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« Route du littoral : pièges en haute mer »

L’ATR-FNAUT réagit au débat sur les grands chantiers de Réunion 1ère

Témoignages.re / 8 avril 2013

L’Association ATR-FNAUT estime que le débat de mercredi dernier confirme toutes les craintes au sujet du projet de nouvelle route du littoral voulu par le président de la Région.

Que peut-on retenir du débat télévisé organisé par Réunion 1ère le 3 avril dernier ? Devant un projet grandiose, qui prétend répondre à un défi historique, l’opinion était en droit d’attendre des réponses sur la faisabilité technique et financière de la nouvelle route du littoral.

On a vu un président de Région absent et enfermé dans un discours de pré-campagne électorale, qui a laissé sans réponse les questions posées par des téléspectateurs inquiets et dubitatifs.

Arrogance et pré-campagne électorale malvenue

Le préfet, pas plus que le président de Région, n’a pu rassurer les Réunionnais sur le financement de cette opération. Ils n’ont pas répondu aux questions posées sur la prise en charge du surcoût des travaux par l’État. La demande du maire de Saint-Denis d’améliorer les entrées Ouest et la traversée de la capitale est restée sans réponse. La question sociale a porté sur 1.500 emplois créés, loin, très loin (1%) des besoins du pays, qui en attend cent fois plus. La formation de 150 scaphandriers vient souligner que ce projet va au-devant de graves dangers : la formation de spécialistes est rendue obligatoire pour surveiller des fondations agressées en permanence par la houle de haute mer. Sur le plan économique, plus de la moitié du chiffre d’affaires de l’opération ne restera pas dans l’île.

La Réunion a donc peu à attendre de ce projet pour son redressement économique et social, pas plus que pour la protection de son environnement et de ses paysages côtiers, déjà très détériorés.

Des sujets graves ont été occultés :

- L’absence d’alternative à une rupture du trafic, en dehors du CD 41 (route de la Montagne) ; – la durée des chantiers de réparation en haute mer ; – la disparition du TCSP par la réduction des voies (de 3+3 à 3+2) ; cela, au détriment de la sécurité, lors de l’insertion des bus dans les deux voies rapides.

- Le président de Région n’a pas confirmé les 2.000 bus du TEE (Trans Eco-Express), qui restent à l’état de promesse électorale.

- Enfin, l’évolution du réseau en future voie ferrée est condamnée, contre les vœux de l’opinion.

Par ailleurs, le préfet n’a reçu à ce jour qu’une réponse favorable d’une petite commune des Hauts, en matière de carrières — ce qui condamne à l’importation coûteuse des matériaux. Au final, ce projet monstre est apparu techniquement et financièrement toujours non bouclé. De grands experts affichent qu’ils veulent faire de cette route de haute mer une vitrine internationale du savoir-faire métropolitain. Les compétences locales ne peuvent que se sentir méprisées.

Une expertise économique et financière indispensable

L’opinion a eu sous les yeux les promoteurs d’un projet qui ont donné l’impression de se moquer des risques dans tous les domaines — risques que la population réunionnaise devra tôt ou tard assumer et payer. Pour éviter une erreur fatale, le budget des études et des travaux doit être réorienté d’urgence vers une solution de bon sens, une solution terrestre. Pour nous protéger de caprices coûteux ou d’excès d’orgueil, une expertise économique et financière de ce projet en haute mer se justifie plus que jamais.

Alternatives Transports

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