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Section de La Possesion : « Que la jeunesse se prenne en main »

Nout Zournal N°5

Témoignages.re / 21 septembre 2012

L’un est né en 1934, l’autre en 1942. Tous deux possèdent une parcelle de la mémoire collective de la section de La Possession. Le Parti ? Depuis leur plus petite enfance, ils sont « dedans ». Aristole Abraham se souvient des années 1940 : l’école commencée à 6 ans et arrêtée la même année ; la guerre faisait rage. Le père, un ouvrier aux idées radicales, engagé dans toutes les luttes. « Ziska kan li té boir son kou d’sek lu té chant’ l’Internationale » sourit encore le camarade Abraham, plein de tendresse filiale. « Lo papa la touzour di anou : Parti communiste c’est le Parti travailleur ». Une époque où, rappelle-t-il « nou navé poin rien. Domoune té sa va tou ni, nou té manz rienk manioc, tapioca, patates, maï. On diré koméla domoune na toute… mé souvan lé plu dur ankor. Parsk sèt i giny rienk in 400 euros, li na pou paye lo, lo kouran… avan té sava tou ni preske, mé navé lé champs, ou sinon sa lété posib’ alé rode in nafèr po manzé dann la ravine. Koméla domoune na pliss, mé souvan zot na moin ». Le parti des travailleurs : c’est cette identité que garde en tête Aristole Abraham et Roger de Louise. Lui, est le fils d’un conseiller municipal. Il se souvient du temps de Jamin, dans son enfance, où « on se cachait pour voter ». Un temps où l’on ne parlait pas de « gauche », de « droite », ni de « socialistes », mais de « communistes », « capitalistes », « fascistes ». Sa vie, son enfance, il les a passées dans l’environnement de mobilisation permanente créée par le Parti communiste réunionnais. Toute sa culture personnelle a été marquée par cet engagement. Devenu adjoint après la prise de la mairie en 1971 par Roland Robert, il s’est attaché à poursuivre le combat. Que pensent-ils de la reconstruction ? Les deux camarades n’ont aucun mal à « détak la lang ». « Ce n’est pas facile », affirment-ils. « Mais si les jeunes ne prennent pas leurs responsabilités, l’avenir est sombre. On ne peut pas rester dans l’attente. Il faudrait que la jeune génération agisse, se prenne en main. Il y a eu une génération qui a pris ses responsabilités. Peut-être étaient-ils timides eux aussi. Mais zot la parti en avant. Et la nouvelle génération doit en faire autant ».

Geoffroy Géraud Legros


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