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Réponse à une scandaleuse attaque contre la langue des Réunionnais

L’Alliance condamne les propos de Didier Robert

Manuel Marchal / 11 juin 2011

« Toute la bêtise d’un dirigeant politique réunionnais exposée à toute la France », voilà le résultat de la scandaleuse attaque de Didier Robert contre le créole perpétrée mercredi sur les ondes de France Inter. L’Alliance lance un appel aux acteurs culturels, plus que jamais, l’heure est à la vigilance sur les propos tenus.

Mercredi, France Inter a délocalisé la diffusion de plusieurs de ses émissions vedettes à La Réunion. Dans l’une d’entre elles, Didier Robert est intervenu. Il était l’invité politique du “7-9”.
En direct, Didier Robert a déclaré que « la défense de la langue créole n’a aucun sens ». Voilà une scandaleuse attaque contre un fondement de la cohésion du peuple réunionnais. Car si Didier Robert peut se permettre de déblatérer de telles inepties, c’est justement parce que des militants ont donné leur vie pour la défense du créole. C’est grâce à eux que le créole est aujourd’hui parlé par 800.000 personnes dans notre île, ce qui n’était jamais arrivé dans l’Histoire.
S’il n’y avait pas eu cette défense du créole, alors la langue maternelle des Réunionnais aurait été écrasée par le rouleau compresseur de l’assimilation comme cela s’est passé pour les autres langues dans les provinces de France.
« On ose espérer que c’est l’ignorance qui parle », se désole Béatrice Leperlier, « car si la défense du créole n’a aucun sens et si toutes les langues sont égales, alors l’apprentissage des langues n’a aucun intérêt ».
Ces propos traduisent une vision folklorique de la culture réunionnaise. Car la langue est un élément de la culture, et Didier Robert décide de ne pas le prendre en compte. « C’est un déni de l’Histoire, une remise en cause de la culture réunionnaise ».
Cette attitude soulève un problème fondamental, note Béatrice Leperlier. Car à La Réunion, le colonialisme a été marqué par une logique de domination de la culture occidentale. La conséquence de cela, c’est qu’il est difficile pour les Réunionnais d’avoir des repères. Le créole est un de ces ancrages à partir desquels il est possible de se construire, c’est précisément ce qui est combattu par Didier Robert.
Béatrice Leperlier dénonce « un manque de fond, un mépris envers la population, envers ceux qui se sont battus pour le créole, envers la langue qui est au cœur de la relation humaine à La Réunion ».

La conclusion, c’est la condamnation des propos de Didier Robert qui doivent interpeller les dirigeants politiques, et un appel à tous les acteurs du monde culturel à être vigilant sur les propos tenus. Car avec Didier Robert, la culture réunionnaise n’est pas, c’est du folklore, et c’est exactement la même idéologie que celle des ultras qui appelaient à fusiller le créole.

M.M.


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