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Responsabilité des élus : imaginer la sortie de l’impasse

États-généraux : La Région, le Département et les communes rassemblées pour porter les propositions des assemblées élues au gouvernement

Témoignages.re / 1er octobre 2009

Voici quelques déclarations d’élus présents hier à la conférence de presse au Conseil général.

• Nassimah Dindar : regrouper les compétences

Signer un engagement avec l’État pour les 20 ans à venir. Nassimah Dindar présente les enjeux du mois décisif qui commence, entre la présentation de la synthèse des États-généraux et la tenue du Conseil interministériel.
La présidente du Département rappelle les quatre grandes orientations : répondre à l’urgence sociale et à la crise, adapter les politiques européennes et nationales aux spécificités de notre île, faire émerger une économie du développement durable, rénover les modes de gouvernance en garantissant les financements des collectivités locales.
Répondre à l’urgence, c’est notamment ne pas faire l’impasse sur le financement du logement social, a-t-elle dit.
Enfin, sur la question de la gouvernance, elle a insisté sur l’importance de rationnaliser la répartition des compétences exercées par les différentes collectivités. Exemple : une seule collectivité responsable du bâti scolaire dans sa totalité : écoles, collèges et lycées.

• Paul Vergès : « on ne construit pas l’avenir d’un pays contre sa jeunesse »

Le président de la Région décrit tout d’abord la proximité des échéances. La remise des propositions au président de la République dans les premiers jours d’octobre, et les décisions. 150 propositions concrètes pourraient être annoncées, dont 50 relevant du gouvernement, indique Paul Vergès.
La période que nous vivons est un événement aussi important que la rupture de 1848, précise le président de la Région, aussi essentiel que la fin du statut colonial en 1946.
C’est pour la construction d’un projet global pour le prochain quart de siècle que le gouvernement sollicite les propositions. Cette démarche converge avec celle lancée par les collectivités, et notamment la Région, pour imaginer le projet Réunion 2025.
Le document présenté est le résultat d’une volonté commune, une réponse « concrète, immédiate, prospective, qui reflète la majorité », précise le président de la Région. Il situe aussi la responsabilité des élus d’aujourd’hui, qui sont ceux qui vont décider de l’aménagement du territoire de La Réunion de 2025. Il faudra tenir compte de la croissance démographique, de l’impact des changements climatiques et de la mondialisation libérale.
D’ailleurs, c’est même "le Monde" qui souligne l’importance de ces questions en choisissant de faire sa "une" sur le dernier rapport de l’ONERC (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique), une institution présidée par Paul Vergès.
Ce projet ne pourra exister que si des questions préalables sont réglées : faire reculer le chômage et la pauvreté. Car, souligne le président de la Région, « on ne construit pas l’avenir d’un pays contre sa jeunesse ». Cela veut dire qu’il faut définir des règles et donner des moyens pour que les jeunes Réunionnais puissent être les premiers à avoir droit à l’emploi.
Et donc montre bien que « jamais sans doute, une génération politique à La Réunion n’a eu à faire face à autant de responsabilités ».

• Thierry Robert : « l’action est le mot d’ordre »

Le maire de Saint-Leu a rappelé que sans moyen, on ne peut pas gouverner. Il appelle à agir pour faire des propositions afin d’aller dans le sens du développement pour les DOM.
Il indique également que comme de nombreux autres maires, il attend des réponses du gouvernement pour faire face rapidement à l’urgence sociale.
Les communes sont en effet un service social de proximité. Et de conclure : « l’action est le mot d’ordre ».

• Jean-Yves Langenier : construire davantage de logements

Le maire du Port insiste sur la nécessité de toujours œuvrer pour renforcer la cohésion sociale. Il met le doigt sur la difficulté de construire des logements en nombre suffisant : 9.000 par an dont 5.000 sociaux.
Il annonce aussi que la diminution des recettes de l’octroi de mer entraîne un manque à gagner de 2,5 millions d’euros pour sa commune. Et il rappelle l’impasse devant laquelle il se trouve comme les autres maires face à la revendication de la titularisation de la totalité des employés communaux plutôt que leur intégration. Comment payer l’indexation des salaires décidée par l’État ?
Il fait part de projets auxquels participe sa collectivité : le Laboratoire international de l’habitat populaire, la contribution à l’autonomie énergétique du pays, l’Observatoire des viles portuaires de l’océan Indien… autant d’initiatives qui ouvrent sur le monde, tout en offrant contribuant à des créations d’emplois.

Éric Fruteau : « On arrive à un tournant »

Le maire de Saint-André souligne la convergence de vues, et le contexte constructif de la démarche entreprise par les deux assemblées, et qui s’élargit maintenant aux Mairies.
Tout comme les autres communes, Saint-André est concernée par la baisse des recettes de l’octroi de mer : 2 millions de recettes de fonctionnement en moins cette année, et autant l’an prochain. Cette aggravation a lieu au moment où le nombre de personnes assujetties à l’impôt sur les grandes fortunes (ISF) augmente à La Réunion, alors que la part de la société vivant sous le seuil de pauvreté atteint 52%.
« On arrive à un tournant, nous avons des collectivités capables de prendre leurs responsabilités et de présenter un projet intéressant », précise Éric Fruteau. Le maire de Saint-André appelle à « se rassembler pour un modèle plus juste ».

Bruno Mamindy Pajani : « le moment d’être ensemble »

Pour le maire de Sainte-Rose, les États-généraux sont une opportunité face aux réalités locales. Ces dernières montrent chaque jour l’impasse.
Bruno Mamindy Pajani estime que « c’est le moment d’être ensemble, de trouver un projet partagé ». Il rappelle que lors d’un entretien récent avec le préfet Richard Samuel, coordonnateur des États-généraux, ce dernier avait cité La Réunion comme un exemple. Et de conclure : « On ne subit pas, on propose un projet au gouvernement ».


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