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Suppression de 15 milliards d’euros d’investissements

Un signal inquiétant de Paris

Manuel Marchal / 8 juillet 2010

Dans les orientations budgétaires du gouvernement pour 2011 figurent des mesures qui ne vont pas dans le sens de la relance de l’activité. Les investissements baisseront de 15 milliards d’euros, tandis que les bailleurs sociaux devront se débrouiller pour trouver 340 millions d’euros afin de construire des logements sociaux.

Quelques heures avant de présenter à l’Assemblée nationale les orientations budgétaires du gouvernement pour 2011, François Baroin s’exprimait dans les colonnes des "Echos". Le ministre du Budget a ainsi annoncé une baisse des investissements de l’État.
C’est tout d’abord le Plan de relance qui n’est pas reconduit. Cela représente au total 15 milliards d’euros en moins. Or, manifestement, la France est loin d’être sortie de la crise, ce qui amène à se demander pourquoi le soutien aux investissements diminue au lieu d’augmenter.
L’autre annonce est de dire que les bailleurs sociaux devront « mobiliser 340 millions d’euros supplémentaires au profit de la construction de logements sociaux ».
Cette éventualité a provoqué une réaction immédiate de Thierry Repentin, président de l’Union sociale de l’Habitat (USH), qui a dit ceci dans "Les Echos" : « C’est avec stupéfaction que j’ai appris le projet du gouvernement consistant à nous prélever 340 millions d’euros par an. Ce prélèvement, représentant 2% des loyers, constituerait un hold-up et mettrait durablement en cause nos efforts pour la construction et la rénovation des HLM ». Il appelle le gouvernement et le Parlement à revenir sur ce projet, qui marquerait la suppression de 20.000 logements neufs à construire, note "Les Echos".
Un tel projet est très inquiétant pour notre île. La construction de logements sociaux est une nécessité pour notre île. Mais quels que soient les gouvernements en place à Paris, aucun n’a été capable d’en construire suffisamment pour inverser la tendance à l’accroissement continu du nombre de familles ayant droit à ce type de logement, mais qui en sont privées pour cause de pénurie.
Cette fois, c’est un ministre du Budget qui annonce solennellement que l’effort de l’État en matière de construction de logements sociaux va être réduit de 340 millions d’euros.
Conjugué à une baisse annoncée du montant global des investissements sur tout le territoire, le signal adressé par Paris n’est guère rassurant pour le secteur du BTP, sinistré par les conséquences de décisions politiques.

M.M.


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