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Route en mer : la manœuvre de Didier Robert n’a trompé personne

Dimanche, nouvelle mobilisation contre la carrière de Bois-Blanc

Manuel Marchal / 18 juin 2015

La dernière prise de position de Didier Robert ne trompe personne. Il a demandé la suspension d’un arrêté permettant d’ouvrir de nouvelles carrières pour alimenter le projet de route en mer. Chacun voit qu’il manœuvre pour continuer l’objectif qu’il s’est fixé : poursuivre un chantier inutile, coûteux et dévastateur pour l’environnement. Le rassemblement pour une alternative s’organise. Prochain rendez-vous dimanche à l’Etang-Salé.

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La forte mobilisation va s’amplifier.

Lundi dernier, une délégation du collectif des opposants à la carrière de Bois-Blanc était reçue à la Région Réunion. Cette rencontre a fait suite à la mobilisation du 7 juin entre la ravine du trou et celle des Avirons. Au moins 4.000 personnes s’étaient déplacées pour manifester leur opposition à la création d’un projet monstrueux : plus de 60 hectares de terre réunionnaise éventrés pour satisfaire les besoins d’un chantier voulu par le président de la Région.

À la sortie, une annonce s’est faite dans un contexte de pression populaire et judiciaire. En effet, le rapporteur public du Conseil d’État a préconisé la suspension du Schéma départemental des carrières. Didier Robert est donc allé dans le sens du vent, sans remettre en cause le fond de la stratégie : poursuivre le chantier d’une route en mer.

La Région s’entête

Plusieurs éléments montrent en effet que ce recul n’est qu’une manœuvre rapidement démasquée. Tout d’abord, l’extraction des andains se poursuit dans les champs de canne. Ces pierres rassemblées sur les limites des plantations viennent de l’épierrage des terrains. Cette préparation du sol vise à augmenter le rendement et à faciliter la récolte mécanique. Mais elle rend aussi les terrains plus sensibles à l’érosion. C’est pourquoi des andains suivent les courbes de niveau. Ils contribuent à retenir la terre. C’est un point capital car si le champ épierré n’est plus utilisé pour cultiver la canne, alors plus rien n’empêche la couche arable d’être à jamais perdue lors d’une forte pluie.

Ensuite, l’exploitation de nouvelles carrières n’est pas abandonnée par les partisans du projet de la route en mer. Des zones d’extraction possibles sont citées, elles se trouvent sur les territoires des communes de Saint-André et de Saint-Paul notamment, sans oublier la carrière de Bois-Blanc dont le projet d’exploitation n’est pas abandonné.

Ne baissons pas la garde

Si la Région Réunion s’entête à soutenir les explorations de gisements de galets, c’est pour alimenter son projet de route en mer. C’est là le fond du problème. Les atteintes à l’environnement continuent, aucune n’est remise en cause. Les déversements de galets se poursuivent, menaçant la survie d’un lagon en formation sur le littoral de La Possession. Le ballet des camions continue, charriant des andains et des pierres prélevées dans d’autres carrières. La richesse géologique de La Réunion continue d’être gaspillée, engloutie dans la mer pour un projet inutile.

C’est pourquoi il est nécessaire de ne pas baisser la garde pour obtenir la concrétisation d’une alternative au projet Robert de route en mer. Dimanche à l’Étang Salé, le collectif Touch pas nout roche organise un kabar qui a été maintenu malgré l’annonce de Didier Robert. La mobilisation se poursuit.


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