour La Réunion. Alors que la crise ne cesse de s’aggraver dans notre pays, la seule réponse apportée par Didier Robert, ce sont 300 millions qui avaient été déjà inscrit dans le budget voté par l’ancienne majorité régionale.
Il est donc urgent que les 3 milliards d’euros prévus pour La Réunion soient investi dès maintenant pour La Réunion. Autrement dit : rendez l’argent des Réunionnais !

Manuel Marchal


UMP, PS, PCF, Verts, UDF : la validation du projet réunionnais

Dans un document diffusé à la population réunionnaise, le président de l’Alliance reproduit l’intégralité des réponses écrites des candidats à la présidentielle. Voici quelques extraits.

Nicolas Sarkozy : « Mon plein accord »
« Concernant ce que vous appelez, à juste titre, "le Socle du développement", vous ne serez pas étonnés que je vous exprime mon plein accord puisque j’ai été, avec Nassimah Dindar, le signataire et le contresignataire des trois documents qui en constituent la base. Je pense au Protocole d’accord sur le tram-train et la route du Littoral, au Contrat de projet État/Région, ainsi qu’aux Programmes opérationnels européens. Il est clair que ces documents que j’ai signés, en tant que Ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, m’engageront pleinement si les Français m’accordent leur confiance ».

Ségolène Royal : « Je veillerai à ce que l’État tienne ses engagements »
« L’Alliance insiste sur l’importance économique déterminante des projets de grandes infrastructures de transport, tram-train et nouvelle route du Littoral.
Je considère, moi aussi, que ces investissements peuvent constituer un "Socle du développement" pour La Réunion.
Ils créeront un grand nombre d’emplois directs, dont les Réunionnais devront avoir la plus grande part, et ils rendront possibles d’autres investissements. Je veillerai à ce que l’État tienne ses engagements sur ces deux projets ».

Marie-George Buffet : « Avec détermination pour l’application complète »
« Quel que soit le résultat de l’élection présidentielle, j’agirai avec détermination pour l’application complète :

- du Protocole d’accord signé entre le Premier ministre et le Président de la Région le 19 janvier dernier relatif au financement et à la réalisation du tram-train et de la nouvelle route du Littoral.

- du contrat de projet État/Région signé le 15 février entre le Préfet de la Région et du Département, le Président du Conseil régional, la Présidente du Conseil général.
- des Programmes opérationnels européens négociés avec Bruxelles ».

Dominique Voynet : « Me faire la gardienne du respect des documents signés »
« Je renouvelle aujourd’hui l’engagement que j’avais pris lors de ma visite à l’Ile de La Réunion, en février, de me faire la gardienne du respect des documents de programmation contractuels signés entre La Réunion et l’État, ainsi qu’avec l’Europe. Trop de promesses d’engagement financier pour l’Outre-mer n’ont pas été tenues. Il est plus que temps pour l’État d’assumer ses responsabilités.
Je renouvelle aussi mon engagement concernant les axes de développement proposés dans les propositions de l’Alliance pour une nouvelle étape du Développement de La Réunion ».

François Bayrou : « J’y suis favorable »
Tram-train et route du Littoral : « j’y suis favorable » ; « je pense important le travail qui est à faire pour les liaisons à La Réunion ».
Lutte contre l’illettrisme : « je veux que tous les enfants sachent lire et écrire avant d’entrer en 6ème ».
Identité : « je suis pour la reconnaissance de toutes les langues qui font partie de notre patrimoine commun ».


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