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Solidarité réunionnaise au service du développement

Le Fonds d’investissement réunionnais, proposition du PCR

Témoignages.re / 4 novembre 2013

Le PCR était l’invité politique du journal télévisé d’Antenne Réunion. Maurice Gironcel représentait le parti. Il a réaffirmé une proposition clé du PCR : un fonds d’investissement réunionnais pour financer les projets.

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Pour financer les grands projets créateurs d’emplois et de dynamisme économique, le PCR propose le Fonds réunionnais d’investissement, abondé notamment par une double solidarité : solidarité réunionnaise avec l’épargne de la sur-rémunération pour empêcher la remise en cause de la situation des agents de l’État qui en bénéficient, et solidarité de l’État avec la part réunionnaise de la Banque publique d’investissement.

Hier soir, le PCR était invité dans le journal télévisé d’Antenne Réunion. Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR, a pu exposer quelques propositions du programme du Parti.

Après avoir réagi sur la libération de quatre otages et l’exécution de deux journalistes de RFI au Mali (voir encadré) , le responsable communiste a fait part de l’analyse de la situation et des conséquences que le parti en tire.

Des engagements à respecter

Il a d’abord été question de l’impopularité du gouvernement, et de la déception de celles et ceux qui avaient mis tant d’espoir dans l’alternance.

Maurice Gironcel note que cette impopularité dans les sondages est la conséquence d’une politique menée en France. « Le budget d’austérité fait que le peuple est mécontent ».

Le secrétaire général rappelle que le PCR avait appelé à voter François Hollande dès le premier tour pour des raisons bien claires. Pendant sa venue à La Réunion, le candidat Hollande avait pris des engagements sur les grands projets, sur les deux grands services dans l’environnement et l’aide à la personne, sur le tram-train, sur la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise. Ce programme doit être respecté.

Le parti qui propose

Maurice Gironcel a ensuite été interrogé sur la reconstruction. Il a rappelé la trahison de ceux qui n’ont pas voulu respecter la parole donnée. Cela a commencé à Sainte-Suzanne fin 2011, puis il y a eu la création d’un parti par ces personnes. Cela a affaibli le PCR qui a vu son nombre d’adhérents chuter à 2.000.

Depuis, le PCR a lancé sa reconstruction. Il a tenu un congrès à Sainte-Suzanne. Il a rassemblé au début du mois près de 2.000 personnes à la Halle des manifestations du Port. Et aujourd’hui, le PCR a 4.000 adhérents, et une direction collégiale composée d’un secrétariat général de 9 membres : 5 femmes et 4 hommes.

Le PCR continue d’être « le seul parti réunionnais à proposer un programme pour les Réunionnais ». C’est ce que la visite de François Chérèque a de nouveau montré. Le chargé de mission ayant même dit que le programme du PCR pose les véritables problèmes.

Maurice Gironcel faisait partie de la délégation d’élus du PCR qui a rencontré François Chérèque lundi dernier à la préfecture. Au cours de cet entretien, le PCR a insisté sur deux propositions : les deux grands services et le fonds d’investissement.

Comment le fonds sera-t-il financé ?

C’est sur ce dernier point que les questions ont porté hier à la télévision. En effet, se pose l’interrogation de savoir comment le PCR compte financer ses propositions, en particulier les grands projets. Une des réponses, c’est le fonds d’investissement réunionnais. Maurice Gironcel a expliqué comment il sera abondé.

La solidarité nationale jouera par le biais de la Banque publique d’investissement. Compte tenu de notre situation sociale hors-norme, les sommes mises à disposition de La Réunion devront être proportionnellement plus importantes que pour n’importe quelle région de France. C’est cette enveloppe BPI qui pourra intégrer le Fonds réunionnais d’investissement.

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Maurice Gironcel représentait hier le PCR sur Antenne Réunion.

Un autre moyen, c’est le prélèvement d’une partie des bénéfices de sociétés qui font d’importants profits à La Réunion, et qui ne laissent pas ces sommes ici. Le secrétaire général a cité l’exemple des compagnies pétrolières, filiales de groupes extérieurs.

Un autre prélèvement pourra être effectué sur les bénéfices faits à La Réunion par les sociétés de jeux, sans que cela impacte les joueurs.

Enfin, la solidarité réunionnaise va jouer. Maurice Gironcel constate qu’un débat a été lancé sur les salaires des agents de l’État outre-mer, et il rappelle qu’il existe des tentatives de remises en cause de la sur-rémunération.

Le secrétaire général souligne que « le PCR n’est pas pour la suppression de la sur-rémunération » , mais pour l’épargne. « Nous demandons que cet argent reste à La Réunion » . Et de souligner que quand le gouvernement de Raymond Barre avait diminué l’index de correction, tout avait été récupéré par Paris.

Maurice Gironcel note qu’à La Réunion, il existe des personnes qui peuvent épargner.

M.M.

Route du littoral : « on a des alternatives »

Maurice Gironcel a été sollicité pour connaître l’avis du PCR sur la demande de dérogation faite pour tenter de lancer un jour le chantier.

Le PCR constate qu’une première route du littoral a été construite. Elle a fait des victimes à cause des chutes de pierres. Une seconde a donc été lancée. Aujourd’hui, une troisième est en projet. « Arrêtons les frais », dit Maurice Gironcel, « on va mettre tout l’argent de La Réunion dans ces 12 kilomètres de route ». Le responsable communiste indique qu’au PCR, « on a des alternatives, dont le tram-train comme promis par François Hollande ».
« Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes »

La question des otages était le sujet brûlant de l’actualité sur lequel il était demandé à Maurice Gironcel de réagir.

Il a tout d’abord déclaré qu’il faut tout faire pour libérer les otages encore détenus. L’assassinat des deux journalistes de RFI pose le problème de la liberté de la presse. La liberté de la presse doit être totalement respectée, a-t-il ajouté, avant de déclarer que « le véritable problème de fond, c’est le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

Le responsable communiste a expliqué que, malheureusement, on est au tout début d’une crise qui va durer. Dans le Nord du Mali vivent des Touaregs qui veulent leur liberté. Ils sont dans la même situation que le peuple sahraoui ou le peuple palestinien.


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