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Sur-rémunération : l’heure du débat

Emission spéciale de Réunion Première sur les avantages des fonctionnaires

Manuel Marchal / 18 septembre 2013

Ce soir à 20 heures, Réunion Première organise un débat sur une mesure qui date de 1947, c’était à l’époque le supplément colonial : "la sur-rémunération privilège ou nécessité ?".



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Photo Toniox

Le 30 août dernier, notre confrère "l’Express" a fait sa "une" un dossier intitulé "Antilles, Guyane, La Réunion. Les fonctionnaires ont-ils trop d’avantages ?". Cette publication n’est pas arrivée comme un élément isolé. Quelques mois auparavant, un reportage sur "Nouvelle Calédonie, paradis des fonctionnaires" avait ému les Français. Juste après la présentation des derniers chiffres du chômage dans le journal de 20 heures de France 2, ils apprenaient qu’à quelques kilomètres de Paris, des agents de l’État avaient des avantages hérités du temps des paquebots. Ils avaient aussi pris connaissance d’un courant résolu au Parlement pour mettre fin à ces avantages mal vus en pleine période de crise économique.

Puis quelques semaines plus tard, c’était au tour du gouverneur de la Banque de France de déclarer dans le journal télévisé de Nouvelle-Calédonie qu’il faudra mettre fin à la sur-rémunération, appelée là-bas « indexation », car elle a plus d’inconvénients que d’avantages pour l’économie et les prix.

Aujourd’hui, c’est au tour de Réunion Première d’entrer dans le mouvement. La chaine publique organise ce soir à 20 heures un débat sur la sur-rémunération dans le cadre des "Mercredis de l’info". C’est une émission "Direct-Réunion", en direct à la télévision et à la radio. Le thème est planté : « la sur-rémunération privilège ou nécessité ». Il sera question, entre autres, des revenus et du régime des retraites, qui permet à un titulaire ayant travaillé 30 ans à La Réunion de bénéficier de 40 années de cotisation.

Quelles sont les propositions ?

La tenue de cette émission montre l’échec de ceux qui ont pensé qu’il faut à tout prix éviter de parler de la sur-rémunération et autres avantages hérités du supplément colonial. Désormais, tout est sur la table, et gageons que ce débat permette sereinement et sincèrement à chacun de dévoiler clairement ses positions.

Rappelons que depuis 1947, les gouvernements qui se sont succédé ont décidé de créer puis de pérenniser l’inégalité de traitement dans la fonction publique. En conséquence, l’argument financier est invoqué par les collectivités pour ne pas titulariser tous les agents, car elles disent que la sur-rémunération leur impose de majorer le salaire de 53% par rapport à l’équivalent en France.

Dans le dossier de "l’Express", le Sénateur Paul Vergès avait précisé sa proposition : respect de l’unité de la fonction publique pour les nouveaux arrivants avec le remplacement de la sur-rémunération par l’indemnité de résidence. Quant aux fonctionnaires déjà nommés, leur sur-rémunération pourrait être maintenue sous la forme d’une épargne versée dans le Fonds de développement pour La Réunion.

Le Parti communiste réunionnais est du même avis. Ce débat a lieu en effet au moment où le gouvernement prépare son budget 2014. "Le Figaro" d’hier annonce un endettement record, et la sur-rémunération représente à elle seule plus d’un milliard d’euros.

Pas de bouc émissaire

Or, il est tentant pour Paris de mettre fin à la prime de vie chère pour récupérer les crédits directement dans le budget de la France. Le précédent du RSTA montre bien que personne n’est à l’abri de la fin du versement d’un complément de salaire par l’État.

Le PCR demande que personne ne soit lésé, et que les fonctionnaires ne soient pas les boucs émissaires de la crise actuelle. Il propose de mettre toutes les données sur la table, afin que le débat s’instaure pour qu’une issue soit trouvée dans l’intérêt de tout le monde.

C’est pourquoi la proposition de la transformation de la sur-rémunération en une épargne demeurant la propriété du fonctionnaire doit être étudiée. Elle pourrait bénéficier d’une incitation de l’État sous la forme d’une défiscalisation des intérêts, ce qui permettrait aussi d’agir concrètement pour le maintien de la défiscalisation dans un cadre bien précis.

M.M.

Pour participer

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Les trois grandes questions :

1- La sur-rémunération… pourquoi ?

2- Les effets pervers et positifs du système

3-Faut-il réformer ? Si oui : comment ?


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