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SR21 : pourquoi Didier Robert a-t-il refusé de suivre l’avis de la Chambre régionale des comptes ?

Un rapport de la CRC préconisait de fermer la SR21 en 2011

Témoignages.re / 23 janvier 2013

Dans son édition du 21 janvier 2013, “Le Quotidien” met l’accent sur le gaspillage des deniers publics à la SR21 depuis l’arrivée de Didier Robert à la présidence de la Région Réunion. Tout cela aurait été évité si le président de Région avait appliqué la recommandation de la Chambre régionale des comptes : fermer la SR21. Pourquoi Didier Robert a-t-il choisi d’aller à l’encontre de la conclusion du rapport des magistrats ?

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Un article du “Quotidien” paru ce lundi 21 janvier 2013 fait état du bilan de la SR21 à mi-parcours du mandat du président de la Région, Didier Robert. Le constat est médiocre.

Pourtant, qu’est-ce que l’opinion publique n’a pas lu et entendu au lendemain des élections régionales de 2010 sur la SR21 ? Elle était accusée de tous les maux par les opposants de l’Alliance. À son arrivée à la Région, loin de faire taire cette polémique, Didier Robert avait promis de rétablir la vérité.

L’année suivante, la Chambre régionale des comptes produit un rapport sur la SR21. Cette procédure est normale, elle vise à contrôler l’usage des deniers publics et elle s’effectue donc périodiquement dans les différentes structures créées par les institutions.

Ce rapport ne répond par aux attentes des opposants de l’ancienne majorité régionale. Et il estime que Didier Robert est dans l’erreur.

En effet, les magistrats avaient recommandé « la réintégration des activités de la société dans le giron de la Région elle-même, solution de nature à préserver, aux mieux, l’usage des derniers publics ». Autrement dit, puisque la nouvelle Direction de la Région avait stoppé les projets de développement qui étaient la raison d’être de la SR21, les magistrats préconisaient de fermer cette structure.

Mais Didier Robert n’a pas suivi les recommandations de la Chambre régionale des comptes, il a même donné mandat à son cousin Gaston Bigey de prendre en main et de restructurer la SR21 à sa sauce. Celui-ci n’a même pas essayé de relever le défi et de conforter la SR21 comme un partenaire incontournable du monde économique. C’est le jour et la nuit avec l’ancienne équipe.

La Solidarité, l’excellence et l’ouverture

Car la SR21, quand elle était dirigée par Pierre Vergès, avait réussi le pari de fédérer tout le monde économique autour d’une vision et d’un projet largement partagés pour construire un développement durable, pour faire de La Réunion une terre d’innovation, s’inscrivant dans le monde en évolution, offrant une perspective pour la nouvelle génération.

Ce plan consistait à s’engager dans la voie d’un développement maîtrisé de l’Ile, rechercher un partenariat de gouvernance de projet, choisir les investissements prioritaires pour le rendre possible. Sans oublier l’opportunité que représentaient les grands investissements, notamment le projet phare comme le tram-train dont Pierre Vergès et son équipe ont mené des études avec sérieux. Ce travail a même eu droit à une reconnaissance internationale. La SR21 a en effet reçu le Prix du Défi relevé, remis lors des Rencontres internationales des Partenariats public-privé, au titre du projet Tram-train. Si la SR21 a été honorée, c’était pour le respect des coûts et des délais dans une réalisation d’une telle envergure.

Cet exemple n’est pas exhaustif.

Les orientations stratégiques du Plan prenaient en compte l’ensemble des problématiques posées à La Réunion : les emplois, la formation, la mobilité, le logement, les transports et les déplacements, l’énergie, l’agriculture, la santé, le désenclavement régional, etc. Avec cette dynamique, la SR21 avait un rôle irremplaçable.

L’opinion sera seule juge

Mais tout ce bouillonnement a eu un coup d’arrêt à partir de mars 2010. Les projets de développement ont été remplacés par des dépenses électoralistes : bons d’achats de 500 euros pour des ordinateurs, subvention de billets d’avion, subvention des compagnies pétrolières pour baisser les prix des carburants entre mars 2012 et la quinzaine suivant le second tour des législatives… il est évident qu’une SEM travaillant sur des projets de développement n’a pas sa place dans une telle politique.

Et aujourd’hui se pose cette question : mais que fait le président de la Région ? Quelles sont ses propositions et ses solutions pour le développement durable ? Nul doute que s’il y avait une vision stratégique de développement, elle serait de notoriété publique.

Mais ce vide n’a pas empêché l’augmentation de la subvention allouée par la Région à la SR21, 2,3 millions d’euros à 2,8 millions alors que dans le même temps, "Le Quotidien" annonce une baisse de l’activité et des effectifs.

Manifestement, le président de Région a trompé l’opinion en accusant l’ancienne majorité de gaspillage d’argent public. À la fin de son mandat dans à peine 2 ans au plus tard, l’opinion sera seule juge de qui aura réellement gaspillé l’argent des contribuables.


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