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Sur-rémunération : le débat est lancé

Politique des revenus

Témoignages.re / 19 septembre 2013

Réunion Première organisait hier un débat sur la sur-rémunération. Elle a permis de montrer des avis divergents et parfois très tranchés. Le débat est lancé.

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Au moment où les plans d’austérité se succèdent, le débat sur la sur-rémunération est lancé au grand jour. Cela signifie que la situation ne pourra qu’évoluer.

Hier soir, pendant près de deux heures, les Réunionnais avaient l’occasion de s’exprimer sur la sur-rémunération dans une émission Direct Réunion sur les ondes radio et télé de Réunion Première.

Ce débat a permis de montrer que sur cette question, les avis divergent et peuvent même être extrêmes, qu’ils soient donnés par téléphone ou sur les réseaux sociaux. Entre des partisans du "touche pas rien" et ceux qui demandent la suppression pure et simple de la sur-rémunération, il existe un fossé. Cette tension indique le point où nous ont menés 60 années de décisions politiques prises sans tenir compte de notre contexte particulier.

Manifestement, cette question passionne. Maintenant que le débat sur la sur-rémunération est lancé, il ne pourra plus être dissimulé. Il est nécessaire, car c’est un des points essentiels de la politique des revenus.

Ne pas aggraver l’injustice

Car La Réunion est face à des réalités.

Les agents de l’État titulaires bénéficient aujourd’hui d’une sur-rémunération qui est appelée couramment prime de vie chère. La Réunion est une petite île située dans le Sud de l’océan Indien. Ses normes sociales sont celles de la France, et le mode de vie est la société de consommation. Ce qui n’est pas fabriqué ici vient en grande majorité de l’Europe, à 10.000 kilomètres d’ici. Les conditions de la vie chère sont réunies, mais seule une partie des salariés a droit à un complément de revenu pour y faire face.

C’est pourquoi une des questions soulevées a été de demander pourquoi cette inégalité ?

Un autre aspect est la conséquence de la décision par un gouvernement de créer cette inégalité. Elle a divisé la société réunionnaise. C’est pourquoi la recherche de solutions ne doit pas encore accentuer cette division. Plusieurs fonctionnaires ont appelé pour dire que la suppression de la sur-rémunération serait lourde de conséquences pour eux. C’est un fait. Quand ils se sont engagés à travailler pour l’État, ils l’ont fait selon les conditions d’un contrat.

Leur situation personnelle ne doit donc pas être remise en cause. L’Etat doit donc respecter sa part de contrat, sinon il accentuera l’injustice. D’où la nécessité de faire au mieux pour que personne ne soit spolié.

Comment ne léser personne ?

Une autre réalité, c’est la réalisation de grands chantiers pour une île qui atteindra un million d’habitants et un chômage de masse. Comment financer ces projets en pleine crise économique mondiale, quand les plans d’austérité se succèdent et que le gouvernement cherche à faire des économies ?

À plusieurs reprises, la question d’alimenter un fonds par une réorientation des fonds publics utilisés pour la sur-rémunération a été citée. Cela aurait pour effet de ne rien coûter à l’État, tout en lui permettant de financer des chantiers qui créeront de l’emploi. Cela augmenterait le revenu de milliers de travailleurs aujourd’hui au chômage, mais cela amputerait d’autant celui des fonctionnaires déjà en poste.

Si ce fonds est abondé par la sur-rémunération sous forme d’épargne, les données sont différentes, car cette somme appartient toujours à l’agent qui a la certitude de la récupérer avec des intérêts. Ainsi les emplois seront créés, sans que les situations personnelles soient remises en cause. C’est une contribution au débat qui va s’amplifier.

M.M.

Sur les réseaux sociaux…

Voici quelques contributions au débat relevées hier sur Internet :

- Fonctionnaire à La Réunion : la sur-rémunération de 53% se justifiait quand les conditions de vie étaient difficiles mais aujourd’hui ?

- Je pense qu’en supprimant cette sur-rénumération les Créoles auront plus de postes à responsabilité dus à la fuite des mercenaires.

- Grignotons 0,5% de la surrémunération chaque mois, versés dans un fonds d’investissement pour le développement. Nos enfants y gagneront

- Il faut quand même avouer qu’on a besoin des fonctionnaires pour faire fonctionner l’économie de La Réunion.

- Si la prime disparaît, l’immobilier va faire la gueule.

- Tout le monde jette la pierre sur les fonctionnaires, mais tous voudraient que leurs enfants le soient !

- Arrêter de nous faire croire que les fonctionnaires sont les seuls à consommer, à croire que nous autres smicard ne consommons rien.

- La Surremuneration permet de payer la vie chère à La Réunion !!!

- La question de surrenumeration est sans fin, trouvera-t-on un jour une solution qui satisfera tout le monde ?

- Et la sur-rémunération ne participerait pas à la vie chère, à la hausse de l’immobilier, etc.

- Le 16ème arrondissement de Paris est le lieu le plus cher de France et les fonctionnaires ou assimilés n’ont jamais eu de sursalaire.

- La Réunion est le paradis des injustices, et surement, le lieu ou il y a le plus d’inégalités sociales.

- Les fonctionnaires sont victimes de la carotte qu’on leur a tendue.

- Recherche fonctionnaires contre la surrémunération pour créer un fonds d’investissement pour aider des jeunes à créer leur entreprise.

- Si les salariés étaient rémunérés justement, on ne parlerait pas de sur-rémunération. Le problème c’est la sous-rémunération.

- Injustice, disparité sociale, gros écarts sur les salaires la recette est bonne pour l’État : diviser pour mieux régner.

- Il faudrait la donner à tous les travailleurs ou la retirer. Que tout le monde soit au même niveau.

- Moi fonctionnaire collectivité territoriale bientôt à la retraite : je vais faire partie des nouveaux pauvres.

- Si cette prime de vie chère est justifiée légale et légitime donc, nous autres Réunionnais y avons aussi droit, car il ne peut y avoir une cherté plus vraie qu’une autre.

- En 2013, on en est encore à discuter de est-il justifiable de maintenir une sur-rémunération de 53% des fonctionnaires à La Réunion ?!

- Si la sur-rémunération était un moteur économique, nous l’aurions généralisé à tous les fonctionnaires de la République.

- Où se trouve la justice sociale de cette île ? On assiste à la flambée des prix sur tout en phase avec le mode de vie de l’élite.

- Sur-rémunération : clairement un privilège. Si cet argent est réinvesti dans l’économie locale c’est au pire un moindre mal.


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