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Sacrifier les intérêts de La Réunion pour des ambitions personnelles démesurées

La ligne suicidaire de Didier Robert

Manuel Marchal / 25 novembre 2009

Après Jean-Paul Virapoullé qui voulait jeter le tram-train à la poubelle, Didier Robert annonce qu’il est responsable de la décision du gouvernement annoncée par Marie-Luce Penchard dans la presse, et il se vante même d’avoir écrit au président de la République pour que ce dernier ne suive pas Paul Vergès. Pour satisfaire les ambitions personnelles démesurées du "petit dictateur des Hauts", certains sont prêts à sacrifier les intérêts de 800.000 Réunionnais, quitte à ridiculiser sur le plan international l’ambition affichée par le président de la République de faire de La Réunion une île exemplaire sur le plan du développement durable. Pourquoi un tel aveuglement à soutenir une stratégie qui a fait perdre à l’UMP toutes les élections organisées depuis 2008 ?

Le tram-train est un projet d’intérêt général pour La Réunion et pour la République. C’est ce que veut sacrifier Didier Robert pour satisfaire ses ambitions personnelles démesurées. Mais force est de constater qu’à Paris, certains ont cru bon de soutenir cette idée du "petit dictateur des Hauts". Il est évident que ce soutien ne doit rien à la logique, car il suffit de se remémorer les dégâts considérables infligés à l’UMP et à la crédibilité du gouvernement par le député-maire du Tampon.
En mars 2007, Didier Robert a attaqué la présidente sortante UMP du Conseil général avec un groupe d’élus majoritairement centristes. L’objectif était de prendre le pouvoir au Conseil général. Cette tentative de coup d’État était retransmise en direct à la télévision, elle a échoué. Par la suite, les mauvais perdants s’en sont donc pris à la Direction parisienne de l’UMP et à la présidente UMP du Conseil général, jugés responsables de l’échec du putsch.

Objectif Réunion

Cet excès de ressentiment a débouché sur la création d’Objectif Réunion, au sein duquel Didier Robert a entrainé non seulement son groupe majoritairement centriste, mais aussi des élus de l’UMP. Ce mouvement s’affichait donc clairement en rupture avec Paris et la Direction de l’UMP. Et il n’était pas avare de déclarations affirmant que Paris ne pouvait pas comprendre. Ainsi, dans "Le Quotidien" du 26 mars 2008 : « On vient de voir ce que cela donne les liens avec Paris », affirmait Didier Robert. « Et l’expérience nous a montré que, même en étant à l’UMP, nous avions du mal à faire passer nos messages auprès du gouvernement. Je n’étais pas d’accord avec la réduction des crédits de mobilité, ni avec la diminution des effectifs dans l’Éducation nationale. Mes prises de position n’ont pas été relayées ».
Quatre mois plus tard, Objectif Réunion tenait sa première et à ce jour unique assemblée. Le mouvement affirmait sa volonté de monter sa propre liste aux Régionales, et désignait à sa tête, en tant que délégué général, Didier Robert.
À Paris, certains ont cru bon de récupérer Didier Robert pour en faire un porte-parole de l’UMP. Ils l’ont donc fait entrer dans le bureau politique de l’UMP en janvier 2009, ce qui n’a pas manqué de susciter pour le moins la surprise de tous ceux qu’il a embarqué dans Objectif Réunion.
Moins d’un an plus tard, les dégâts infligés à l’UMP sont considérables, la crédibilité du gouvernement est entamée et la crise de confiance s’est amplifiée.

Quatre élections perdues

Cette année en effet, quatre élections ont été annulées par le Conseil d’État. Conséquence de cette décision : quatre battus des élections de mars 2008 sont remis en selle. Quatre scrutins ont été organisés avec un premier tour le 27 septembre et un second le 4 octobre, et avaient comme objectif de permettre à l’UMP de se renforcer au Conseil général pour tenter de reprendre la main, et de prendre le contrôle de deux grandes villes : Saint-Paul et Saint-Louis. Après la tentative de putsch au Conseil général, Didier Robert se devait de montrer à la Direction de l’UMP ses qualités de stratège.
Le 4 octobre, le peuple vote : tous les candidats soutenus par Didier Robert sont battus. Et puisque Didier Robert n’a pas pu remettre Cyrille Hamilcaro à la tête de la Mairie de Saint-Louis, il vient de l’embaucher au Tampon. Quel salaire ? Quelles sont les conditions financières ? Le "petit dictateur des Hauts" récompense, les contribuables connaîtront-ils le prix de cette récompense ?
Mais tous ces faits n’ont apparemment pas suffit à certains à Paris pour tirer tous les enseignements. Ils continuent de regarder la situation à La Réunion à travers le prisme de Didier Robert. Et maintenant, ils soutiennent "le petit dictateur des Hauts" quand il tente de torpiller le tram-train, de la même manière qu’il a torpillé la rocade du Tampon. Dire que cet élu veut présider la Région.
Mais est-ce que ses amis parisiens savent que le député-maire du Tampon affiche son désaccord avec l’ambition affichée du gouvernement de construire beaucoup plus de logements sociaux ? Son absence aux côtés de la ministre de l’Outre-mer lundi lors de la visite de logements sociaux à Saint-Denis était prévue d’avance, car Didier Robert avait peur d’être interrogé sur la politique du logement au Tampon, et d’être ridiculisé. En effet, il utilise l’argent des contribuables pour payer une lourde amende, plutôt que de respecter la loi qui oblige à respecter un seuil minimal de 20% de logements sociaux dans sa commune.
Voilà le jeu auquel certains jouent à Paris : sacrifier les intérêts de La Réunion au profit d’ambitions personnelles démesurées d’un stratège qui fait perdre l’UMP à chaque élection. Ont-ils vraiment mesuré les conséquences d’une stratégie aussi suicidaire ?

M.M.


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