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Simone Yée Chong Tchi Kan et Jean-Denis Comorassamy : choix de la résistance et de la compétence

Elections départementales : canton de Trois-Bassins/Saint-Leu

Manuel Marchal / 3 janvier 2015

Quelques jours après l’annonce de la candidature, Simone Yée Chong Tchi Kan et Jean-Denis Comorassamy se sont présenté hier à la presse à Piton Saint-Leu. Les deux candidats mobilisent pour sauver les planteurs, pour l’emploi et pour un aménagement des Hauts.

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Jean-Denis Comorassamy, Simone Yée Chong Tchi Kan et quelques membres du comité de soutien présents hier lors de la présentation de la candidature.

Les élections départementales ont bouleversé la carte des cantons. Trois-Bassins et Saint-Leu n’échappent pas à la règle. Les deux communes forment une seule circonscription pour cette élection. Seules exceptions : les quartiers de Bois-de-Nèfles et du Plateau qui sont dans le canton comprenant les Avirons.
Simone Yée Chong Tchi Kan souligne qu’auparavant, les deux communes se répartissaient en trois cantons, il n’y en a plus qu’un désormais. Et donc les électeurs de ces deux communes éliront deux conseillers départementaux au lieu de trois conseillers généraux. C’est donc « le moment de désigner deux élus disponibles qui se consacrent totalement à cette tâche », explique Simone Yée Chong Tchi Kan.
Dans ce canton fortement marqué par le poids du secteur agricole, c’est un planteur qui est candidat. Jean-Denis Comorassamy travaille sur une exploitation de 5 hectares en cannes et en maraîchage. « L’avenir est sombre. Le monde planteur est inquiet. On ne sait pas ce qu’on va devenir quand le prix du sucre ne sera plus garanti », indique-t-il, rappelant que le président de la République a annoncé 38 millions d’euros d’aides supplémentaires sous condition de l’Europe. Mais rien n’est encore sûr.

Sauvons les planteurs

Pour illustrer son propos, il fait état des difficultés des planteurs pour obtenir un prêt bancaire. Faute de soutien financier, les replantations ne se font plus et des cultivateurs exploitent des souches vieilles de 15 ans. À cause de l’incertitude sur l’avenir de la filière canne, les banques ne suivent plus.
En plus, la sécheresse a fait des dégâts. Malgré l’irrigation, les rendements plafonnent à 50-60 tonnes de cannes à l’hectares. C’est pourquoi avec 5 hectares, « on survit ».
Simone Yée Chong Tchi Kan rappelle le précédent du géranium. C’était ce qui faisait vivre les Hauts, et tout s’est effondré. La candidate rappelle les affrontements entre les planteurs ruinés et les CRS au Plate.
Le canton a aussi connu la fermeture de l’usine de Stella. C’était une catastrophe pour les familles des travailleurs, tandis que l’usinier était indemnisé et a fait fortune ailleurs.
Cela explique pourquoi c’est un planteur qui est le mieux placé pour parler au nom des planteurs menacés. L’engagement politique de Jean-Denis Comorassamy a été précédé d’un engagement syndical au sein de la FDSEA.
Le candidat a été aussi président du club de football de Portail de 1994 à 2011, et il est vice-président d’une association culturelle, Nattya Kaliani.

Des batailles menées à Trois-Bassins

« Pour défendre l’économie locale, filière canne, l’action associative n’est plus suffisante. J’ai décidé de passer à l’action avec des personnes qui vont défendre notre canton », poursuit-il, saluant l’action militante de Simone Yée Chong Tchi Kan au cours de ces trente dernières années à Saint-Leu. Jean-Denis Comorassamy se souvient des premières colonies de vacances organisées à Saint-Leu sous l’impulsion de sa co-listière. Aussi est-il « fier de travailler avec quelqu’un comme Simone ».
Simone Yée Chong Tchi Kan revient sur ses engagements au cours des dernières années à Trois-Bassins. Elle a soutenu la création d’activités par des chômeurs, malgré les oppositions d’élus qui ont bloqué les contrats. Elle déplore aussi qu’à l’échelle de l’île 7.000 contrats aidés soient restés à terre, ce qui dénote le peu de préoccupation d’élus vis-à-vis de la détresse de la population.

Pour une route de moyenne altitude

C’est pourquoi le binôme présenté répond à une nécessité : avoir une bonne connaissance de ces deux villes pour contribuer au développement de ce canton.
Au-delà du social, les deux candidats veulent aussi proposer un réaménagement du territoire, pour que les Hauts aient leur propre modèle. « Les bas sont déjà saturés, ne faisons pas la même erreur », souligne Simone Yée Chong Tchi Kan. C’est pourquoi les deux candidats plaident pour la construction d’un échangeur entre la route des Tamarins et le chemin Dubuisson à Saint-Leu, point de départ d’une route de moyenne altitude qui relierait les hauts de l’Ouest et du Sud.


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