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Son but atteint, Valérie Bénard lâche les ex-ARAST

La manipulation de la candidate UMP dévoilée

Geoffroy Géraud-Legros / 19 mars 2010

Lors de la crise de l’ARAST, Valérie Bénard s’était distinguée par sa volonté d’épargner l’argent des AGS et des attaques répétées contre le Conseil général. La manipulation avait éclaté au grand jour lorsqu’elle s’était retrouvée sur la liste de Didier Robert, à une position enviée même par les ténors de la droite réunionnaise. Aujourd’hui, les salariés de l’ARAST n’ont plus aucune utilité pour Valérie Bénard... qui ne prend même plus la peine de donner le change.

Pendant de longues semaines la faillite retentissante de l’ARAST a défrayé la chronique. Tout au long de la crise, plusieurs commentateurs, dont "Témoignages", ont mis en lumière les tentatives de retourner les travailleurs contre le Conseil général. Une série de faits avaient alors éveillé l’attention des observateurs : le silence — on pourrait même dire le mystère — entretenu autour des dirigeants de l’ARAST, pourtant responsables directs de la chute de l’association ; le déchaînement des conseillers généraux d’Objectif Réunion, pourtant au pouvoir pendant toute la période où s’était creusé le déficit de l’ARAST ; le rôle de certains meneurs du mouvement, dont en particulier l’ancienne cadre de l’ARAST Valérie Bénard, enragés à faire porter le chapeau au Conseil général. Tous ces éléments convergeaient visiblement vers un but : détourner les travailleurs en lutte de l’assureur, l’AGS, qui refusait de payer les salaires des employés de l’ARAST malgré une obligation légale évidente.

Valérie Bénard, de l’occupation de l’ARAST…

Au lieu d’exiger l’application de la loi, Valérie Bénard, relayée par les élus d’Objectif Réunion multipliait les fausses pistes, et poussait les salariés vers des procédures judiciaires irréalistes, au lieu de concentrer les efforts sur le paiement par les AGS.
En clair, tous ces gens poursuivaient un but fondamental : masquer le pillage de l’ARAST par ses dirigeants, qui se servaient des salaires de plus de 8.000 euros par mois et des avantages en nature délirants. Surtout, ils s’employaient à faire économiser à l’AGS, assureur patronal, l’argent qui devait être versé aux travailleurs. Chacun peut se souvenir de l’ambiance qui régnait alors : il était de bon ton de hurler avec les loups, et toute évocation des stratégies sous-jacentes était taxée de « théorie du complot », ou tout au moins de propos "partisan".

… à la liste de de l’UMP

Cette disposition d’esprit des uns et des autres n’a pas empêché la vérité d’émerger : après la rupture entre Jean-Paul Virapoullé et le maire du Tampon, Valérie Bénard, considérée comme la pasionaria des ex-ARAST, se retrouvait en 4ème position sur la liste de Didier Robert… place très convoitée, dont l’attribution avait été l’une des causes de rupture dans la liste de l’UMP.
Cette révélation n’étonna que ceux qui refusaient de voir les faits en face : en rejoignant le candidat UMP, Valérie Bénard faisait éclater au grand jour la manipulation de l’opinion… et montrait quel rôle y avait joué Didier Robert, qu’elle prétendait sans crainte du ridicule n’avoir rencontré que « trois ou quatre jours » avant son entrée sur sa liste.

Les ex-ARAST n’ont plus d’utilité pour Valérie Bénard

L’audience des Prud’hommes d’avant-hier montre que Valérie Bénard n’a désormais plus rien à faire des salariés de l’ARAST.
S’il renvoie la décision finale au 14 avril, le Tribunal remarque que les demandes déposées par les ex-ARAST ne remplissent pas les conditions minimales demandées par la procédure, pour être seulement recevables. En d’autre termes, Valérie Bénard, qui s’était chargée personnellement des dossiers, n’a strictement rien fait pour préparer les salariés à l’instance... montrant qu’elle n’avait fait que se servir des ex-ARAST pour lancer sa carrière politique auprès de Didier Robert, candidat de la casse sociale.
Au travers de ce nouvel épisode de l’affaire de l’ARAST, celui-ci s’affirme encore une fois comme un représentant de cette génération de politiques à qui tous les moyens sont bons pour accéder au pouvoir.

Geoffroy Géraud-Legros


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