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« Requins Réunion : la politique de l’autruche ou la politique du pire »

Sea Sheperd et une note de service de la Mairie de Saint-Paul

Témoignages.re / 24 juillet 2013

Coup de tonnerre hier avec la révélation d’une note interne de la Mairie de Saint-Paul relative à la gestion du risque requin. Datée de 2008, elle demande de ne pas prendre des mesures permanentes d’information du public vis à vis du risque requin. Cette révélation a suscité les explications embrouillées d’un adjoint. Voici la position de l’ONG Sea Sheperd à ce sujet.

« Ce laxisme coupable des autorités est en grande partie responsable de l’enlisement de cette crise. Nier l’existence d’un problème ne suffit pas à le faire disparaitre. Il est incroyable que cette évidence n’en soit pas une pour les "autorités compétentes" qui ont fait preuve dans cette affaire d’une incompétence coupable.
Et lorsque l’État se décide enfin à adopter des mesures, il s’agit pour l’essentiel de mesures triviales et contreproductives, à savoir la mise en place de battues de requins, qu’elles portent le nom de "plan post attaque" ou "étude du risque ciguatérique".

Ces accidents sont révélateurs d’un déséquilibre de l’écosystème marin local. Ils en sont les symptômes, ils n’en sont pas la cause. Dès lors, ils font office de signal d’alarme. S’attaquer aux symptômes, c’est nier la maladie et tenter de faire taire le signal d’alarme. Ça ne guérira pas La Réunion. L’ile est malade de la pollution, de son urbanisation anarchique, son récif est à l’agonie, sa biodiversité marine en décrépitude, elle qui fut autrefois si riche... C’est sur tout cela que l’État doit travailler en parallèle d’un large plan d’information et de sensibilisation à l’adresse des "usagers de la mer". Avec des zones à risques clairement indiquées et des touristes informés des consignes de sécurité à observer dès leur arrivée à l’aéroport.

A moins d’un nouvel aiguillage dans la gestion de crise, La Réunion restera perdante à tous les niveaux dans cette affaire : psychose ambiante, écosystème marin dégradé, lagon menacé, récupération et manipulations politiques, image à l’international ternie. Et à cet égard : "l’ile qui tue les requins pour les loisirs nautiques" n’a pas meilleure presse que "l’ile aux accidents de requins".

Si on veut sauver des vies humaines, des vies marines, l’image et l’économie touristique de La Réunion, il va falloir sortir la tête du sable. La politique de l’autruche, en matière de requin, équivaut bien à la politique du pire.

Un extrait qui en dit long :

Note interne de la Mairie de Saint Paul du 22 décembre 2008 à destination des Maitres-nageurs sauveteurs des plages de la Ville portant sur le « Risque Requins », dont il ressort que selon le Directeur Général des Services qui en est le signataire :

« Que par courrier du 22 septembre 2008, vos coordonnateurs ont attiré notre attention sur le risque de présence ou d’attaque de requins dans les zones de baignades surveillées... »

« Que nous avons [la commune], à cette occasion, saisi de cette question Monsieur le sous préfet de Saint Paul qui nous a répondu que la mise en œuvre d’un plan d’alerte départemental serait susceptible d’alimenter la psychose du danger requin alors que le risque demeure faible et qu’il appartient au Maire de prendre les mesures adéquates de police des baignades dans sa zone de responsabilité »

« Compte tenu de ce qui précède, nous vous informons que nous n’envisageons pas de prendre des mesures permanentes d’information du public face au risque requin »

« C’est ainsi qu’en l’absence d’information sur la présence de requin aux abords ou dans une zone de baignade surveillé à un moment donné, votre responsabilité ne saurait être engagée si la flamme verte est hissée... »

« Enfin, l’information au public dans ces situations doit rester particulièrement mesurée et en aucun cas alarmiste… »

Sea Shepherd France



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  • Et à cet égard : "l’ile qui tue les requins pour les loisirs nautiques" n’a pas meilleure presse que "l’ile aux accidents de requins".
    On ne peut traiter à égalité la vie d’un squale et celle d’un homme. Il est bien évident qu’on n’ira pas passer ses vacances à un endroit où on sait que sa vie et celles de ses proches est menacée par des attaques de requin. La surpêche est partout, si on ne devait pas aller là où elle sévit on n’irait nulle part.
    La politique qui consiste à ne pas dire toute la vérité est la plus souvent utilisée pour le tourisme comme pour le reste. Qui sait qu’un bain en eau douce aux Antilles peut amener à contracter la bilharziose ? Qui sait ce que sont ces "vers à chien" qu’on attrape sur les merveilleuses plages de sable blanc, quand on ne prend pas la précaution de se coucher sur une serviette ?
    Les solutions à long terme ne résolvent pas les problèmes de ceux qui doivent rentabiliser leur entreprise aujourd’hui. Il y a surpopulation humaine, quelles sont les solutions à envisager ?

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