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Retraites : danger pour tous

Impossible de fuir le débat

Manuel Marchal / 25 juin 2010

Alors que l’urgence est la question des retraites, le président de la Région a refusé de débattre de cette question à la Région, préférant traiter des dossiers qui ne sont pas urgents. Car en votant des études complémentaires destinées à étudier la faisabilité d’une route du littoral à 6 voies, ce qui repousse le début des travaux au mieux à 2013, Didier Robert et Michel Vergoz ont montré que pour eux, la route du littoral n’est pas une urgence.

Cela fait déjà plusieurs semaines qu’un appel a été lancé à la mobilisation le 24 juin. Cette journée d’action concerne toute la République, et La Réunion en particulier. Car dans notre pays, la crise est déjà tellement grave que l’application de la réforme prévue par le gouvernement va réduire considérablement le nombre de Réunionnais qui pourra avoir droit à une retraite décente.
Or, malgré le fait que cette journée de mobilisation et de grève générale soit fixée depuis plusieurs semaines, c’est précisément ce 24 juin que Didier Robert décide de convoquer une assemblée plénière du Conseil régional.
L’Alliance décide donc de proposer à Didier Robert la tenue d’un débat d’urgence sur le problème de la retraite, et de joindre à sa demande une motion qui apporte une contribution au débat. Car comme le montre l’ampleur de la mobilisation, c’est cette question qui est la plus urgente pour les électeurs.

Pas avant 2013

À cette demande de l’urgence, Didier Robert répond qu’il n’y a pas d’urgence et renvoie la question en commission sectorielle. Cette décision est le plus grand acte de division des élus sur un problème crucial. Car les élus auraient pu tous débattre de la question qui préoccupe la population à un point tel que des milliers de personnes ont décidé de défiler à Saint-Denis et à Saint-Pierre.
Des heures ont ensuite été passées pour discuter sur d’autres sujets qui auraient pu être abordés un autre jour. En effet, pour la nouvelle direction de la Région, la route du littoral n’est plus une urgence puisqu’elle a fait voter une délibération qui en retarde le début de la réalisation.
Lors de cette séance, on apprend en effet que le projet est pratiquement finalisé par l’ancienne majorité. Il ne manque que l’avis de l’État, partenaire financier, sur le choix d’une variante de tracé entre la Grande Chaloupe et Saint-Denis, pour lancer l’enquête publique préalable au début des travaux. Depuis qu’elle détient la compétence de la gestion de la route du littoral, la précédente majorité a décidé d’accélérer ce dossier, d’autant plus que cela répond à une demande urgente de la population.
Mais hier, la direction de la Région a fait adopter une délibération imposant des études complémentaires, car la route ne sera plus sur 4 voies, mais en comprendra 6, soit une largeur de chaussée de 30 mètres. Et tous ceux qui avant les élections parlaient d’urgence sur la route du littoral et attaquaient la Région car ils affirmaient que cela n’allait pas assez vite, tous ceux-là parlent aujourd’hui de retarder le projet. Et chacun observe alors l’UMP et Michel Vergoz voter ensemble l’annulation du projet finalisé, et son remplacement par un autre qui n’est pas financé, et dont les études ne sont pas encore faites.

Le débat reviendra

L’argument électoral de Didier Robert et Michel Vergoz vole donc en éclat, pour eux, la route du littoral n’est pas un problème urgent. Puisque tel est le cas, on comprend mieux pourquoi la direction de la Région a refusé de débattre hier des retraites.
C’est donc un acte visant à saboter l’union des Réunionnais face à des réformes qui vont peser sur des générations.
Mais le président de la Région ne fait que repousser le débat. Ce dernier aura lieu car à la Région, la motion sera à l’ordre du jour en commission et en débat public. Didier Robert devra également prendre personnellement position dans ce débat car il est député. Au moment où ce projet de loi sera en discussion à l’Assemblée nationale, tous les Réunionnais voudront savoir si le vote de Didier Robert ira dans le sens des revendications des milliers de manifestants d’hier.
La population réunionnaise qui manifeste avec celle de France devra aussi se préparer au débat qui reviendra.

M.M.


Que veut cacher la direction de la Région ?

Contrairement à la majorité précédente, la nouvelle direction de la Région a décidé d’exclure l’opposition du comité de pilotage du chantier de la route du littoral. Soit cette décision veut remettre au goût du jour le sectarisme de l’époque de Perreau-Pradier, ce qui ne serait guère étonnant. Soit elle signifie que la majorité a des choses à cacher, ce qui ne le serait guère plus car le chantier ne cesse de prendre du retard. En tout cas, cette décision ne manque pas de susciter des commentaires.


"Attendez 2013"

Dans les manifestants d’hier figuraient beaucoup de travailleurs du BTP qui ont déjà subi près de 10.000 licenciements, et à qui on a supprimé de nombreux projets et fait miroiter la réalisation de la route du littoral comme compensation.
Mais quand on apprend que les compléments d’études votés hier repoussent le début des travaux en 2013, que fait-on jusque là ?
Pour les travailleurs, c’est l’urgence, mais pour Michel Vergoz et Didier Robert il n’y a pas d’urgence, et ce qu’ils ont voté hier équivaut à dire aux travailleurs : "attendez 2013".


Didier Robert soutenu par Michel Vergoz (1er épisode)

Toute la gauche en France appelle à la mobilisation sur les retraites. Mais dès le premier dossier abordé hier, Michel Vergoz s’est illustré en votant avec l’UMP pour retarder la réalisation de la route du littoral. Car la tête de liste PS aux régionales considère que la priorité, c’est de voter avec l’UMP. Voici d’ailleurs quelques propos qui montrent que les masques tombent :
« J’aurais fait exactement ce qui nous est proposé ce matin ».
« Nous approuvons ce rapport bien évidemment et nous poussons un ouf de soulagement ».

Etc…


Et demain la suite !

Demain, dans la suite de notre compte-rendu, nous indiqueront comment et pourquoi Didier Robert reçoit le soutien de Michel Vergoz.
Nous aborderons également le débat sur le compte administratif où furent prononcées des déclarations tonitruantes du côté de Michel Vergoz et de la majorité. Pour vous en donner un aperçu, voici ce qu’a déclaré en substance Olivier Rivière, maire de Saint-Philippe : une collectivité ne doit pas faire d’excédent, s’il y a un excédent, c’est soit un manque de réalisation, soit un manque de pression fiscale. Nous attendons donc avec impatience le prochain compte administratif de la commune de Saint-Philippe…


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