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Servir les intérêts des RUP

Conférence de Younous Omarjee à Saint-Pierre

Céline Tabou / 19 mai 2014

Après une rencontre avec le Conseil municipal de Petite Ile, Younous Omarjee a tenu une conférence à Saint Pierre, afin de présenter ses propositions pour les RUP au sein de l’Union Européenne et d’exposer les enjeux pour les régions ultrapériphériques (RUP) au cours de la prochaine législature.

Lors de cette conférence, Younous Omarjee a souhaité « profiter de cette occasion, pour rendre un hommage à Elie Hoarau qui a ouvert la voie le travail qu’on essaie d’accomplir aujourd’hui ».

« Plus que jamais, il est important d’avoir des députés au Parlement Européen qui accomplissent une défense acharnée et libre des intérêts de nos régions en Europe ». Ce dernier a assuré que « nous n’allons pas chercher nos ordres dans tel ou tel parti politique à Paris. Non, nous pensons par nous même et pour nous même. C’est librement que nous votons toujours en fonction de l’intérêt de nos pays ».

Dire la vérité aux Réunionnais

Le député sortant a expliqué qu’il ne souhaitait dans cette campagne polémiquer avec personne mais rappeler la vérité des faits, la vérité des votes notamment sur la question de la fin des quotas sucriers. « Tout le développement de la culture de la canne chez-nous, reposait historiquement sur un système de prix garantis et de quotas garantis, mais l’Organisation mondiale du commerce fait des injonctions permanentes à l’Union Européenne », a expliqué Younous Omarjee.

Face à ces injonctions répétées, l’Union européenne « a décidé de supprimer les quotas. Ce n’est pas une affaire d’aujourd’hui, on sait depuis 2005 que ces quotas tomberont en 2014 ». « Il faut dire la vérité aux Réunionnais. C’est que nous au Parlement européen, on a demandé de reporter la fin des quotas en 2020 ». Parce qu’on considérait qu’en 2015, cela allait créer des désordres considérables et que les planteurs ne pourraient pas supporter le choc ».

C’est pourquoi, « on a demandé cinq ans de sursis, afin de placer les planteurs à l’abri ». Cette demande, devenue amendement, a été acceptée par le Parlement Européen. Mais le Conseil européen en a décidé autrement et, sans doute sous la pression du lobby agroalimentaire, n’a pas souhaité s’aligner sur la même position que le Parlement européen, c’est à dire le report jusqu’en 2020. « C’est ça la réalité », a indiqué Younous Omarjee.

Lors du Conseil européen, « avec les chefs d’Etat ont décidé de faire tomber les quotas des 2017 ». Et « quand la proposition du Conseil européen est revenue au Parlement européen, tous les députés de la droite UMP mais aussi socialistes ont voté pour la fin des quotas en 2017 », a assuré le député sortant. Moi j’ai voté contre, quand Maurice Ponga tête de liste UMP pour les outre mers à vote pour. Je regrette toute la démagogie actuelle des candidats sur cette question. Ce n est pas sérieux ».

« Nos intérêts sacrifiés »

« Souvent nos intérêts sont sacrifiés par ceux-là même qui disent vouloir défendre nos intérêts », a dénoncé le député. « Il y a plein d’exemples, sur la pêche c’est pareil », a indiqué Younous Omarjee. Ce dernier en a profité pour expliquer son « devoir de travailler pour les Mahorais, en tant que Réunionnais, j’ai une responsabilité encore plus grande, parce que je peux travailler à l’amélioration des liens et à plus de fraternité entre nos deux peuples ».

D’autant plus que « sur Mayotte, on a vu la même chose. On a déposé un amendement pour interdire que les thoniers sonneurs viennent piller la ressource des Mahorais ». Mais, « cet amendement a été combattu au Parlement européen, par la droite et au Conseil Européen. Les chefs d’Etat ont décidé de privilégier des flottes espagnoles plutôt que les intérêts des pêcheurs mahorais ».

Face à cela, « nous de l’Union pour les outremer, nous nous déterminons uniquement par rapport aux intérêts de nos régions. C’est tout le sens de la liste que nous portons pour ces Européennes ». Précisant que sur sa liste de l’Union des Outremer, les personnalités présentes « ont toujours fait le choix de leur pays ».

Citant le Parti Progressiste Martiniquais, « fondé par Aimé Césaire », l’Union calédonienne du FLNKS, « c’est l’honneur aussi d’avoir avec nous, Guadeloupe Unie, « qui n’écoute pas les consignes des partis nationaux », et enfin en Guyane, « le Parti Socialiste Guyanais, qui se détermine par rapport aux intérêts des Guyanais ».

« C’est ce qui fait la grande force de cette liste. Au soir du 25 mai, je crois que le signal sera très fort, car le regroupement de parti, qui n’a pas les moyens des grand partis se retrouvera en tête sur l’ensemble de la circonscription » a ainsi conclu la première partie de son intervention, le député sortant Younous Omarjee.

Céline Tabou


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