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Roms et gens du voyage cibles du gouvernement

Céline Tabou / 30 juillet 2010

Nicolas Sarkozy tente de masquer sa politique anti-sociale, réforme des retraites, plan de rigueur, et les affaires qui entachent ses ministres, dont Éric Woerth, en créant un écran de fumée xénophobe.

L’Élysée a décidé mercredi 28 juillet de durcir sa politique à l’égard les Roms, à la suite d’une réunion de crise convoquée par le chef de l’État français, afin d’examiner les « problèmes que pose le comportement de certains » parmi les Roms et les "gens du voyage".
À cinq semaines de la mobilisation nationale contre la réforme des retraites, le 7 septembre, le gouvernement est affaibli. En effet, les griefs se sont accumulés envers le « candidat du changement ». Ses ministres se sont octroyés de petits cadeaux : cigares pour Christian Blanc, appartement et jet privé pour Christian Estrosi, salaire mirobolant pour Christine Boutin...
Et aujourd’hui, soupçon de conflit d’intérêt de l’actuel ministre du Travail, Éric Woerth. La nouvelle politique de Nicolas Sarkozy, et mise en place par Brice Hortefeux, connu pour sa condamantion pour injure raciste, va être le sujet d’une nouvelle polémique, destinée à cacher la politique de casse sociale du gouvernement.

Un fait-divers devenu affaire d’État

Dans la soirée du vendredi 16 juillet 2010, un véhicule tente de forcer un barrage de contrôle routier mis en place par la gendarmerie nationale. Un gendarme est blessé après avoir été fauché par la voiture, celle-ci prend la fuite. Pour arrêter le véhicule, l’un des gendarmes fait feu, mais n’y parvient pas.
Commence alors une course-poursuite. Le passager est retrouvé mort. Le Parquet de Blois a ouvert deux informations judiciaires sur les circonstances de la mort du jeune Luigi Duquenet et sur les risques encourus par les gendarmes qui tentaient de le stopper.
Par la suite, des troubles ont éclaté à Saint-Aignan contre les forces de l’ordre. Les incidents de Saint-Aignan ont poussé Nicolas Sarkozy à organiser, une semaine plus tard, une réunion sur les Roms et les gens du voyage.

« Dérive sécuritaire et xénophobe du gouvernement »

Brice Hortefeux a annoncé le démantèlement de la moitié des 300 camps illégaux, la reconduite « quasi immédiate » en Roumanie et en Bulgarie des Roms ayant porté atteinte à l’ordre public, et une coopération policière renforcée avec la Roumanie.
Le gouvernement a également décidé de détacher dix inspecteurs du fisc, car « beaucoup de nos compatriotes sont à juste titre surpris en observant la cylindrée de certains véhicules qui traînent les caravanes », a déclaré Brice Hortefeux à l’Élysée, en présence de François Fillon et de cinq membres du gouvernement.
La Gauche dénonce une « politique malsaine », et des mesures visant à stigmatiser et discriminer toute une communauté. Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, a annoncé dans un communiqué : « On ne peut être qu’écœuré en écoutant Brice Hortefeux, ce ministre de l’Intérieur qui a été condamné il y a deux mois pour avoir tenu des propos racistes, se vanter des mesures que vient de décider le gouvernement contre la population Rom. Ils ont bonne mine ces ministres qui encaissent des enveloppes bien remplies en guise de pourboires offerts par les milliardaires dont ils sont les larbins, quand ils décident de multiplier les contrôles fiscaux contre des nomades sous prétexte qu’ils tractent leurs caravanes avec des grosses voitures, et pas avec des 2CV ! ».
Cependant, les mesures prises par Nicolas Sarkozy ont reçu l’aval de la Commission européenne, bien qu’en avril dernier, Viviane Reding, vice-présidente en charge de la Justice, des Droits Fondamentaux et de la Citoyenneté, s’était indignée avant le Sommet européen sur les Roms : « Il est inacceptable que cette minorité ethnique subisse des discriminations ».

Céline Tabou


Réactions des associations et de la Gauche

L’opposition et des associations se sont indignées face aux mesures prises par le gouvernement. De nombreuses associations ont décidé de se réunir en septembre sur ces décisions qui « donnent du crédit aux préjugés les plus primaires et éculés », a précisé à la présidente de l’UEJF, Arielle Schwab. Parmi les associations, l’Union des étudiants juifs de France, SOS-Racisme et la FNASAT (Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les Tsiganes et les gens du voyage).


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