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Section de La Possesion : « Somin droite »

Nout Zournal N°5

Témoignages.re / 21 septembre 2012

Côte à côte, les deux camarades évoquent les souvenirs de la section. « Dans les années 1950, le pouvoir a dégagé tous nos maires. C’était le temps de Perreau-Pradier. La fraude sévissait partout. C’était la caricature : les capitalistes faisaient 100% aux élections, ziska lo candidat communiste lavé pa vote po li même ». Les deux militants le rappellent : ce temps n’était pas celui des « espère-kui ». Ceux qui étaient sur une liste étaient volontaires, et n’espéraient même pas gagner. Du côté du Parti, le Congrès constitutif de 1959 marque une volonté de retourner dans la bataille, alors que le cyclone de la répression fait rage. C’est le temps des cellules, base de l’organisation du PCR. Une activité qui se développe dans la clandestinité… Car la répression fait partie du quotidien des militants communistes, et de ceux qui leur sont favorables. « Certains camarades, lauréats à des concours, ont été déchus de leurs réussites. On leur a interdit de se représenter ! » Les deux vétérans égrènent des noms : Eloi Julenon, Antoine Lambes, Arthur Almery, Jules Saoula, Théo Paviel et, évoquent-ils avec émotion, « la camarade Barouty, tabassée un soir de dépouillement, à un point tel qu’elle en est restée invalide ». Le temps de la lutte est aussi celui de l’unité « dosi la liste 1971, navé pa rienk communiste. Navé kamarad Témoignages chrétien, navé dé démocrates. Domoune ke lété pa communiste, mé ke lavé désidé march èk nou ». La prise de la mairie se fait par le vote, mais aussi contre un mur de CRS. Les lacrymogènes volent. La victoire en 1971 a paru irréelle à bon nombre. « Les employés communaux, disaient qu’on ne tiendrait pas un mois, ni deux mois, ni trois mois… et puis ils ont fini par s’habituer ». Pour Aristole et pour Roger, qui devient adjoint dès la première mandature de Roland Robert, c’est surtout le temps des grandes réalisations. « En une année, la municipalité démocratique a ouvert autant de classes qu’il y en avait jusque là sur toute la commune ». Le temps des efforts, pour apporter à la population l’eau, l’électricité, l’éducation. D’un gros bourg, La Possession est devenue une ville. « Somin droite » d’antan, la ville s’est développée, malgré toutes les embûches mises sur son chemin. Des difficultés nouvelles sont nées, mais en dehors du PCR, il n’y a toujours pas de projet : on attaque, on critique, en espérant rétablir un pouvoir comme celui d’hier, qui se satisfait de l’abandon des citoyens et de leurs causes. Comment les combattre sans un esprit et un parti reconstruits, qui affirment et proposent le « somin droite » des idées ?

Geoffroy Géraud Legros


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