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Seule solution : opposer aux démolisseurs la rigueur du rassemblement sur un projet

Près de 176.000 demandeurs d’emploi

Manuel Marchal / 29 avril 2015

Les chiffres du mois de mars de Pôle emploi confirment la crise : 175.610 Réunionnais étaient inscrits comme demandeurs d’emploi. Cette situation ne doit rien à la fatalité. Elle est le résultat de décisions politiques prises par des démolisseurs qui veulent encore sévir.

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La campagne d’explication du PCR est lancée : un rassemblement pour redresser l’économie de La Réunion est possible.

Souvenons-nous de ce mot d’ordre de Ho-Chi-Minh : « une fois le yankee battu, nous bâtirons le pays 10 fois plus beau ». Il l’avait lancé en 1969, au plus fort de l’offensive de l’armée des États-Unis contre le Vietnam. Seuls les militants convaincus pensaient que ce mot d’ordre était réaliste, et qu’il allait survivre au décès de celui qui l’avait lancé. Car 6 ans plus tard, le pays était libéré, et il allait pouvoir se reconstruire.

La Réunion fait face aujourd’hui à une catastrophe, c’est la hausse continue du nombre de demandeurs d’emploi. Leur nombre se rapproche inexorablement de 176.000. Depuis des décennies, notre île est touchée par le chômage de masse. Tout a commencé à s’accélérer au début des années 1970 quand plusieurs décisions politiques ont été prises. Ce fut tout d’abord la signature par la Fédécanne de Virapoullé de l’accord de 1969 avec les usiniers. Ce document a changé les rapports au sein de la filière, en dépouillant le planteur de la propriété globale et en le réduisant à un rôle de simple fournisseur de matière première, la canne, le végétal.

Le résultat est aujourd’hui sous nos yeux : de plus de 10 usines à 2, de plus de 24.000 livreurs de cannes à moins de 4.000. Quelques années après cet accord scélérat, c’est au tour du géranium d’être sacrifié au nom des intérêts de la France : plusieurs milliers de planteurs sont ruinés malgré de violentes manifestations de protestation. Parallèlement, le gouvernement refusait de soutenir le développement de La Réunion. Pour faire face à l’arrivée des jeunes sur le marché du travail, il ne proposait que leur exil en masse vers la France, c’était la période du BUMIDOM.

L’Alliance avait redonné l’espoir

Ces décisions ont fait gonfler le chômage. Elles avaient accentué la crise et, dès 1975, le taux de chômage était déjà à 25 %. L’arrivée au pouvoir de la gauche en France en 1981 a précipité la crise puisque la barre symbolique du million de chômeurs a été dépassée. Cela a débouché sur les émeutes de Saint-Denis en 1991. L’union des Réunionnais au Conseil régional a alors permis de limiter les dégâts. Il a fallu attendre 1998 pour qu’un espoir de sortie de crise soit visible.

Avec l’arrivée d’une majorité conduite par Paul Vergès, la Région Réunion allait se mettre à l’heure du développement durable. Toutes les actions se sont inscrites dans une stratégie : préparer La Réunion du million d’habitants. Cela suppose construire les infrastructures et anticiper les besoins en énergie. Pour cela, la Région avait lancé d’une part des grands chantiers, et d’autre part le mot d’ordre d’autonomie énergétique. Cela a fait de La Réunion un pays admiré dans le monde entier. Ce n’était pas qu’une vitrine, car la confiance revenait et le chômage commençait enfin à diminuer.

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Évolution de la courbe du chômage à La Réunion.

Les démolisseurs aux commandes

L’embellie a été de courte durée, car remise en cause par l’arrivée au pouvoir des élus démolisseurs.

C’est Didier Robert qui donne le signal de l’offensive en 2007 : il casse le projet de rocade Sud. Un chantier de 100 millions d’euros était prêt à démarrer. À part l’Alliance, aucune organisation politique ou syndicale n’a protesté contre ce forfait. Le signal allait être bien compris par des équipes nouvellement élues à la tête des municipalités en 2008. À Saint-Denis, le Pôle océan est sabordé, tout comme le Zénith intercommunal. À la place de ces réalisations se dressent aujourd’hui un terrain vague et un parking. À Saint-Paul, Bello stoppe l’hippodrome. Le projet était tellement avancé que des jeunes étaient déjà partis se former en France au métier de lad-jockey… et elle a l’outrecuidance de parler de la jeunesse.

C’est dans cette période triste que la courbe du chômage est repartie à la hausse.

Tout s’est encore accéléré en 2010. Élu président de Région grâce au soutien des socialistes et de Bello, Didier Robert allait mettre en œuvre le plan de démolition de tous les grands projets. Seuls le lycée de Sainte-Anne et le pont de la rivière Saint-Etienne ont pu échapper à la casse, il était bien trop tard pour les stopper. Mais pour le reste, cela fut le coup d’arrêt à l’activité économique de La Réunion : arrêt du chantier du tram-train, remise en cause du projet Perben de nouvelle route du littoral, suppression de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, et du projet de couverture de la route des Tamarins par des panneaux photovoltaïques, gel des constructions de lycée.

Le résultat ne s’est pas fait attendre, le chômage a atteint des sommets, la confiance s’est envolée et les investisseurs aussi. Ainsi, la Martinique a pris à La Réunion le projet d’énergie thermique marine et devient aujourd’hui l’exemple en matière d’énergies renouvelables. Quant à la Guadeloupe, François Hollande y inaugurera le 10 mai prochain un centre culturel qui ressemble trait pour trait à une Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise.

Ils veulent encore le pouvoir

Manifestement, les démolisseurs ne sont pas rassasiés. Didier Robert veut se maintenir au pouvoir tandis que Bello fait monter les enchères en se déclarant candidate. Au même titre que Michel Vergoz, alors chef de file des socialistes à la Région, elle n’a jamais exprimé la moindre opposition à la casse des grands projets de l’Alliance. Un comble alors que quand elle était maire de Saint-Paul, la commune a le plus largement bénéficié des retombées du chantier du siècle : deux tiers des 38 kilomètres de la route des Tamarins.

Une autre politique est possible

Quand Paul Vergès était président de la Région, il a déployé une force inouïe pour bâtir et négocier des moyens exceptionnels. Les grands projets absorbent en effet beaucoup d’argent. La courbe du chômage s’était redressée. Les démolisseurs ont montré leur capacité de nuisance. Au nom de ceux qui souffrent au quotidien, il faut imposer la rigueur de la démarche de rassemblement sur la base d’un programme.

Depuis le 18 avril, le PCR a lancé une campagne d’explication autour de ses propositions. Cinq d’entre elles constituent un socle pour le rassemblement des forces vives qui veulent redresser l’économie de La Réunion :

-  lutter pour sauver la filière canne,
-  construction d’un train,
-  6 % de hausse des bas revenus,
-  les énergies renouvelables,
-  la création d’une instance de concertation des élus : le Congrès.

Comme vous pouvez constater, cette démarche est à l’opposé du bal des égoïstes hyper indexés. Qu’ils s’affirment de gauche ou de droite, femme ou homme, cela n’a aucune importance.



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Messages






  • L’urgence commande et sans plus tarder un rassemblement de toutes personnes de bonnes volonté ; les récentes élections furent entre autre un indicateur en ce sens, pour une vision Humaniste et de progrés à la Réunion. Nous en sommes capable, alors réunissons sur l’essentiel pour briser les souffrances, le désarroi ambiante, remettre l’Homme au coeur du progrés politique et ainsi réhabiliter la politique par la meme occasion.
    Ne perdons plus du temps , la situation est difficile, grave pour tous celles et ceux qui , faute d’un relais efficace, sont enfoncés de plus en plus dans l’oubli et ça nous ne pouvons l’accepter !

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  • Titienne
    Puisque vous parlez d’union de toutes les bonnes volontés pour développer davantage La Réunion, je pense que l’interview de Monsieur Omarjee, député Européen, doit vous satisfaire. il a parlé de travailler avec tout le monde dans l’intérêt de l’ïle et de ses habitants, à ait appel aux élus locaux afin qu’ils s’investissent.
    Toutes choses que je trouve positive.
    Il aussi dit qu’il se méfiait des partis politiques. peux être que cela ne vous plait pas trop.
    A titre personnel je comprend aussi sa position et je l’approuve.

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