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Retour sur le débat sur les Outre-mer au Sénat

Conférence de presse de Paul Vergès

Céline Tabou / 5 mars 2014

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Une situation sociale tendue dans les Outre-mer.

Des droits donnés aux Antilles, pas aux Réunionnais


Alors que La Réunion est placée dans une zone géopolitique intense, nécessitant une politique internationale particulière de la France, la Martinique et la Guadeloupe sont devenus membres de l’Association des Etats de la Caraïbes (AEC). Cette mesure permet à ces deux départements français de renforcer leur coopération économique et commerciale avec les pays de la zone.

« Eux peuvent être des Etats associés, mais nous à La Réunion, on peut être seulement représenté par une représentante des Ardennes », Claudine Ledoux, ambassadrice déléguée à la coopération régionale dans la zone Océan Indien. Cette dernière s’est faite remarquer par ses erreurs diplomatiques à Mayotte et la mobilisation qu’il y a eu contre sa nomination en octobre 2013 par l’AJFER - Nou Lé Kapab et le Comité des Femmes Communistes.

La Réunion, pas assez importante


Paul Vergès a épinglé les sénateurs réunionnais, Michel Fontaine, Michel Vergoz, et jacqueline Farreyrol, qui n’ont pas participé à la séance spéciale consacré aux Outre-mer. « Alors que tous les sénateurs, candidats aux élections municipales, ont fait le déplacement, aucuns sénateurs réunionnais n’étaient présents ». Paul Vergès a d’ailleurs souligné l’intervention prévue de Michel Vergoz, qui s’est désisté au dernier moment.

A l’inverse, les sénateurs socialistes de l’ensemble des Outre-mer ont participé au débat, « ils n’ont pas chargé le gouvernement, mais ont indiqué leurs spécificités ».

Certains ont « énuméré leurs problèmes propres et que ces problèmes sont différents selon les territoires ». La majorité des sénateurs a demandé « la reconnaissance de la gravité de la situation et des spécificités de chaque île, et voir comment ces îles présentes dans trois océans, peuvent s’intégrer dans ce nouveaux contexte des pays émergents » et en voie de développement.

La droite a également été « tranchante », mettant en avant « la situation spécifique et la nécessité d’en finir avec la généralité d’Outre-mer pour avoir une politique économique, sociale et culturelle adaptée à la diversité des territoires », a rapporté Paul Vergès.

Vers une séance spéciale tous les ans ?


Paul Vergès s’est dit satisfait de cette séance spéciale consacrée aux Outre-mer. « De cette initiative est née l’idée de renouveler cette séance, tous les ans », afin d’exposer la situation de chaque territoire », « esquisser des solutions d’avenir » car « on ne veut pas être mis devant le fait accompli ». Il s’agira également au gouvernement de répondre aux questions de fond des parlementaires et d’apporter des solutions concrètes aux problèmes de chaque territoire.

A la sortie de cette séance spéciale, l’ensemble des sénateurs a demandé au gouvernement de « faire mieux connaitre les Outre-mer dans l’opinion publique française » et de « changer de politique gouvernementale envers les Outre-mer ». Les sénateurs vont demander au gouvernement la mise en place d’une séance spéciale annuelle et espèrent que « le gouvernement prendra des décisions devant l’unanimité des interventions de tous les groupes » politiques.

Un ministre sur la défensive


Le ministre des Outre-mer aura répondu longuement aux différentes interventions, cependant ce dernier n’a pu répliquer qu’au trois premiers intervenants, faute de temps suffisant. « Il a répondu longuement, ce qui m’a enchanté ». « Il considère que La Réunion est malade d’une chose. La Réunion n’aime pas Victorin Lurel », a rapporté Paul Vergès. En effet, le ministre aurait dénoncé les médias, les représentants politiques de tout bord confondus, qui « font la charge contre lui. Une charge, qui selon Lurel, traite de questions qui n’existent pas ».

Le ministre a demandé « pourquoi est ce que vous considérez que les Antilles sont favorisées alors que les problème sont communs à résoudre, il n’y a donc pas de raison d’attaquer », a indiqué le sénateur. Ce dernier a pointé du doigt la prise à partie de Jean-Yves Minatchy de la CGPER (Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion).

D’ailleurs sur la question de la sur-rémunération, le ministre avait indiqué qu’il ne fallait pas supprimer « brutalement » la sur-rémunération, « c’est évident » a indiqué Paul Vergès. Ce dernier a rappelé qu’il ne faut « surtout pas supprimer la sur-rémunération parque c’est faire s’écrouler une situation économique et sociale qui existe depuis plusieurs décennies ». D’autant qu’il ne faut pas « violer le contrat passé entre l’Etat et les fonctionnaires ». De plus, concernant la canne à sucre, le ministre avait annoncé la fin de la filière, pour aujourd’hui « dire qu’il n’a jamais dit ça », bien que les débats soient enregistrés.


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