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Ridicule !

Après un an de mandat, Didier Robert réduit à aller quémander quelques emplois aidés à un ministre de passage à la Préfecture

Manuel Marchal / 12 avril 2011

Avant l’arrivée de Didier Robert à la Direction de la Région, elle était une collectivité prestigieuse, avec des projets et des réalisations suscitant des compliments unanimes. Un an plus tard, le président de la Région en est réduit à mendier quelques emplois aidés auprès du Garde des Sceaux de passage à la Préfecture entre l’avion et la visite de la prison de Domenjod.

Michel Mercier, ministre de la Justice, était hier à La Réunion. C’était la première visite dans notre île d’un membre du gouvernement après les dernières élections cantonales. Elle a donc permis d’avoir quelques indications sur la manière dont Paris voit notre île au lendemain d’une défaite historique de l’UMP, notamment dans la commune du Tampon.
Le programme du séjour a marqué une rupture avec celui qui était la norme lors des visites successives et rapprochées des membres du gouvernement depuis 2008. C’était en effet à cette date que Didier Robert a tenté un coup de force pour donner la présidence du Conseil général à un groupe d’élus minoritaires. À partir de là, une stratégie d’affrontement institutionnel s’est mise en place, avec des points culminants tels que le blocus de la Région par des transporteurs avec la "compréhension" du préfet, ou le refus de l’État de verser la dotation de continuité territoriale à la Région gestionnaire du dispositif.

L’événement : pas de ministre au Tampon

Depuis cette date et jusqu’avant les Cantonales, le protocole UMP avait fait du Tampon la capitale de La Réunion, puisqu’elle était un lieu de passage quasi obligé de toutes les visites ministérielles. Ces visites avaient aussi pour caractéristique de boycotter le Conseil général et la Région. Ce programme a connu une légère modification depuis mars 2010, avec l’intégration de la Région au même niveau que Le Tampon, suite à l’élection de Didier Robert à sa présidence de la collectivité.
Au lendemain d’une cuisante claque électorale, il eut sans doute été logique qu’un ministre vienne à la Région et au Tampon pour remotiver des troupes ébranlées par une défaite sans précédent. Il n’en a rien été. Après son arrivée à l’aéroport, le ministre de la Justice a enchaîné directement par la visite de la prison de Domenjod. Conformément aux usages républicains, il est passé à la Préfecture dès sa descente d’avion. C’est là que Didier Robert a dû se rendre pour le rencontrer, car non seulement la visite au Tampon a été enlevée du programme, mais aussi la montée des marches de la Région devant les photographes.

À la sortie de l’entretien dans les salons de la Préfecture, le président de la Région a donné quelques éléments de contenu. Il a notamment indiqué en substance qu’il a demandé au ministre d’être l’avocat du maintien de la défiscalisation pour le photovoltaïque, et qu’il prenne conscience de la nécessité de renforcer le dispositif des emplois aidés avec « une action plus musclée ».
Avant l’arrivée de Didier Robert à sa Direction voici un an, la Région était une collectivité prestigieuse avec des projets. Un an plus tard, ce qui est demandé en clair, c’est qu’un Garde des Sceaux prenne en charge le dossier du photovoltaïque, et qu’il intervienne pour des emplois aidés : c’est une véritable caricature lorsque l’on connaît les prérogatives du ministre de la Justice !
Voilà qui vient illustrer la perte de repères de ceux qui agissent uniquement par des coups de com’ et qui voient la réalité les rattraper.
Malgré le fait que Didier Robert ait utilisé le budget de la Région pour pallier aux désengagements de l’État en matière de continuité territoriale et d’emploi, il est obligé de quémander une aide auprès d’un ministre de passage. Voilà un fanfaron ramené à son niveau : après avoir démoli l’économie réunionnaise en cassant les grands chantiers, Didier Robert est obligé d’aller mendier à la Préfecture. Au bout d’un an de présidence, Didier Robert ridiculise le Conseil régional de l’île de La Réunion.

Manuel Marchal


Règlement de compte ?

La principale annonce de Michel Mercier est la construction d’une nouvelle prison dans le Sud pour remplacer celle de Saint-Pierre. Cela signifie donc la fermeture d’un établissement. Comme l’a rappelé un syndicaliste, il est de tradition qu’un ministre vienne annoncer sur place ce genre de fermeture. Mais la communication s’est faite depuis la prison de Domenjod.
Comment expliquer que Michel Mercier ne soit pas allé à Saint-Pierre ? Est-ce faire payer à Saint-Pierre l’absence du Tampon dans le programme officiel ? Règlement de compte au sein de l’UMP ?


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