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Sauvons Air Austral

Un enjeu de l’élection présidentielle

Manuel Marchal / 20 avril 2012

La plus grande entreprise réunionnaise fondée au cours des 25 dernières années est gravement menacée. Des responsables politiques ont décidé de laisser Air France mettre la main sur Air Austral. La survie de la compagnie réunionnaise est un problème qui relève du plus haut niveau de l’État. Pour Paul Vergès, « c’est l’enjeu de la prochaine présidentielle, nous ferons tout pour sauver une compagnie réunionnaise ».

À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, une nouvelle vient tout bouleverser. Didier Robert a rencontré à Paris un cadre d’Air France. Ce dernier est pressenti pour prendre la direction d’Air Austral, la plus grande entreprise réunionnaise fondée au cours des 25 dernières années, rien de moins. Cette nouvelle tentative d’Air France de mettre la main sur la compagnie aérienne réunionnaise fait peser une telle menace sur notre pays et sur les 1.000 emplois d’Air Austral que Paul Vergès indique que cette question est l’enjeu de la prochaine présidentielle. C’est la mobilisation pour faire échec à cette manœuvre soutenue par des responsables politiques d’ici et à Paris. Ce coup de force tombera d’autant plus facilement à l’eau qu’il implique le plus haut niveau de l’État, et que dans un peu plus de deux semaines, nous aurons changé de président de la République.
Didier Robert a pu s’octroyer le titre de président du Conseil de surveillance d’Air Austral, et il a précisément mis son veto au plan de redressement de la compagnie mis en œuvre par sa direction. Résultat, l’ami de Sarkozy crée les conditions d’une aggravation du déficit. Puis, dans une comédie qui ne trompe personne, des banques ont dit qu’elles étaient prêtes à apporter un soutien financier ponctuel à condition que la direction réunionnaise d’Air Austral soit éliminée. Personne ne peut croire que de telles décisions ont été prises sans l’aval de l’Élysée. Et comme par enchantement, un cadre d’Air France est présenté comme le futur chef d’Air Austral.

La plus grande réussite réunionnaise

« Nous avons fait d’une compagnie réunionnaise avec des capitaux réunionnais et des pouvoirs publics réunionnais le principal acteur du désenclavement de l’île », rappelle Paul Vergès. « C’est ce qui est aujourd’hui menacé ». « Air Austral connaît les difficultés des autres compagnies aériennes », mais dans une moindre mesure, dit en substance Paul Vergès. Ce n’est pas comme à Air France où il y a des suppressions d’emplois.
Cette volonté de donner à Air France la direction d’Air Austral est en totale contradiction avec tous les engagements pris par tous les candidats à la présidentielle lors de leur passage à La Réunion. Tous ont dit qu’il y a suffisamment de Réunionnais diplômés pour occuper des postes à responsabilité. Mais au moment de la mise en pratique, on constate que les dirigeants réunionnais de la plus grande réussite économique de ces 25 dernières années dans notre pays sont dégagés et on annonce la venue d’un cadre d’Air France. Alors que la compagnie française avait quitté brutalement l’actionnariat d’Air Austral par mesure de représailles, c’est aujourd’hui Air France qui vient diriger Air Austral. En écho aux engagements des candidats, on élimine les quatre dirigeants réunionnais d’Air Austral, « nous disons, cela n’est pas admissible », affirme Paul Vergès.

« Les responsabilités seront nouvelles »

Aujourd’hui, la plus grande entreprise réunionnaise créée depuis un quart de siècle, comptant maintenant plus de 1.000 employés, est menacée. C’est un problème qui relève du plus haut niveau de l’État.
« Sauver La Réunion et ses cadres dirigeants réunionnais, cela fait partie du programme de développement durable, du combat de la présidentielle », ajoute Paul Vergès.
« Je sais qu’on s’active pour créer le fait accompli au plus vite. Mais dans une grande entreprise comme Air France, il n’y a pas de fait accompli, l’État est présent dans Air France, et les responsabilités seront nouvelles », précise l’ancien président d’Air Austral. Le changement de gouvernement aura des répercussions sur la stratégie d’Air France, dont l’État est un actionnaire de référence. Alors l’objectif de la compagnie française ne sera plus de lutter contre Air Austral. « Nous ferons tout pour sauver Air Austral et la maintenir avec des capitaux réunionnais et une direction réunionnaise. Ce sera l’enjeu du deuxième tour », conclut Paul Vergès.

M.M. 

Air Austral : 25 ans d’une réussite réunionnaise exemplaire

Dans les 25 ans d’histoire d’Air Austral. Il y eut tout d’abord la volonté d’assurer une desserte aérienne de Mayotte à partir de La Réunion, ce qui fut fait avec l’avion de Réunion Air Service, compagnie créée par Gérard Ethève. Au moment de la création d’Air Austral, il y eut l’accord entre Pierre Lagourgue, ancien président du Conseil de surveillance de la compagnie, et Jacques Attali, président d’Air France, fixant une répartition des rôles entre les deux compagnies : les liaisons régionales pour Air Austral, le long courrier vers la France pour la compagnie française. Air France était alors actionnaire de 30% de la compagnie réunionnaise.

D’autres compagnies ont tenté de s’attaquer au monopole d’Air France sur la liaison intercontinentale. Après les échecs de Point Air, le projet le plus solide avait été celui d’AOM. Face à la puissance d’Air France, AOM fusionna avec Air Liberté pour tenter de survivre avant de changer de nom pour s’appeler Air Lib. Placée sous la direction d’un ancien pilote d’Air France, Air Lib fit rapidement faillite, ce qui laissait alors à Air France un quasi-monopole sur la liaison La Réunion-Paris.

Pour pallier à cette disparition, Paul Vergès, président du Conseil de surveillance d’Air Austral, propose au gouvernement que la compagnie réunionnaise assure les vols longs courriers. La ministre de l’Outre-mer de l’époque, Brigitte Girardin, accepte et Air Austral inaugure sa liaison avec la France. À partir de ce moment, Air France décide de se retirer brutalement du capital d’Air Austral, car la compagnie réunionnaise osait venir sur ce que la compagnie française estimait être sa chasse gardée. Ces représailles n’allaient pas déstabiliser le développement de la compagnie réunionnaise.

Son dynamisme lui permit d’assurer non seulement des liaisons vers Roissy, mais aussi vers Marseille, Lyon, Toulouse, Bordeaux et Nantes. Air Austral est devenue la première compagnie sur l’axe La Réunion-France, loin devant Air France, et cela pose un problème pour certains.

À cela s’ajoutent les lignes ouvertes vers Bangkok, Sydney et Nouméa qui ont consolidé la place d’Air Austral dans le paysage des compagnies aériennes.

Cette réussite réunionnaise exemplaire, d’une entreprise réunionnaise soutenue par des capitaux réunionnais et dirigée par des Réunionnais, elle est menacée par la convoitise d’Air France. Et il se trouve à La Réunion des personnes qui se prêtent à cette dépossession.

Didier Robert au service d’Air France contre les Réunionnais

La crise du pétrole cher a pénalisé tout d’un coup Air Austral, d’autant plus que l’euro s’est déprécié par rapport au dollar. Or, les recettes sont en euros, et le carburant est payé en dollars. Cette crise touche toutes les compagnies, notamment Air France qui a réduit considérablement ses effectifs, mais est loin d’être sortie d’affaire malgré cette casse sociale. Fort heureusement, Air Austral est très loin de cette situation plus qu’alarmante grâce notamment à la compétence de ses dirigeants.

Air Austral a évité tout licenciement en décidant de suspendre les liaisons déficitaires et en augmentant la fréquence de ses vols vers la France pour maintenir son activité. Mais aussitôt arrivé à la présidence du Conseil de surveillance, Didier Robert a imposé de maintenir l’exploitation des lignes qui aggravent le déficit.

Cette semaine, Didier Robert était à Paris pour rencontrer un cadre d’Air France qui est pressenti pour succéder à la direction réunionnaise de l’entreprise poussée à la démission il y a quelques jours. La brièveté du délai montre bien le coup monté, tout comme la comédie jouée par les banques implantées à La Réunion qui auraient exigé la démission de la direction pour prêter de l’argent…

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