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Route du littoral : les certitudes de l’irresponsable

Ceux qui voteront pour devront en assumer toutes les conséquences

Manuel Marchal / 28 avril 2011

Pour soutenir leurs thèses de la réalisation d’une route à 6 voies et du doublement de la facture de la route du littoral prévue initialement, l’argument technologique est mis en avant. Celui-ci a été soutenu par des ingénieurs, appelés en renfort pour mettre en avant l’infaillibilité de l’ouvrage. Mais, l’Histoire et l’actualité ont montré que les catastrophes sont toujours venues après les certitudes des experts.

Ainsi donc, pour tenter de faire croire que sa route à 6 voies sera réaliste et durable, Didier Robert appelle des experts en renfort. Quand en 1958, 22 conseillers généraux ont décidé de construire la première route du littoral, les experts au service du projet affirmaient qu’elle était sécurisée.
Dès la mise en service de la route, les experts ont été contredits puisque les fermetures et les accidents mortels se sont enchaînés à un point tel qu’il fallait une autre infrastructure : 20 ans plus tard, une nouvelle route du littoral était inaugurée. Là aussi les experts mis en avant par les promoteurs du projet étaient catégoriques : la nouvelle route sur 4 voies était sécurisée, à l’abri des galets disaient-ils. Mais quelques années plus tard, après le passage du cyclone Hiacynthe, la falaise s’effondrait sur la route. Les 4 voies étaient totalement ensevelies, et trois jeunes Réunionnais perdaient la vie.
Moins de 40 ans après la mise en service de la route actuelle qui est définitivement impossible à sécuriser, contrairement à ce qu’affirmaient ses partisans, des élus doivent prendre position sur un projet encore plus complexe, et qui ne fait que repousser le problème de quelques dizaines de mètres.
Alors quand Dominique Fournel tente de rassurer l’opinion en affirmant que la seule incertitude se situe sur le choix d’un viaduc ou d’une digue pour quelques-uns des 12 kilomètres, c’est l’inquiétude. Et ce sentiment est renforcé par une conclusion d’expert qui indique que « malgré ce que certains prétendent », il n’y a pas de problème.
Car non seulement l’Histoire mais aussi l’actualité montrent combien il faut être modeste lorsque l’on tente de domestiquer la nature. Il n’y a pas de risque zéro. Didier Robert et Dominique Fournel ne pourront pas s’en sortir à si bon compte car si l’ignorance peut être excusée, l’obstination doit être condamnée. Et au lieu de s’appuyer sur la réalité concrète de La Réunion, la Région va chercher des exemples qui n’ont rien à voir, comme le viaduc de Millau. Dominique Fournel peut-il dire depuis quand la ville de Millau est-elle concernée par les cyclones tropicaux, la houle de l’océan, la montée du niveau de la mer et les effondrements de pan de falaise dans l’océan Indien ?
Voilà où en sont arrivées des personnes qui n’ont aucun argument pour justifier le doublement du coût du projet par rapport à celui prévu dans le Protocole de Matignon signé en 2007, et pour masquer le fait que les risques ne sont pas du tout maîtrisés dans cette infrastructure pharaonique.
Qui paiera les conséquences ? Le précédent de la tempête Xinthia rappelle que la responsabilité pénale des élus qui voteront pour ce projet sera engagée.

M.M.


Japon : « vous nous aviez assuré de la sécurité mais aujourd’hui, nous n’avons plus rien »

Au Japon, les dirigeants et les cadres de Tepco, propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima, se sont agenouillés et inclinés devant la population démunie, qui a tout perdu. Dans la société occidentale, ce geste est inimaginable et ne remplacera jamais les propos d’une femme âgée qui a répliqué aux dirigeants, « vous nous aviez assuré de la sécurité, que nous pouvions habiter ici, mais aujourd’hui, nous n’avons plus rien ». Comment tout cela va-t-il finir ?
Face aux catastrophes naturelles, comment ne peut-on pas rester modeste, avoir un examen de conscience, et tout remettre en cause.
Outre l’erreur humaine, ce sont des défauts dans la structure même de la centrale nucléaire de Tchernobyl qui ont été à l’origine de la catastrophe. C’est donc avant la construction que l’erreur a été commise, au moment où les experts étaient rassurants et certains de la fiabilité de l’installation. Personne n’aurait pu croire qu’un simple test allait provoquer une telle catastrophe.


Un maire poursuivi car il a décidé

Garde à vue et mise en examen pour homicide involontaire

Suite au passage de la tempête Xynthia et des nombreux dégâts qu’elle a provoquée, le maire de la Faute-sur-mer a été placé en garde à vue et mis en examen pour homicide involontaire. C’est sa responsabilité qui est engagée concernant les conditions d’urbanisation de sa commune. Le maire a en effet la compétence d’accorder des permis de construire. Deux autres élus ont aussi été placés en garde à vue et mis en examen pour les mêmes motifs. Il est à noter que tous les permis de construire ont été validés par l’État. Autrement dit, ce n’est pas l’État qui est attaqué mais ce sont les élus qui doivent assumer leurs responsabilités. Ce précédent montre ce qui attend celles et ceux qui voteront pour la nouvelle route du littoral.


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