Actualités

Soutien à notre culture réunionnaise

L’étape fondamentalement réunionnaise de la visite de François Hollande

Manuel Marchal / 17 avril 2012

Le 1er avril dernier, François Hollande arrive à Saint-Louis. Après la visite d’une ferme photovoltaïque arrive ce qui est le moment le plus fort, l’étape fondamentalement réunionnaise de son séjour : l’hommage du futur président de la République à nos ancêtres et son engagement à soutenir les projets pour la reconnaissance de notre culture réunionnaise.

Aux sources du non-développemement, il n’y a pas seulement une question de manque de moyens, il y a aussi une question culturelle. Car depuis le début du peuplement de notre pays, il y a eu un courant dominant dans notre société, qui est celui de la négation du peuple réunionnais. En coupant notre peuple de ses racines, les dominants tentent de perpétuer l’ordre injuste qui plonge la moitié de notre population en dessous du seuil de pauvreté. C’est pourquoi toute tentative de réconcilier le Réunionnais avec ses origines est farouchement combattue. Il y eut l’interdiction du maloya, la répression subie par le moring, la destruction de registres de l’époque de l’esclavage… le pouvoir agissait pour faire croire au Réunionnais qu’il était issu de nulle part, et que son chemin ne pouvait passer que par l’assimilation.
Mais ce pouvoir a été battu, et aujourd’hui plus personne ne pourra empêcher le maloya de s’exprimer. Grâce au travail de l’équipe de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, il est même inscrit au Patrimoine de l’humanité par l’UNESCO.
Il reste encore des résistances pour interdire au peuple réunionnais de prendre conscience de ce qu’il est. Elles se sont manifestées dans l’opposition à la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise. Le dernier carré des conservateurs a constitué une bien étrange coalition, allant de l’indépendantiste Aniel Boyer à l’UMP Didier Robert en passant par le socialiste Michel Vergoz et quelques déclassés venus de France aujourd’hui à la direction de la Région pour tenter de faire capoter ce projet qui vise à promouvoir l’égalité des cultures qui composent notre société réunionnaise.
Car ils ont compris qu’avec la MCUR allait s’engager un processus irréversible de changement dans notre pays : le peuple réunionnais va prendre conscience de sa force.
Il n’est ainsi guère étonnant qu’une des premières décisions de Didier Robert annoncée dans son discours d’investiture est l’arrêt de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, sous les applaudissements de Vergoz. Mais tout cela n’aura servi qu’à perdre deux ans. Le 1er avril à Saint-Louis, François Hollande s’est incliné sur la stèle rendant hommage aux Réunionnais morts sans sépulture, il a ainsi salué nos ancêtres et tout ce qu’ils ont apporté dans la construction de notre intraculturalité.
Ainsi nous allons reprendre notre marche vers la pleine reconnaissance du peuple réunionnais, un peuple unique au monde qui a tant à donner dans un monde dominé par des déchirements sur des bases religieuses ou culturelles.

Manuel Marchal 

« Le souvenir des âmes perdues et la responsabilité des âmes de demain »

« Notre histoire, nous devons la considérer dans son ensemble et en même temps, c’est cette histoire parfois dramatique, parfois douloureuse, parfois aussi heureuse qui a fait ce que nous sommes, et vous, Réunionnais, soyez fiers d’être ce que vous êtes, ce que je vois ici devant moi, cette foule métissée, d’hommes et de femmes, de parcours, d’origine de couleurs, différentes et en même temps unies, pour l‘identité de votre île et pour l’attachement que vous portez à la République.

Je suis ici dans ce cimetière des âmes perdues, et c’est au nom de ses âmes perdues que nous devons une nouvelle fois, être à la hauteur de l’histoire.

Nous devons préparer la génération future, nous devons lui donner la place qu’elle attend, nous devons être, chacun, chacune, à notre place des militants du progrès.

Ceux qui ont confiance dans l’humanité, nous avons le souvenir des âmes perdues et nous avons la responsabilité des âmes de demain. »

(Discours de François Hollande à Saint-Louis)

« Je veux donner toute sa place à la mémoire des Outre mers et y soutenir la création artistique et la diffusion culturelle. Très attaché au rayonnement de la culture et de la diversité ultramarine, je me suis engagé, à plusieurs reprises, pour la création d’une cité des Outre mers en Ile de France ainsi que pour la réhabilitation des sites et des lieux de mémoire. »

(Réponse aux propositions du PCR)


Kanalreunion.com